logo Banque des savoirs

Accueil > la Vie > Biologie, génétique > A la chasse aux mutations des gènes responsables des maladies

A la chasse aux mutations des gènes responsables des maladies

  • Reagir
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager

Cancer, mucoviscidose, myopathie… ces maladies sont dues aux anomalies de nos gènes. Déceler ces "mutations" revient à chercher la lettre fausse dans un texte, l'ADN, qui compte trois milliards de caractères. La chasse à la mutation génétique reste une aventure qui demande minutie et persévérance.

Notre ADN est un enchaînement de plus de trois milliards de bases.
© M.Depardieu / Inserm

Un grand nombre de maladies comme la mucoviscidose, la myopathie de Duchenne et Becker ou certains cancers, sont dus à des mutations génétiques. Nos cellules fabriquent différentes protéines, essentielles à la vie cellulaire, dont le plan de construction est inscrit dans nos gènes. Lorsqu'un gène est abîmé, la protéine est modifiée ou plus du tout fabriquée. Les cellules ne fonctionnent plus normalement. Aujourd'hui, les scientifiques sont capables de plonger dans les gènes pour y repérer ces erreurs. Il leur suffit de quelques gouttes de sang et d'une poignée d'heures de travail pour savoir si une personne est atteinte d'une maladie génétique. De plus en plus utilisées, ces analyses restent toutefois très compliquées à réaliser.

Pour en comprendre toute la complexité, un rappel s'impose. Les gènes sont des morceaux du fameux ADN qui est une sorte de long texte écrit à l'aide d'un alphabet de quatre lettres, les bases. Au total, notre ADN est un enchaînement de plus de trois milliards de bases. Le plus petit gène en comprend au minimum un millier, le plus long deux millions ! La détection d'une mutation, qui consiste à repérer une erreur dans le texte du gène, "revient à chercher une aiguille dans une meule de foin", relate Pascal Soularue, responsable au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de la production de puces à ADN, un des outils envisagés pour cette détection.

En la matière, plusieurs techniques sont aujourd'hui disponibles. La plus ancienne, appelée séquençage consiste à lire et comparer, base après base, le texte du gène muté et celui du gène normal afin de trouver la base fautive. "Cette méthode peut s'avérer longue, mais c'est aussi la plus fiable, reconnaît Pascal Soularue. D'ailleurs, elle est utilisée pour vérifier les résultats obtenus avec les autres techniques." Parmi ces dernières, les puces à ADN, dont celles produites par l'équipe du CEA au Genopole® d'Evry, offrent une approche plus globale. Elles permettent de s'attaquer à des morceaux de gène assez longs et donc de trouver une mutation perdue au milieu de plusieurs milliers de bases.

Quelle que soit la méthode utilisée, la détection des mutations a toujours le même objectif : une meilleure connaissance des maladies génétiques et notamment de leur évolution. En effet, il arrive que la gravité d'une maladie dépende de l'endroit où un même gène est muté. C'est le cas, par exemple, de la myopathie de Duchenne et Becker. Le gène qui pose problème produit la dystrophine, une protéine qui sert à la bonne tenue des fibres musculaires. Certaines mutations entraînent un léger dysfonctionnement de la protéine, d'autres bloquent totalement sa production. Ces différences se traduisent par une évolution plus ou moins grave de la maladie. Plus généralement, la détection des mutations permet de confirmer les diagnostics des médecins.

Enfin, les chercheurs espèrent bien pouvoir corriger ces erreurs dans les gènes, afin qu'ils fonctionnent à nouveau correctement. C'est ce qu'on appelle les génothérapies. Mais, ceci est une autre histoire…

Haut de page

Agenda

Jusqu'au 01/09/2010
La faim des dinosaures

Le 28/09/2010
Colloque Science de la Vie en Société : fascination, confrontation, controverses, co-évolution.

Focus Diaporama

Histoires de parfum

© Conseil général de l'Essonne