Genopole, dix ans de course à la compétitivité
- Posté le : Lundi 19 Mai 2008
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- par : S. Dauvillier
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- Expert : P. Tambourin, M. Vieillefosse
En dix ans, Genopole®, centré sur la recherche en génomique et en génétique, a largement contribué à inscrire la France dans le paysage mondial des biotechnologies. En rapprochant recherche académique et entreprises innovantes, ce bio-parc à haute valeur ajoutée vise surtout à explorer les voies thérapeutiques de demain.
Unité de recherche en génomique végétal, Genopole®.© J.Grison-Rapho / Genopole®
Créé en 1998, Genopole®, premier bioparc français dédié à la recherche en génétique, génomique, post-génomique et aux biotechnologies, rassemble aujourd’hui à Evry 22 laboratoires de recherche académique, publics et privés, majoritairement sous la co-tutelle de l’université d’Evry-Val-d’Essonne et des organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM et INRA), ainsi que de 63 entreprises de biotechnologies et des formations universitaires, soit quelque 2 000 emplois. Avec une ambition : innover dans les traitements thérapeutiques.
Tout a commencé avec l’AFM (Association française contre les myopathies). Constatant que les firmes pharmaceutiques ne recherchaient pas de médicaments, forcément peu rentables, pour les quelque sept mille maladies génétiques répertoriées, l’association estime que la seule réponse possible est la thérapie génique. Mais il faut d’abord établir la carte du génome humain. Un chantier immense que permettent de mettre en œuvre les moyens financiers du Téléthon, avec l’inauguration à Evry il y a vingt ans du Généthon. Un laboratoire ultramoderne dirigé par le biologiste Jean Weissenbach, appuyé par le Centre d’études du polymorphisme humain du prix Nobel Jean Dausset, dirigé lui par Daniel Cohen.
La réussite est telle (publication en 1992 de la carte génétique, et en 1993 de la carte physique) que l’État prend le relais. Il crée le Centre national de séquençage, Genoscope), coordonateur du projet international "Génome humain" finalisé en 2003 ; et le Centre national de génotypage, qui traque les gènes morbides impliqués dans les prédispositions génétiques aux maladies héréditaires fréquentes. Genopole® Evry / Île-de-France est né, bientôt suivi par des petits frères, Lille, Marseille, Montpellier, Rhône-Alpes, Strasbourg, Toulouse-Midi Pyrénées et Ouest, formant ainsi le Réseau national Genopole®.
Pour les cinq dernières années (2002- 2006), le budget de Genopole® représente 70,62 M€, la part la plus importante du budget (64 %) étant attribuée par les collectivités locales : 40 % par le conseil régional d’Île-de-France et 24 % par le conseil général de l’Essonne. À ces moyens, propres au GIP, s’ajoutent le soutien de la CCIE (chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, de l’AFM, des collectivités territoriales dans d’autres actions menées sur le campus (centre de conférence, pépinière, etc.), ainsi que celui de l’État et des EPST dans les laboratoires de recherche et centres nationaux (salaires, fonctionnement, investissement).
L’idée est, d’une part, d’accélérer l’industrialisation et l’automatisation de la recherche, en faisant travailler ensemble biologistes, mathématiciens et ingénieurs. D’autre part, en réunissant chercheurs et industriels sur un même site, sur le mode du cluster, il s’agit de prendre le virage des biotechnologies. Un enjeu majeur, notamment parce leur champ est très étendu : il recouvre l’ensemble des méthodes et des techniques qui utilisent le vivant : ADN mais aussi organismes, cellules, éléments subcellulaires ou moléculaires.
Et dans ce domaine porteur, la concurrence internationale ne manque pas. D’autant que les biotechnologies sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans un secteur très convoité, celui du médicament. "On estime en effet qu’en 2010, 80 % des médicaments seront issus des biotechnologies, les biologistes ayant peu à peu pris place auprès des chimistes dans l’industrie pharmaceutique", souligne Pierre Tambourin, directeur général de Genopole. En outre, c’est encore aux biotechnologies que l’on aura recours pour identifier les gènes responsables des maladies génétiques bien sûr, mais aussi de la plupart des pathologies humaines qui ont une base génétique (obésité, cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète, asthme…). Un dépistage qui conduira à son tour à la mise au point de nouveaux médicaments. "On va passer d’une médecine de masse à une médecine personnalisée, où les données génétiques vont intervenir de plus en plus", insiste Pierre Tambourin. Enfin, les biotechnologies ouvrent encore de prometteuses perspectives d’avenir, en matière d’environnement, d’agriculture, de chimie lourde, de matériaux tels que les bioplastiques, etc. D’où une course internationale féroce à la compétitivité.
01.Une révolution nécessaire mais difficile en France
Le campus d’Evry est aujourd’hui le premier bio-parc français. Regroupant 23 laboratoires et 62 entreprises, il est dédié à la recherche en génétique et aux biotechnologies.
© A. Da Silva-Graphix / Genopole®Considérées aujourd’hui comme un enjeu scientifique et économique majeur, les biotechnologies ont pourtant déjà quelque 10 000 ans d’histoire, depuis que l’homme, devenu sédentaire, s’est lancé dans l’agriculture et a commencé à sélectionner les plantes, domestiquer certaines espèces animales, produire du pain, du fromage et des boissons alcoolisées en utilisant, sans le savoir, des micro-organismes. Désormais, leurs applications recouvrent un champ immense. Dans ce domaine, les États-Unis ont pris une avance certaine sur la France, et même sur l’Europe. Vers la fin des années soixante, les Américains lancent un vaste programme national qui a pour ambition de vaincre le cancer en quinze ans. Un objectif certes inaccessible, mais qui leur permet de se doter d’un puissant outil de recherche scientifique, à travers les National Institutes of Health (NIH, instituts nationaux de la santé), alors même que la biologie moléculaire est en plein développement. Parallèlement apparaissent les premières entreprises directement issues de cette recherche souvent très fondamentale.
En France, cependant, nombre d’obstacles freinent cet essor. C’est d’abord la suprématie des sciences dites dures - mathématiques et physique -, sur celles dites molles - comme les sciences du vivant. De plus, l’éclatement des organismes publics dont dépendent les sciences du vivant et la concurrence à laquelle ils se livrent ne favorisent pas la coordination des efforts entrepris. En outre, les chercheurs français renâclent à se tourner vers l’industrie, convaincus qu’il s’agit d’une alliance contre nature menaçant le cours de l’approche fondamentale. Enfin, la culture de l’innovation ne figure pas dans le cursus universitaire des futurs chercheurs. Autant de traditions vis-à-vis desquelles Genopole® marque alors une vraie rupture. "Il s’est agi, poursuit Pierre Tambourin, d’une triple révolution : scientifique d’abord, avec le passage à la biologie à grande échelle, faisant appel aux nouvelles technologies (robots, ordinateurs, etc.), industrielle, avec la prise de conscience de l’importance des biotechnologies, et culturelle enfin, à travers le phénomène de cluster et la création d’entreprises innovantes." C’est Evry, à une trentaine de kilomètres de Paris, lieu d’implantation du Généthon, qui accueille cette aventure. Et elle est menée en étroite collaboration avec la jeune université Evry Val-d’Essonne qui n’a alors même pas encore de filière biologie.
Si déplacer sur ce site des chercheurs, français comme étrangers, semble alors relever de la gageure, il paraît à certains plus improbable encore de les convaincre de déposer des brevets pour créer des entreprises innovantes susceptibles de conquérir de nouveaux marchés. Pourtant, la quasi virginité du site s’avère finalement plutôt un atout pour cette expérience pionnière, d’autant que les collectivités territoriales, ravies de voir se développer un bassin d’emplois, se mobilisent pour l’accompagner. De plus, la mutualisation des moyens et des équipements scientifiques - dix plateformes technologiques (ensembles d’équipements de pointe et de compétences mis au service des chercheurs) dont trois labellisées nationales* pour leur très haut niveau d’expertise, quatre plateaux techniques (équipements libres d’accès) - et enfin un parc immobilier dédié de quelque 90 000 m² sont autant d’arguments pour attirer les compétences, auxquels s’ajoutent bientôt la visibilité et la réputation de Genopole® qui représente aujourd’hui un quart du dispositif français en biotechnologies (la moitié des entreprises franciliennes). Dans ce secteur à haut risque, le bio-parc a accompagné la création de quelque 65 entreprises innovantes, ou start-up, et aidé une centaine de projets au total. Surtout, ces entreprises ont levé quelque 180 millions d’euros pour une mise initiale de Genopole® équivalente à 30 millions d’euros. Vingt-deux candidats médicaments sont actuellement en phase de développement et les premières mises sur le marché devraient intervenir dans les deux ans. Déjà, la société Novagali, spécialisée en produits ophtalmologiques, s’apprête cette année à commercialiser le tout premier, pour le traitement de l’œil sec (un syndrome lié à la dégradation du film lacrymal responsable de points secs sur la cornée causant des démangeaisons, et des sensations de brûlure).
Une réussite cependant encore fragile, en dépit du chemin parcouru. Car, bien que la France ait assisté à la création de nombreuses entreprises au cours de cette décennie, celles-ci restent encore de petites sociétés au faible capital : "À titre de comparaison, douze seulement sont actuellement cotées en bourse dans notre pays, contre plus de cinquante pour la seule Grande-Bretagne." Quant aux changements de mentalité, "apprendre à travailler ensemble prend du temps", reconnaît Pierre Tambourin. De même, alors que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’enjeu stratégique, les moyens restent moindres qu’à Munich par exemple, Barcelone ou encore Singapour. "Certes, Genopole® a été doté de plus de 120 millions depuis sa création, mais à Singapour l’investissement public est dix fois supérieur." Et génère une attractivité certaine pour les compétences, avec laquelle il est difficile de rivaliser. Une frilosité française liée peut-être aussi à la méfiance, certes légitime, du public à l’égard des sciences du vivant, après les chocs du sang contaminé, de l’hormone de croissance ou encore de la vache folle.
* Il s’agit de la plateforme de production de puces à ADN, de la plateforme puces ADN végétal et d’une banque d’ADN et de cellules. Pour en savoir plus, visitez le site du CEA ()
02.L'atout de la pluridisciplinarité
Vue d’architecte du futur Centre hospitalier sud-francilien d’Évry-Corbeil (CHSF) dont l’inauguration est prévue pour 2011. Regroupant huit établissements hospitaliers, il permettra de mieux coordonner leurs activités et de proposer une offre de soins complète.
© Chabanne & Partners, Groupe 6 Architectes APCLTandis que les performances des campus très en pointe de Cambridge (Royaume-Uni), ou encore de San Diego (États-Unis) paraissent difficiles à atteindre, Genopole® entend s’inscrire durablement dans le paysage mondial des biotechnologies. Un défi qui nécessite d’abord de rester à l’avant-garde scientifique, et de ne pas manquer notamment, le tournant de la biologie de synthèse, en passe de révolutionner la biologie.
Surtout, un important axe de développement se profile avec l’arrivée récente sur le site du laboratoire de recherche sur les cellules souches I-Stem (voir Un laboratoire dédié aux cellules souches), labellisé par l’INSERM et soutenu par l’AFM. "À vocation thérapeutique, ce projet travaille à des solutions pour des pathologies humaines sans vraies réponses aujourd’hui", précise Pierre Tambourin. Mais si l’avenir de la médecine est, selon le chercheur, à "l’homme régénéré par ses cellules" (voir notre dossier Les cellules souches à l'épreuve du réel ), encore faut-il, dans le premier pays au monde à s’être doté d’un comité national d’éthique, que la liberté de la recherche ne soit pas entravée. Or les cellules souches restent en France un sujet hautement sensible qui suscite nombre d’inquiétudes. "Les enjeux éthiques sont réels, mais le principe de précaution ne doit pas servir de prétexte à un principe d’inaction", prévient-il. Ainsi, selon certains, l'interdiction faite aux chercheurs de pratiquer le clonage thérapeutique est un frein à la recherche sur ces cellules qui pourraient un jour servir d'"organe de rechange". D’où l’urgence d’éclairer la société sur ces questions, et pour Genopole® d’affirmer une vocation pédagogique afin d’accompagner le débat, en collaboration avec les sciences humaines et sociales, alors même que la loi sur la bioéthique devrait être révisée en 2009.
Pour stimuler encore une recherche médicale de haut niveau, le campus parie aussi sur un dialogue fécond entre enseignants, chercheurs, entrepreneurs, mais aussi bientôt médecins. C’est, en tout cas, ce que laissent augurer la proximité du futur centre hospitalier sud-francilien d’Evry / Corbeil-Essonnes, dont l’inauguration est prévue en 2011, et la construction du Centre de recherche clinique et translationnelle sur le même site. Ce dernier a pour vocation de favoriser une continuité entre la recherche fondamentale, la recherche clinique/technologique et le développement préindustriel. De fait, l’approche consiste à regrouper et à faire coopérer des spécialistes de toutes les étapes du processus - du laboratoire au chevet du malade - en veillant à ce que l'information circule dans les deux sens. "Nous considérons qu’il s’agit là d’un atout considérable", souligne Pierre Tambourin.
Et alors que Genopole® s’enorgueillit déjà d’être le premier cluster français de bio-production industrielle, il ambitionne désormais de se hisser au premier au rang européen. L’ouverture en octobre 2008 du Centre de bio-production de molécules thérapeutiques devrait y contribuer. Une étape supplémentaire pour atteindre les objectifs du Plan cancer puisque plus de 30 % des médicaments anticancéreux en développement sont des molécules d’origine biologique. Ainsi, de nouvelles entreprises, dans ce secteur très stratégique, s’apprêtent à rejoindre le cluster dans les prochaines années. Production de biomolécules médicaments, nouvelles enzymes, vecteurs thérapeutiques pour la thérapie génique des maladies rares, ou encore utilisation de nouvelles voies métaboliques mises en évidence par le Centre national de séquençage : le directeur croit à la force de la pluridisciplinarité pour affronter la compétition mondiale en matière de biotechnologies. "Il s’agit de tirer profit de la grande compétence française en maths, physique, chimie… Une pluridisciplinarité de plus en plus nécessaire pour aborder l’extraordinaire complexité du vivant."
03.Le renfort d'un pôle de compétitivité
Lancé en 2004, le pôle de compétitivité mondial Medicen Paris Région a pour ambition de devenir l’une des grandes métropoles mondiales dans le domaine de l’innovation thérapeutique.
© Medicen Paris RégionSi Genopole® a joué un rôle de précurseur en croisant les compétences dans le domaine de la génétique, il a aussi participé à la conception et à la réalisation du pôle de compétitivité mondial Medicen Paris Region. En effet, en 2005, dans le cadre d’une nouvelle politique industrielle destinée à stimuler les capacités d’innovation en France, le gouvernement décide de créer des pôles de compétitivité, ou d’excellence, en s’inspirant du modèle américain, incarné par la Silicon Valley en Californie. Le but ? Encourager, sur un territoire donné, les synergies entre unités de recherche, centres de formation et entreprises. Avec, à la clef, 1,5 milliard d’euros de financements publics (de 2006 à 2008), des exonérations fiscales et un allègement de charges sociales. En bref, une logique qui rejoint celle défendue par Genopole®, "afin que la France se mobilise pour la culture des clusters, pointe Pierre Tambourin qui a été chef de projet du pôle Medicen, avant d’en devenir le vice-président. L’objectif est d’apporter une réponse aux enjeux de proximité", ajoute-t-il. Avec les pôles de compétitivité, l’État entend faire émerger une kyrielle d’entreprises innovantes, championnes de demain, dans le contexte de la mondialisation. Une manière de fédérer talents et moyens pour créer, aussi, des conditions économiques susceptibles d’éviter les délocalisations.
Neurosciences, oncologie (cancérologie), infectiologie, médecine moléculaire, imagerie biomédicale : Medicen Paris Region, subventionné à hauteur équivalente par l’État et les collectivités locales (44 millions d’euros en presque trois ans) a ainsi pour rôle de faire travailler ensemble tous les acteurs de la santé et du médicament en Île-de-France. "Il s’agit de relever les grands défis de la santé publique, à l’heure où la population vieillit et où de plus en plus de gens sont concernés", explique Michel Vieillefosse, son directeur général. Dans cette perspective, le pôle labellise des projets afin de leur apporter crédibilité et visibilité, comme par exemple celui de l’Institut de la vision (voir notre dossier L'institut qui voit loin) qui ouvre ses portes sur le site du centre hospitalier des Quinze-Vingt. Pour Genopole®, membre actif du pôle, c’est l’occasion de s’inscrire dans des collaborations fructueuses en Île-de-France. Dans le champ de la médecine moléculaire et cellulaire, Medicen Paris Region a ainsi labellisé, en 2006, le projet IngeCELL auquel participent Généthon, I-Stem et des entreprises de Genopole®. Sa mission : produire une gamme de cellules humaines spécifiques à un organe ou à un tissu, afin de constituer une offre industrielle en pharmacologie qui réponde à des marchés immédiats (screening pharmaceutique, études toxicologiques), et futurs, tels que la thérapie cellulaire.
Genopole est un campus de recherche pluridisciplinaire qui fédère actuellement une vingtaine de laboratoires comme I-Stem, URGV, IBISC…sous la tutelle de l’Université d’Évry, du CEA, du CNRS, de l’Inserm,…
© J. Grison-Rapho / Genopole®Sous la bannière du pôle de compétitivité, Genopole® - qui envisage de réunir quelque 4 000 personnes sur son campus à l’horizon 2010 - espère donc se faire connaître davantage et renforcer sa capacité d’attraction. D’autant que Medicen, qui compte parmi ses membres l’Institut Pasteur, le CNRS ou encore l’INSERM et huit universités, n’ambitionne rien de moins que de devenir, d’ici quatre ou cinq ans, le premier cluster industriel européen dans l’innovation thérapeutique et l’un des tout premiers mondiaux. À condition, une fois encore, de dépasser les résistances culturelles qui nuisent à l’élaboration de projets communs. "Le potentiel existe, insiste Michel Vieillefosse. L’Île-de-France concentre la moitié de la recherche médicale française et environ 10 000 chercheurs. Ce territoire accueille en outre 8 laboratoires pharmaceutiques de dimension mondiale, dont nos partenaires Sanofi-Aventis, Servier et Ipsen, 800 PME dans les sciences du vivant et 40 000 lits d’hôpitaux. Une formidable opportunité pour les essais cliniques. Quelle autre région en Europe dispose de tels atouts ? "
Aujourd’hui, le territoire national compte 71 pôles, tous secteurs confondus, dont 7 mondiaux et 8 destinés à le devenir. Ils sont soutenus, à gauche comme à droite, par un large consensus politique. Pourtant, dans un ouvrage récent, Les Pôles de compétitivité. Que peut-on en attendre ?*, des économistes de renom estiment que ces pôles ne sont pas forcément la panacée. Ils soulignent, par exemple, que l’intervention étatique privilégie les acteurs en place, et non les petites et les moyennes entreprises, qui ont fait la fortune de la Silicon Valley aux États-Unis. En ce qui concerne Medicen, il est de toute façon encore trop tôt pour dresser un premier bilan. Rendez-vous dans cinq ans ?
* Les Pôles de compétitivité. Que peut-on en attendre ? Éditions Rue d'Ulm, collection du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), par Gilles Duranton, Philippe Martin, Thierry Mayer et Florian Mayneris.
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