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Première mondiale : une biothèque de primates en France

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Si les souris et autres rats de laboratoire sont les principaux animaux utilisés en recherche biomédicale, "c’est par manque de choix," souligne Erwan Bézard, qui étudie la maladie de Parkinson au CNRS. En effet, les primates sont de bien meilleurs prétendants au poste de "modèle" pour ce type d’études. D’où l’idée de monter une banque de tissus, d’organes, d’ADN et autres produits dérivés de primates non humains.

© Reed Kaestner / Corbis

Le développement de la recherche génétique et génomique a intensifié l'usage de matériel biologique. Tissus humains, organes d’animaux, extraits de végétaux ou microorganismes sont stockés dans des "biothèques" où ils serviront notamment à identifier les gènes impliqués dans certaines maladies. La cérébrothèque (tissus cérébraux) de l’hôpital la Pitié Salpetrière, la thumorothèque de Nice, la collection de virus de l’Institut Pasteur,… Aux côtés des biobanques de renom, se développent quantité de petites banques de données biologiques constituées par les chercheurs au fil de leurs besoins.

Dans ce contexte, la création d’une banque de tissus et produits dérivés de primates pourrait paraître anodine. Et pourtant, c’est une première mondiale. Entièrement consacrée aux primates non humains (PNH), cette "primathèque" est née en 2006 sous l’impulsion de deux chercheurs du CNRS, travaillant d’une part au laboratoire Mouvement adaptation cognition (UMR5227) de l’université de Bordeaux 2 et d’autre part au sein de l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Sophia Antipolis (UMR 6097). À Bordeaux, les tissus simiens sont conditionnés par l’équipe d’Erwan Bézard. Une partie des organes est ensuite envoyée à Sophia Antipolis, où Jean-Louis Nahon supervise l’extraction d'ADN , d'ARN et de protéines (chapitre 1). Depuis sa création, la primathèque a essentiellement servi aux deux laboratoires qui l’ont fondée avec le concours financier du CNRS. Dans un cas, il s’agit d’études sur la maladie de Parkinson, et dans l’autre, de recherches plus théoriques sur l’évolution de l’homme et ses spécificités, comparé à son cousin le plus proche, le singe (chapitre 2).

Aujourd’hui rodés à la production d’échantillons à la demande, les responsables de la biothèque de primates souhaitent développer cette activité indépendamment de leur laboratoire. En effet, "il est encore très difficile d’obtenir des tissus de primates," remarque Erwan Bézard qui juge pourtant la demande grandissante. Le cortège de réglementations protégeant ces animaux est probablement dissuasif. Mais aussi, peu de singes sont disponibles en France et leur coût n’en est que plus élevé… Enfin, certaines associations refusent l’expérimentation animale et contestent l’efficacité du modèle animal pour des diagnostics et traitements destinés aux humains (voir chapitre 3).

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