Inauguré en 2006, NeuroSpin a pour objectif de mieux comprendre le cerveau et ses dysfonctionnements, par une approche d'imagerie originale. Ce centre de recherche dispose d'équipements deux à cinq fois plus puissants que des IRM classiques. Mais mettre au point un tel outil ne va pas sans poser de réelles difficultés techniques.
NeuroSpin a vu le jour en 2006 sur le centre du CEA-Saclay en Essonne. Cette plateforme de recherche unique en son genre accueille une centaine de personnes toutes dédiées à la compréhension fine du cerveau. NeuroSpin à ce jour une MEG (magnéto-encéphalographie) et trois systèmes IRM (imagerie par résonance magnétique) dernier cri permettant d’accéder de façon indolore et non invasive aux structures du cerveau. Et, même, de le voir fonctionner.
NeuroSpin a un défi à relever : concevoir un système IRM d’une puissance à ce jour inégalée dans le monde. Ainsi, Cyril Poupon, chercheur au NeuroSpin nous explique que les équipes de son centre, associées à celles du CEA et d'industriels, sont en train de concevoir un aimant d’une puissance de 11,7 T (teslas), soit 234 000 fois le champ terrestre. Ce alors que la plupart des systèmes cliniques installés dans le monde travaillent à 1,5 ou 3 T. Il devrait entrer en service début 2013.
La mise au point de ce système IRM a posé des problèmes techniques que l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers (IRFU), un département du CEA, à Saclay, s’est chargé de résoudre. Il a par exemple fallu s’opposer à la tendance de l’instrument à s’effondrer sur lui-même, à "collapser", sous l’effet de son propre champ magnétique. Il a également fallu s’assurer que le bruit y serait supportable pour les oreilles des sujets. Déjà, un scanner IRM à 1,5 T peut générer des chocs sonores de 90 dB (décibels).
Des équipes de recherche des États-Unis, du Japon, d’Europe, entre autres, se sont déjà manifestées pour collaborer sur différents projets. Il faut dire que la technologie et les savoir-faire dont disposent les équipes de NeuroSpin sont rarissimes.
NeuroSpin permettra de mieux saisir le développement de maladies comme l’épilepsie, Parkinson, Alzheimer ou des affections psychiatriques comme la dépression. Les sciences sociales, quant à elles, profiteront des études visant à mieux cerner la manière dont les êtres humains communiquent, apprennent ou gèrent leurs émotions, par exemple. Plus généralement, c’est toute la compréhension du traitement de l’information par le cerveau qui devrait progresser.
Jusqu'au 01/09/2010
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