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A la découverte de l'art rupestre en Essonne

Quand on parle d’art rupestre, on imagine aussitôt les célèbres peintures et gravures d’animaux ou d’hommes retrouvées dans les grottes préhistoriques du sud de la France ! Pourtant en Île-de-France, et plus particulièrement en Essonne, on peut aussi admirer des motifs gravés par les hommes à même la roche : on compte en effet dans ce département plus de quatre cents abris ornés de gravures rupestres.

Villeneuve-sur-Auvers : Trou du SarrazinVilleneuve-sur-Auvers (91) : vue d’ensemble de la chambre gravée de l’abri orné du Trou du Sarrazin ; on note la profusion de gravures que l’on retrouve sur toutes les surfaces disponibles du lieu, sans organisation particulière décelable.
© GERSAR

De la forêt de Fontainebleau, on connaît généralement les rochers aux formes étranges et propices à l’escalade. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ces chaos rocheux ont formé ça et là des cavités où, depuis des milliers d’années, les hommes ont trouvé bon de laisser leurs marques. Ils y ont gravé des séries de signes et de motifs, dont bon nombre laissent encore les archéologues perplexes.

Les plus récents (souvent du Moyen Âge), ou au contraire les plus vieux (du Paléolithique supérieur), sont du genre figuratif : on y voit les mêmes représentations animales ou humaines que dans d’autres sites déjà datés de cette époque. Mais ces motifs sont également les moins fréquents. Généralement, les gravures "bellifontaines" (de Fontainebleau) se distinguent en effet par leur caractère abstrait : dans le millier d’abris ornés découverts à ce jour dans le massif de Fontainebleau, on retrouve un peu partout de simples sillons creusés dans le grès, isolés ou en faisceaux.

Or, si plusieurs indices laissent à penser que cet art rupestre date de 6 000 à 10 000 ans, on sait aussi qu’il y a peu des nomades berbères gravaient encore le même genre de motifs dans les roches du désert saharien. Faute de preuves indiscutables, on ne peut donc que suspecter leur grand âge, et continuer d’en chercher des indices : c’est ce que font les archéologues amateurs du Groupe d’études, de recherches et de sauvegarde de l’art rupestre (GERSAR), une association installée en Essonne.

Leur travail vise aussi et surtout à mieux faire connaître l’art rupestre, pour que le plus grand nombre participe à sa sauvegarde. Car à ce jour, en Essonne, seuls cinq abris ornés sont classés monuments historiques et à ce titre protégés : le Trou du Sarrazin (Villeneuve-sur-Auvers), l’abri orné de la Vallée du Gommier (Bouray-sur-Juine), celui du Puits sauvage (Baulne), l'abri de Tramerolles (Maisse), et la grotte de Prinvaux à Boigneville. Il y a donc urgence…

01.Où trouver les abris ornés ?

Carte des abris ornés en EssonneRépartition des abris ornés en Essonne.
© IGN / BD CARTO 1998 - Direction de la Culture / Service du Patrimoine
C'est dans les chaos rocheux caractéristiques du sud de l’Île-de-France que l'on trouve ces abris ornés. Voici environ 30 millions d’années, sous le climat chaud et humide de l’Oligocène, la mer a en effet envahi le Bassin parisien. Suite au va-et-vient des vagues, des sables se sont alors déposés : ce sont les fameux sables stampiens, réputés pour leur grande teneur en silice. Mais la mer n’est pas restée maître des lieux. Et, avec l’alternance de périodes d’inondation et de sécheresse, une partie du sable s’est cimentée et a formé des dalles de grès pouvant atteindre 5 m d’épaisseur. Ensuite, l’érosion a fait son travail, et par endroits, elle a fracturé ces dalles. Des blocs sont ainsi tombés, ont glissé et se sont entassés jusqu’à constituer de véritables chaos rocheux. C’est dans ce paysage étonnant qu’ont été découverts plus d’un millier d’abris aux parois ornées de nombreux symboles et figures.

La plupart de ces abris ornés se trouvent dans le sud-ouest du département de Seine-et-Marne (forêts domaniales de Fontainebleau et des Trois pignons, chaos de Larchant) et dans les Yvelines (massif forestier de Rambouillet). On en compte néanmoins quelques-uns dans le nord-est de Paris (Aisne), et bon nombre dans le département de l’Essonne : environ quatre cent cinquante abris ornés ont été découverts dans les flancs boisés des vallées de la Juine, de l’École ou de l’Essonne. Dans certains lieux, ces abris sont concentrés, comme à Villeneuve-sur-Auvers, à Buno-Bonnevaux ou à Milly-la-Forêt, site où l’on en dénombre environ soixante dont le célèbre abri dit du Cavalier. Mais la plupart du temps, ils sont isolés et éparpillés un peu au hasard, n’étant pas alignés suivant un axe géographique particulier, ni placés à une hauteur précise. Dans ces conditions, comment les repérer ?

Géode, abri sous platière, Exemples de la diversité des lieux qui ont été choisis par les hommes pour être gravés, avec de gauche à droite : une géode, un abri sous platière et une "chambre".
© GERSAR
Généralement, ce sont des cavités de taille réduite et de faible profondeur. Le plus souvent, il s’agit de "géodes", c’est-à-dire d’anciennes poches de sable qui, ne s’étant pas transformées en grès, ont laissé du vide en s’écoulant après fracturation de la dalle rocheuse : le Trou du Sarrazin (Villeneuve-sur-Auvers) en est un bon exemple. Banc horizontal de grèsExemple de banc horizontal de grès disposé à la partie supérieure d’une nappe de sable stampien.
© GERSAR
Mais il peut aussi s’agir d’espaces libres entre plusieurs blocs rocheux superposés, autrement dit de "chambres" comme à Boissy-aux-Cailles (en Seine-et-Marne). Enfin, ces abris occupent parfois un espace plus important : ce sont des "abris sous platière", situés sous des dalles de grès comme dans l’abri du Village (Villeneuve-sur-Auvers).

Du sable, de la terre ou des rideaux de végétation sont susceptibles de cacher ces petites merveilles. Sans compter que les abris sont souvent difficiles d’accès, et parfois situés dans des propriétés privées. Tous ne sont donc pas visibles. Alors, si vous êtes curieux et pressés de les admirer, appuyez-vous sur l’expertise de guides : vous trouverez leurs coordonnées auprès du GERSAR.

02.Quelle est la signification de ces gravures ?

Valpuiseaux, abri de la Butte NoireValpuiseaux (91), abri de la Butte Noire : sillons et quadrillages situés sur le sol de l’auvent
© GERSAR
En 1868, Jules Quicherat, antiquaire, signale dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de France la présence d’un étrange rocher à Ballancourt, sur la rive droite de l’Essonne. En effet, il forme une petite grotte. Mieux : on y distingue "des espèces de caractères, qui ne sont certainement pas des lettres, (…), qui ne sont pas non plus identiques aux variétés de hiéroglyphes des dolmens bretons et irlandais, mais qui ne sont pas davantage, sans doute, tracés au hasard, ni dépourvus d’un sens symbolique." Depuis, des générations de chercheurs se sont penchées sur ces mystérieux signes baptisés pétroglyphes. Mais dans bien des cas, on ne comprend toujours pas pourquoi les hommes en ont orné des milliers d’abris.

D’Huison-Longueville : gravures finesD’Huison-Longueville (91) : Exemple de profusion spectaculaire de gravures fines sur une paroi, sans organisation apparente
© GERSAR
Dans l’ensemble, ces signes sont assez rudimentaires et stéréotypés. Très souvent, ils constituent un quadrillage, motif emblématique de cet art rupestre bellifontain. Mais on retrouve aussi un grand nombre de sillons simples, isolés, groupés par paire ou en faisceaux de droites parallèles, ou encore entrecroisés. Figurent également des cupules - c’est-à-dire des trous isolés ou en séries -, et des motifs plus élaborés telles les triples enceintes (des rectangles concentriques avec leurs médianes). S’ajoutent à ce répertoire schématique des motifs plus ou moins figuratifs qui évoquent des haches, des rouelles, des lances ou des chevrons, des échelles (scaliformes), des arbres (arboriformes), des animaux (zoomorphes), des hommes (anthropomorphes)… Quelles significations peut-on leur attribuer ?

Visiblement, il ne s’agit pas d’une écriture. En effet, on ne décèle aucun ordre dans la disposition des motifs, ni aucun lien entre eux : chaque figure paraît être là pourVilleneuve-sur-Auvers : le Trou du SarrazinVilleneuve-sur-Auvers (91), Le Trou du Sarrazin : cette géode de petite dimension est surtout remarquable par l’existence d’une gravure de tête de cheval, obtenue en utilisant les fissures et les accidents naturels de la roche. Seuls le museau et la bouche sont gravés.
© GERSAR
elle-même, indépendamment des autres. Dans certains sites, leur profusion est étonnante : dans le Trou du Sarrazin ou l’abri du Cavalier (tous deux à Villeneuve-sur-Auvers), les motifs recouvrent toutes les surfaces disponibles, du sol au plafond en passant par les parois ! Pourtant, leur répartition ne semble pas répondre à une quelconque organisation, comme c’est le cas dans les grottes ornées du sud de la France. Et si l’on observe fréquemment des sillons le long de fissures ou de corniches, ou encore partant d’une cavité circulaire déjà présente dans la paroi rocheuse, c’est loin d’être la règle. En outre, cet art rupestre bellifontain n’est pas cantonné au massif forestier de Fontainebleau, puisqu’on le retrouve également dans celui de Rambouillet. Ce manque d’unité géographique exclut l’hypothèse du sanctuaire, que des fidèles viendraient décorer lors de leurs pèlerinages. Alors comment expliquer la répétition des motifs ? Buno-Bonnevaux, abri du Larris des BoulinsBuno-Bonnevaux (91), abri du Larris des Boulins : connu pour une de ses gravures assez réaliste d’anthropomorphe, appelé "le guerrier" car il tiendrait des armes dans chacune de ses mains.
© GERSAR

Pour Alain Bénard, président du GERSAR, la réponse est à chercher dans une sorte de culte lié à la présence des géodes, chambres et autres cavités : c’est en effectuant des gestes rituels dans ces abris que les hommes auraient gravé leurs roches à intervalles répétés, sans forcément se soucier des gravures déjà présentes. Mais, il le souligne, cette interprétation ne vaut que pour les motifs datés du Mésolithique. Car pour les époques ultérieures, les gravures forment un ensemble tellement hétérogène qu’il est difficile d’interpréter leur signification autrement qu’au cas par cas.

03.Comment et quand ont-elles été réalisées ?

GravoirExemple de gravoir, outil ayant servi à graver les parois de grès, et qui fut abandonné sur place par les hommes.
© GERSAR
Dans la majorité des cas, les motifs ont été réalisés par des mouvements répétitifs de va-et-vient sur la roche. Généralement, c’est un morceau de grès qui a alors joué le rôle de gravoir : on en a retrouvé au sol dans la Butte Noire, la grotte du Renardeau (Valpuiseaux) ou l’abri du Bas des Roches (Maisse). Parfois, les hommes ont aussi utilisé la technique dite linéaire, qui consiste à graver la roche en une seule fois avec un gravoir plus dur : les fragments de silex découverts dans l’abri de Larris des Boulins (Buno-Bonnevaux) ou du Bois du vieux cimetière (Champcueil) sont là pour en témoigner. Exceptionnellement, enfin, des motifs ont été obtenus par piquetage : on peut en voir dans l’abri orné du Normont (Rochefort-en-Yvelines).

Quant à savoir de quelle époque ils datent, c’est souvent très difficile à établir, pour différentes raisons. Maisse, abri de la plaine de Saint EloyMaisse (91), abri de la plaine de Saint Eloy : Exemple de pédiforme gravé sous un motif en cercle recoupé par 4 sillons et occupé au centre par 5 cupules
© GERSAR
La première, c’est que les motifs schématiques et non figuratifs (quadrillages, sillons parallèles, cupules, etc.) sont difficilement attribuables à une période donnée : voici quelques années, des hommes traçaient encore de tels motifs au Sahara. De plus, ils ne sont que très rarement couverts par des niveaux archéologiques qui, contenant des restes d’activités humaines, permettent de les dater. Et, quand de telles méthodes sont applicables, elles ne donnent pas toujours les résultats espérés. On a ainsi découvert à l’entrée de très nombreux sites des gravoirs enfouis dans le sable et associés à différents vestiges, souvent des microlithes datant du Mésolithique. Mais dans ce sable, les niveaux archéologiques ne sont pas clairement différenciés. Si l’on a de bonnes raisons de croire que tous ces sites datent du Mésolithique, on n’en a donc pas la preuve absolue. De fait, seul un abri bellifontain a été daté avec certitude par cette méthode : c’est la célèbre "grotte à la peinture" du cirque de Larchant, Equidé ocre rougePlaque de grès découverte en 1954. Initialement interprétée comme un bovidé, un examen détaillé par A. LEROI-GOURHAN, spécialiste de l’art pariétal, a démontré que certains éléments comme la ligne du dos ou la queue seraient plutôt à attribuer à un équidé.
© GERSAR, 1978
où l’archéologue Jacques Hinout a découvert un panneau orné de motifs tombé à terre et pris en sandwich entre deux couches de sédiments datant du Mésolithique.

Les motifs figuratifs, bien que plus rares, posent moins de problèmes : en les comparant avec ceux d’autres sites, on peut facilement les dater. Ainsi, dans la grotte des Orchidées, en forêt de Fontainebleau, on distingue sur un fond de quadrillages une pointe de lance, un bouclier et une épée. Or cette association se retrouve sur des stèles découvertes en Espagne et datées de l’âge du bronze (3750 av JC – 800 av JC). De même, l’on sait que certaines figures, comme le chevalier en armure de l’abri du Cavalier (Milly-la-Forêt) ou le pendu de l’Auvent des Maréchaux (Milly-la-Forêt), datent du Moyen Âge. Et, par comparaison stylistique, on connaît aussi des exemples d’art rupestre du Paléolithique supérieur (-35 000 à –10 000 av JC), donc plus anciens, dans le massif de Fontainebleau : c’est le cas du cheval gravé de Noisy-sur-École, et du cheval peint de Boutigny-sur-Essonne.

04.Rechercher les grottes ornées : une passion

Relevé difficile des gravures d'un abri ornéExemple d’abri orné où le relevé des gravures situées dans des endroits exigus s’avère difficile. Ces relevés se font le plus souvent à l’aide d’une feuille de calque appliquée sur la paroi permettant de reproduire les gravures à l’échelle.
© GERSAR
C’est l’historien Amand de Vertus qui, en 1864, rapporte le premier la présence de rochers gravés dans le Bassin parisien : une "chambre de fées" qu’il avait visitée en 1858 à Coincy (Aisne) et qu’on venait de détruire. Trois ans plus tard, un militaire découvre une roche gravée au Mont de Ballancourt (Essonne). Laquelle fait dès 1868 l’objet d’une expédition toute spéciale, l’antiquaire Jules Quicherat et l’historien Henri Marin étant chargés d’interpréter ses pétroglyphes. Ensuite, les découvertes se sont succédées grâce aux prospections d’un grand nombre d’hommes. On compte notamment parmi eux : le géologue Georges Courty, le peintre Frédéric Ede, le préhistorien James-Louis Baudet, ou plus récemment les archéologues Jacques Hinout ou Gilles Tassé. Mais faute d’être connus du grand public, nombre de sites ont souffert de vandalisme. C’est ce qui a motivé, en 1975, la création du Groupe d’études, de recherches et de sauvegarde de l’art rupestre (GERSAR)*, une association d’archéologues amateurs installée à Milly-la-Forêt. Elle compte aujourd’hui cent vingt membres, dont une dizaine travaillent en étroite relation avec des archéologues professionnels.


Buno-Bonnevaux : motifs d’époque historiqueBuno-Bonnevaux (91) : Exemple de motifs d’époque historique
© GERSAR
Sa principale activité consiste à rechercher, en forêt de Fontainebleau, des abris ornés qui n’auraient pas encore été mis au jour, puis à en étudier les gravures. Toutefois, grâce à l’expérience acquise au fil des années, elle s’intéresse également à l’art rupestre en dehors du Bassin parisien. Le GERSAR a ainsi étudié des sites de Haute Maurienne, des Deux-Sèvres, des Vosges, du Queyras, du Tardenois… Son travail de prospection se fait de préférence en hiver, quand la végétation risque moins de masquer les entrées des abris. Un travail de longue haleine, que ne guide malheureusement aucun indice topographique ou géographique, mais qui permet la découverte d’une vingtaine d’abris ornés chaque année.

Une fois repérés, ces abris sont répertoriés et localisés de manière précise. Pour chacun d’eux, le GERSAR établit une fiche qui récapitule tous les renseignements enregistrés et la transmet aux services archéologiques de Champcueil, abri du Bois du vieux CimetièreChampcueil (91), abri du Bois du vieux Cimetière : relevé exhaustif des gravures d’une des parois de l’auvent, avec localisation et détails des trois anthropomorphes (?) ou oiseaux (?) qui sont remarquables.
© GERSAR
l’État et du département. Naturellement, on prend alors des clichés photographiques du site. Par ailleurs, quand la morphologie de l’abri le permet, les membres de cette association s’attachent aussi à faire le relevé de ses motifs. Quelques abris remarquables par l’abondance et la qualité des gravures ont d’ailleurs fait l’objet de relevés intégraux : c’est le cas des abris du Village et du Trou du Sarrazin (Villeneuve-sur-Auvers), de celui de la Butte Noire (Valpuiseaux), de la grotte du Cavalier (Milly-la-Forêt), ou encore de l’abri du Larris des Boulins (Buno-Bonnevaux).

Enfin, les membres du GERSAR portent spécialement leur attention sur quelques motifs fréquemment retrouvés comme la triple enceinte, les anthropomorphes et les figures évoquant des pieds, des cuvettes ou des cervidés. But de l’opération : voir par quels détails ils diffèrent d’un site à l’autre, étudier leur répartition et parvenir à les interpréter et à les dater. Près de cent cinquante ans après leur première découverte, les abris ornés du Bassin parisien donnent toujours du fil à retordre aux archéologues !

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