Alors que le géant indien fait une entrée remarquée sur la scène économique internationale, ses diasporas comptent vingt millions de personnes à travers le monde, dont près de 400 à 500 000 en France. Depuis trente ans, la France, et notamment l'Île-de-France, est devenue une terre privilégiée de migration pour ces populations. Pour la première fois, la revue Hommes et Migrations leur consacre un dossier.
Du vendeur de fleurs noctambule au restaurateur, de l’entrepreneur moderne au petit commerçant, ils s’inscrivent par petites touches dans notre quotidien urbain, depuis une trentaine d’années. Pourtant, les populations d’origine indienne, mosaïque complexe, restent largement méconnues. Vasoodeven Vuddamalay, géographe et sociologue, directeur pédagogique de l’Institut universitaire de professionnalisation en aménagement du territoire de l’Université d’Évry Val d’Essonne et Catherine Servan-Schreiber, indianiste au Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CNRS/EHESS), en coordonnant un numéro de la revue Hommes et Migrations* sur la diaspora indienne, remédient en partie à cette situation. "Les pouvoirs publics n’ont pas jugé utile de financer des recherches sur ces populations, pointe Vasoodeven Vuddamalay, notamment parce qu’elles ne posent pas de problème politique. De fait, la décolonisation des ex-comptoirs français en Inde s’est déroulée de manière moins passionnelle qu’en Afrique." Par leur discrétion, leurs prises de parole limitées, ces communautés ne se sont pas encore pleinement imposées dans l’espace public. Et relativement récentes en France, elles commencent à peine à produire de jeunes intellectuels de la deuxième génération, à même d’interroger leurs origines.
Enfin, si les chercheurs se sont bel et bien emparés de l’Inde, ils ont jusqu’à présent privilégié l’immersion dans le pays. "Longtemps, les priorités financières et scientifiques ont été accordées aux études en Inde, tout à la fois par une sorte d’honnêteté intellectuelle - aller aux sources - et par un certain mépris pour les études de proximité", ajoute Catherine Servan-Schreiber. L’ampleur de ce phénomène migratoire, et donc son impact sur le sous-continent indien, ont relancé l’intérêt pour ces diasporas, à l’heure de l’émergence de l’Inde sur la scène économique mondiale.
Aussi, afin d’appréhender cette réalité aux multiples facettes, les chercheurs ont croisé les disciplines. Histoire, géographie, économie, sciences politiques, anthropologie, relations internationales et ethnopsychiatrie ont été convoquées, pour en esquisser les contours et tenter de décrypter les stratégies d’intégration mises en œuvre par ces communautés. Cependant, s’il est relativement aisé de retracer les étapes de cette implantation, les auteurs se sont heurtés à la pénurie de sources, pour évaluer avec précision sa diversité contemporaine. Cette étude, parce que pionnière, est donc parcellaire.
Quelques repères avant de plonger dans ces diasporas : le sous-continent indien, zone géographique de l’Asie du Sud, comprend l'Inde actuelle, le Pakistan, le Bangladesh, le Sri Lanka (ex-Ceylan), le Népal, le Bhoutan et les Maldives. Colonisée par les Britanniques (à partir de 1764) mais aussi par les Portugais, les Hollandais et les Français, qui y établirent des comptoirs aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Inde "historique" accède à son indépendance en 1947 mais ne peut éviter la partition avec le Pakistan, musulman. En 1971, le Pakistan oriental accède à son tour à l’indépendance, sous le nom de Bangladesh. Les populations d’origine indienne en France sont issues de communautés ethniques très différentes, qui se distinguent par des traditions culturelles, la religion, la langue, les origines géographiques, ou encore par un croisement de ces critères. 
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L'article est excellent. Mais, l'auteur cite les Turcs, en oubliant les Bengladais, les Tamouls de Sri Lanka, de la Réunion et de Maurice. Les Africains, les Français de la métropole et les touristes étrangers sont de plus en plus nombreux à venir...La fête de la procession de Ganesh (Pillaïyâr en tamoul) qui a lieu fin août/début septembre de chaque année est devenue maintenant une institution très attendue.