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Géolocalisation : que nous réserve encore le GPS ?

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En moins d’une décennie, le célèbre système de navigation par satellite a bouleversé notre sens de l’orientation. Et ce n’est sans doute qu’un début : les applications du GPS ne semblent pas connaître de limites. Reste à se méfier des menaces qu'il peut faire peser sur notre liberté.

Galileo est le futur système de positionnement par satellites européen, strictement civil, qui sera lancé en 2013. Il sera composé de 30 satellites, répartis en 3 orbites circulaires à une altitude de 24 000 km, et soutenus par un réseau mondial de stations terrestres.
© J.Huart / ESA

À n’en pas douter, le récepteur GPS sera l’un des cadeaux phare de ce Noël 2007. En quelques années, il est devenu le compagnon idéal des automobilistes, plaisanciers et autres randonneurs. Drôle de reconversion ! Et dire, qu’à l’origine, ce petit boîtier était conçu pour répondre aux besoins de la Guerre Froide…

Dans les années cinquante, en effet, les stratèges américains étaient habités par une obsession : pouvoir frapper de leurs missiles la lointaine URSS. Mais voilà : pour viser juste, encore fallait-il connaître les coordonnées précises du départ de l’ogive - c’est-à-dire celles du sous-marin lanceur en patrouille. L’invention de la localisation par satellite répond à cette nécessité ! Dès 1964, les États-Unis vont disposer d’une constellation de six satellites, baptisée Transit.

Lancé en 1973 par le Pentagone, le projet GPS (Global Positioning System/système de positionnement global) se veut plus précis et complet. Son principe ? Une flotte de 24 satellites envoie en permanence un signal vers la Terre. Très schématiquement, ce signal contient l’heure exacte de son émission, délivrée par les horloges atomiques du bord. Sachant que ces ondes se déplacent à la vitesse de la lumière, un capteur au sol peut en déduire la distance qui le sépare du satellite. Pour connaître sa position, il suffit d’analyser les transmissions de 4 satellites à la fois. L’armée américaine dispose là d’un bel avantage sur les autres nations…

Certes, dès le milieu des années quatre-vingts, les civils ont accès au système. Mais les récepteurs pèsent alors 25 kg et l’usage en est limité : les militaires ont en effet introduit un décalage dans le signal civil qui limite sa précision à 100 m au lieu de 10, pour en limiter l'usage par leurs adversaires. Il faudra patienter jusqu’en mai 2000 pour que Bill Clinton décide de mettre fin à cette dégradation volontaire (mais la fonction permettant de "brider" le signal peut, à tout moment, être réactivée). Dès lors, la popularité du GPS va s’accélérer (chapitre 1). Si bien qu’aujourd’hui, 95 % des récepteurs vendus sont destinés à des usages civils. La géolocalisation représentait, en 2006, un marché de 40 milliards de dollars, dans un secteur en croissance de 25 % par an…

Le système Galileo est destiné à supprimer la dépendance de l'Europe vis-à-vis du système américain GPS. Il fournira des services de localisation précis, sécurisés, et à l'échelle du globe.
© J.Huart / ESA
Face à ces perspectives juteuses, et soucieuses de s’affranchir du Pentagone, les autres grandes puissances forment l’espoir de construire leur propre GPS. Les Russes tentent de reformer leur système Glonass, constituée de 24 satellites positionnés sur 3 orbites circulaires. Les Chinois sont en train de lancer Compass. Les Européens préparent galileo mais, empêtré dans les rivalités franco-allemandes, ce système ne sera opérationnel, au mieux, qu’en 2014…

Une chose est sûre, cependant : dans un avenir proche, de nombreux citoyens n’admettront plus de ne pas savoir exactement où ils se trouvent. D’ailleurs, galileo est d’usage civil uniquement et la prochaine génération de satellites GPS, prévue pour 2013, ne comportera plus la fonction qui permettait à l’US Army (armée américaine) de brider le signal. Autre amélioration à venir : le GPS qui fonctionnerait non seulement à l'extérieur mais également en "intérieur" (dans les bâtiments, les tunnels, les rues étroites). De nombreuses équipes se penchent sur cette évolution, dont celle du groupe Navigation de TELECOM & Management SudParis (ex INT), à Evry, auquel appartient le chercheur Nel Samama (chapitre 2). Qu’on se le dise, la géolocalisation sera omniprésente, comme nous l'explique dans ce dossier Nel Samama Peut-être un peu trop présente même, au risque d'enfreindre notre liberté… (voir chapitre 3).

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