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TIC et littérature : un mariage heureux

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Les chercheurs en littérature s'intéressent de très près aux technologies de l’information et de la communication. Internet et logiciels spécifiques ouvrent des horizons inattendus pour leurs recherches. Un site, l'Atelier Bovary, permet par exemple d'accéder à tous les manuscrits de ce roman de Flaubert.

Extrait d'un brouillon du manuscrit de Madame Bovary, écrit par Gustave Flaubert.
© Collections Bibliothèque municipale de Rouen. Photographie Thierry Ascencio-Parvy

Si les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont utilisées depuis vingt-cinq ans par les chercheurs en littérature, on assiste depuis le début des années 2000 à une formidable accélération du phénomène, liée aux progrès informatiques ainsi qu’à la mise en réseau qui se développe grâce à Internet. Alors que cet univers virtuel nous fait entrer dans un nouvel âge de l’écriture, les manuscrits anciens suscitent un véritable engouement, chez les amateurs comme dans le milieu scientifique. D’autant que les nouvelles technologies permettent de valoriser un patrimoine jusque-là confiné dans les réserves des bibliothèques et peu exploité : il n’était consultable que sur autorisation, souvent réservé à des étudiants ou spécialistes du sujet.

Les TIC facilitent l'accès à des travaux d'érudition sur les textes. Ainsi, le site de l'équipe de recherche Hubert de Phalèse de l'université Paris 3 Sorbonne nouvelle, dont la mission est de développer les études littéraires assistées par ordinateur, facilite la diffusion de ces nouveaux savoirs. Autre exemple, l’association Fabula rassemble autour de son site Internet de nombreux chercheurs qui s'intéressent à l'articulation entre théorie et histoire littéraire. Dernier exemple, sur le site LexoTor, on peut examiner tous les contextes d'un mot, d'un nom de lieu ou de personne, dans un ensemble de textes issus de la bibliothèque électronique de Lisieux.

Les TIC permettent aussi aux thèses les plus controversées de trouver un espace d'expression : ainsi, un site Internet présente le dossier toujours plus complet de l'affaire Molière/Corneille, selon lequel ce serait Pierre Corneille, l’auteur du Cid, qui aurait écrit les chefs-d’œuvre signés Molière.

Bref, on trouve de tout sur les nombreux sites consacrés à la littérature. Mais un des domaines particulièrement porteurs est celui de la mise en ligne des manuscrits. C’est ainsi que, confiés en héritage à la bibliothèque de Rouen, les brouillons de Madame Bovary sont restés pendant des années stockés dans les archives. Il faut dire que, transcrits et mis en pages, ces six volumes manuscrits représenteraient quelque 9 000 pages imprimées… Quel éditeur se serait lancé dans le projet ? Et qui aurait acheté l’ouvrage impossible à ranger dans sa bibliothèque et pour le moins difficile à feuilleter ? L'arrivée des TIC change la donne et permet à des passionnés, en lien avec l'université de Rouen, de s’adonner à la transcription du chef d’œuvre de Flaubert (chapitre 1).

De leur côté, des laboratoires de recherche mènent également des projets de numérisation. Spécialiste en la matière, l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM) travaille aussi, entre autres, sur des brouillons de Flaubert : ceux de l’Éducation sentimentale et des Trois contes. Grâce aux TIC, ils mettent au point des techniques et des logiciels spécifiques pour assurer la plus grande fidélité possible aux manuscrits et permettre une découverte plus riche des écrivains (chapitre 2). Ainsi, d’ici quelques années, une quantité considérable d’œuvres sera entièrement numérisée et accessible à tous sur Internet. Tel est, en effet, le projet de la Bibliothèque nationale de France (BNF) et celui de la bibliothèque numérique européenne (chapitre 3).

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