Conçue en partie par les chercheurs essonniens, Rosetta, partie en 2004, vogue toujours vers la comète Churyumov-Gerasimenko qu'elle atteindra en août 2014. Une odyssée de dix ans pour cette sonde qui pèse trois tonnes et un milliard d'euros. Le but ? Se poser sur son noyau de glace et sonder le mystère de nos origines.
Départ sans faute pour la plus ambitieuse des missions scientifiques jamais lancées dans l'espace par les Européens. Le 2 mars 2004, une fusée Ariane 5 qui décollait de Kourou, en Guyane, a impeccablement propulsé la sonde Rosetta, de trois tonnes et trois mètres de haut. L'odyssée commence. Elle aboutira, après un voyage de dix ans, à une rencontre très attendue avec la comète Churyumov-Gerasimenko, vestige des origines de notre système solaire.
Pour l'heure, tout se passe bien. Les responsables de l'Agence spatiale européenne (ESA), du Centre national d'études spatiales (CNES) et les chercheurs dont ceux de l'Institut d'astrophysique spatiale d'Orsay, en Essonne, ont pu se réjouir que le contact radio ait été vite établi avec la précieuse sonde de plus d'un milliard d'euros. Enjeu : un voyage cosmique au long court. Rosetta est déjà passée à deux reprises à proximité de la Terre et a survolé Mars en février 2007 ; elle survolera l’astéroïde Steins en septembre 2008, avant de passer une nouvelle fois à proximité de notre planète et de l’astéroïde Lutetia… et d'atteindre enfin sa cible ultime : la comète dite "Chury", pour les intimes. Celle-ci détiendrait quelques fabuleux secrets sur la manière dont le Soleil et son cortège de planètes sont nés, il y a 4,55 milliards d'années.
Le défi majeur : atterrir sur la comète
Les comètes sont des petits corps primitifs de glace. Elles renfermeraient des "archives" de la matière solaire primordiale. D'où leur intérêt. Le nom de la mission Rosetta se réfère à la pierre de Rosette qui aida Jean-François Champollion à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, voici près de deux siècles. La sonde européenne se placera en orbite autour de la comète Churyumov-Gerasimenko. Elle cartographiera son noyau pendant trois mois. Puis elle larguera à sa surface un petit module d'atterrissage de 85 kilos. Celui-ci, baptisé Philæ, s'ancrera sur le sol extraterrestre en enfonçant trois harpons. Le vaisseau mère et le mini-laboratoire fonctionneront de concert pendant plusieurs semaines.
"Nous espérons réaliser un énorme bond dans la connaissance des vestiges de la formation du système solaire, indique Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES. Les données recueillies toucheront à des questions essentielles, telles que l'apparition de la vie sur Terre, la composition des océans et de l'atmosphère, ou encore l'éventuel apport en éléments légers volatils et en molécules organiques complexes des corps célestes vagabonds." Ces interrogations de base demandent à être approfondies. C'est toute la mission de Rosetta. Auparavant, elle aura déployé ses deux panneaux solaires qui lui confèreront une envergure de 32 m et fourniront son énergie.
"La France est impliquée à hauteur de 22 % dans les champs d'investigation balayés par cette mission spectaculaire", a salué Jean-Pierre Bibring, coresponsable de l'atterrisseur à l'Institut d'astrophysique spatiale d'Orsay.
Jusqu'au 17/03/2010
Stage de formation à la vulgarisation scientifique
Le 23/03/2010
Rencontres autour de Darwin
Jusqu'au 22/03/2010
Semaine du cerveau à l'ENS
Un nouvel appel à projets pour la promotion de la culture scientifique et technique en Essonne
Jeunes, science et sites internet : rendez-vous le 10 mars au Conseil général de l'Essonne