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60 millions d'observateurs

  • Posté le : Lundi 15 Juin 2009
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  • par : A. Joseph

L'indicateur de biodiversité "Suivi temporel des oiseaux communs" (STOC) fête ses 20 ans. L'occasion de revenir sur une pratique citoyenne de plus en plus répandue : la science participative.

moineauHirondelle bicolore (Tachycineta bicolor) dans un nichoir.
© stockxpert.com

À l’échelle de l’Europe, ils sont plus de 50 000. En France, leur nombre dépasse 5 000. Les observateurs de la nature qui veulent faire avancer la connaissance sont de plus en plus nombreux. Ils ont aujourd’hui la possibilité de s’impliquer dans ce qu’on appelle la "science participative". Cette démarche est déjà très développée au Royaume-Uni et aux États-Unis où, chaque année, le rendez-vous traditionnel du Christmas Bird Count réunit des dizaines de milliers de participants. En France, la science participative en est à ses premiers pas.  

Le coup d’envoi a été lancé par le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris qui, en 2006, a créé un Observatoire des papillons de jardin (OPJ). Destiné aussi bien aux naturalistes éclairés qu’aux nouveaux amateurs, ce projet regroupe désormais 3 500 volontaires. À partir d’une fiche téléchargeable sur Internet, les observateurs identifient et comptent les papillons de leur jardin. Les données récoltées par le département Écologie et gestion de la biodiversité du Muséum servent ensuite à dresser des cartes régionales d’abondance des espèces. De là, les scientifiques espèrent tirer des conclusions sur l’état de la biodiversité et des changements qu’elle subit. Ils disposeront ainsi d’un nouvel indicateur de la biodiversité.   

En effet, la France et l’Union européenne se sont engagées à arrêter la perte de biodiversité d’ici 2010. Or le Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) est le seul indicateur disponible pour évaluer l’état de la biodiversité. En vingt ans, cet outil a permis de mettre en évidence le déclin des oiseaux spécialistes d’un écosystème. Par exemple, les espèces agricoles ont subi une perte de 30 %. Ce déclin serait lié à la dégradation des habitats. D’ailleurs, toutes les espèces "généralistes", capables de s’adapter à différents milieux, sont quant à elles en progression. Au final, il y a donc perte de la biodiversité des oiseaux.

Carte urbanisation et biodiversitéCes cartes illustrent bien que le taux d'urbanisation est inverse du nombre moyen d'espèces d'oiseau.
© STOC

Mais quid de la biodiversité dans son ensemble ? Pour y répondre, le Muséum a développé d’autres observatoires. Aujourd’hui, le programme Vigie-Nature en compte sept : deux pour les oiseaux, deux pour les papillons, un pour les chauves-souris et, depuis 2009, un pour les escargots (à lire aussi notre article "Shootez" les pigeons) et un pour les plantes.

Chacun de ces observatoires apporte des informations de nature différente : certains papillons forment un groupe indicateur de l’état du milieu prairial, les chauves-souris de l’état des parcs régionaux, les papillons communs de l’état des jardins, etc. Les escargots sont également de bons indicateurs des pratiques dans les jardins mais, ayant une longévité plus élevée que les papillons et des capacités de dispersion plus réduites, ils répondent différemment aux modifications de l’environnement. Ils apporteront donc un autre regard sur l’impact de nos usages. C’est en fédérant toutes ces données que le Muséum compte produire les indicateurs et les cartes qui aideront les élus à aménager le territoire. Mais pour l’heure, il faut glaner des informations … En projet pour 2010 : un suivi des zones humides, des milieux marins et des insectes pollinisateurs !

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