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La magie du cosmos : un voyage dense aux confins de l’univers

L’espace, le temps, les trous noirs, des notions qui deviennent presque abordables dans cette série documentaire américaine très dense.
Au risque de ne rien retenir...?

La magie du cosmos© Lionel Bret / Look at Sciences

“Derrière la réalité quotidienne il y a un monde fascinant, dans lequel il apparaît que notre perception de l’univers est fausse.” Sans détour, le décor est planté dès le premier épisode de la série La magie du cosmos*, diffusée actuellement sur Arte et présentée par le physicien américain Brian Greene.
Spécialiste de la théorie des cordes, Brian Greene est professeur de physique et de mathématiques à l’université Columbia de New York. Egalement vulgarisateur et auteur du livre éponyme, il interroge : “Pourquoi ne voit-on jamais les événements se dérouler à l’envers ? Selon les lois de la physique, c’est pourtant tout à fait possible. Il se pourrait que notre univers soit une réalité parallèle parmi d’autres, que le monde en 3D ne soit qu’une illusion et qu’il n’y ait pas de distinction entre passé, présent et futur.”

La série tente de répondre de façon didactique à cette énumération de questions, à l’aide d’une mise en scène “hollywoodienne”, avec force effets spéciaux et paysages fascinants, le tout accompagné d’une grosse musique à suspense digne d’un film d’action. Brian Greene y rencontre des scientifiques quasi exclusivement issus d’institutions américaines, et c’est dans un genre très anglo-saxon, production léchée et rythme soutenu, que les réalisateurs Graham Judd et Sabin Streeter, habillent et mettent en scène des notions compliquées, parfois même contre-intuitives pour l’esprit humain.

Qu’est-ce que l’espace ?

Un exemple avec la notion d’espace et de vide qui occupe les premières minutes du premier épisode. Comment donner à comprendre quelque chose qui n’est rien ? Les réalisateurs de la série reviennent sur cette vaste question à laquelle Newton, puis Einstein 200 ans plus tard, ont cherché à répondre. Le physicien allemand a remis en cause la conception de son prédécesseur, pour qui l’espace était assimilable à une scène complètement vide. Pour Einstein, l’espace et le temps forment une entité unique : l’espace-temps. C’est ce concept qui l’a amené à découvrir le secret de la gravité.

Pour rendre cette découverte fondamentale plus palpable, on retrouve Brian Green dans une salle de billard. Un peu comme pendant un cours de physique, mais avec les images de synthèse en plus, il nous invite à imaginer que la table de billard représente l’espace-temps et que les boules sont des objets dans l’espace : “Si l’espace est comme un tissu qui peut s’étirer et se tordre, et que j’y pose un objet très lourd (la table s’enfonce), alors la petite boule de billard que je lance se déplacera le long de ce qu’on appellera une déformation créée dans le tissu par cet objet lourd.” Et on enchaîne...

En tant que spectateur, à travers ce cheminement pas à pas, on saisit la complexité de la recherche, tout en ne perdant jamais complètement le fil de la démonstration. Mais mieux vaut malgré tout rester bien attentif et ne pas décrocher trop souvent. C’est le point faible de la série. Les notions sont complexes, souvent déroutantes et les explications très denses. Malgré les efforts déployés par les réalisateurs pour vulgariser, les moments aménagés pour “digérer” tout ça n’existent pas. Résultat, on sort du visionnage un peu sonné, assommé par le déluge de concepts qui nous a été exposé. Et si l’on ne possède pas un minimum de notions de physique, que nous reste-t-il vraiment de ces 5 heures 40 de film au final ?


*  “La Magie du cosmos & l'Univers élégant”, diffusé actuellement sur Arte, coffret 2 DVD, Arte.