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L'Académie des sciences récompense l'Essonne

  • Posté le : Lundi 31 Janvier 2011
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  • par : L. Salters

Un mathématicien et deux chimistes ont vu leurs travaux distingués par les Sages de la Coupole.

Guy HenniartGuy Henniart, l’un des trois lauréats essonniens : "Dans mon quotidien de chercheur, je manipule des objets mathématiques abstraits."
© DR

Décidément, le programme de recherche en mathématiques Langlands fait parler de lui ! Il y a quelques mois, la médaille Fields (l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques) était remise à Ngo Bao Chau (Université Paris-Sud, département de mathématiques), un chercheur français qui a effectué une partie de sa jeune carrière sur le programme de Langlands. La semaine dernière, c’est un autre chercheur de l’Université Paris-Sud qui était à l’honneur pour son travail : Guy Henniart. Il a reçu à l’Académie des sciences le prix Sophie Germain, pour ses travaux de recherche sur le fameux... programme de Langlands.

"L’un des précédents lauréats du prix en 2007 était d’ailleurs Ngo Bao Chau”, rappelle Guy Henniart. Chercheur, également enseignant, il est spécialiste de la théorie des nombres. “Je suis content que ce soit ce prix en particulier, Sophie Germain était une grande théoricienne des nombres”, explique Guy Henniart. La chercheuse, qui vécu entre 1776 et 1831, a mis notamment sur pied un théorème d'arithmétique qui porte son nom.

"Objet mathématique abstrait"

Guy Henniart travaille depuis maintenant une trentaine d’années sur ces problématiques. “Dans mon quotidien de chercheur, je manipule des objets mathématiques abstraits. Je les explore, raconte le scientifique. Certains collègues sont très organisés. Ils prennent des notes, ont souvent un carnet sur eux pour mettre leurs idées noir sur blanc. Moi non, j’ai tendance à réfléchir en déambulant de long en large. De temps en temps, je fais des calculs pour être sûr de la bonne direction.”
Initié dans les années 60, le programme de Langlands reste à démontrer dans sa très grande majorité. Il représente une série d’hypothèses émises par Robert Langlands sur les liens existants entre théorie des nombres et certains groupes mathématiques. “Les chercheurs ont résolu les cas les plus simples, analyse Guy Henniart. Il reste les cas les plus difficiles”. Quelques médailles à décrocher en perspective...

Le même jour, deux autres chercheurs essonniens se sont vus honorés par l’Académie des sciences. Le prix Jaffé ainsi que la médaille Berthelot ont été remis à Jean-Marie Beau (Université Paris-Sud, Institut de Chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette). Spécialiste des hydrates de carbone, le chimiste a développé toute une série de méthodes de synthèse organique visant à créer des outils chimiques. Ils ont permis des avancées en agronomie ou bien dans le domaine de la santé.
Enfin le prix Paul Doisteau-Emile Blutet a été remis à Nicolas Triantafyllidis. Directeur de recherche au CNRS, attaché au laboratoire de mécanique des solides et département de mécanique à l’École polytechnique de Palaiseau, il mène des travaux sur l’étude de la mécanique des solides, notamment sur les problèmes de stabilité, du macroscopique à l’atomistique. Il s’intéresse aussi à toutes les problématiques liées aux procédés industriels et aux nouveaux matériaux. Nicolas Triantafillydis est également le lauréat 2010 de la médaille Warner T. Koiter, décernée depuis 1996 aux meilleures contributions dans le champ de la mécanique des solides.
Un mois donc riche en distinctions. Et ce n’est que le début de l’année !