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L'action internationale de La main à la pâte

  • Posté le : Lundi 31 Mai 2010
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  • par : L. Salters

L'association, qui favorise l'enseignement des sciences à l'école primaire, organisait au mois de mai son premier colloque d'ampleur mondiale.

Expérience la Main à la pâteMettre l'enfant au centre de l'apprentissage, le devise de La main à la pâte.
© Cécile Dégremont/LookatSciences

La main à la pâte entre dans l’âge de la maturité. L’association, qui oeuvre pour la promotion d’un enseignement original des sciences à l’école, avait déjà une histoires riche de collaborations avec l’étranger (1). Les responsables de l’association, pour confirmer cet engagement et lui donner une nouvelle impulsion, organisaient mi-mai à Sèvres (Hauts de Seine), un colloque international où 42 pays étaient représentés !
"Avant, les coopérations étaient bilatérales", précise Pierre Léna, l’un des co-fondateurs historiques de l’association (2). Responsable au sein de l’Académie des sciences de la délégation à l’éducation et à la formation, il ajoute : "Là, c’était la première fois que nous organisions quelque chose de véritablement international”. Une ambition affichée. Et c’est vrai que dans la salle de conférence ultra moderne du Centre International d’Etudes Pédagogiques de Sèvres, à voir tous ces participants de toutes origines, rivés aux propos de l’intervenant sur scène, on avait effectivement un peu l’impression de se retrouver dans un mini-ONU !

"Une boîte à outil"

Depuis ses débuts en 1996, La main à la pâte fait la promotion de l’investigation. Une méthode qui met l’enfant au centre de l’apprentissage et contribue à faire de lui un acteur de son enseignement. L’organisation soutient les enseignants, essentiellement du primaire, dans cette démarche pédagogique. Une vingtaine de centres pilotes en France permettent d’essaimer la bonne parole et de partager les expériences. Les organisateurs du colloque espèrent susciter le même type d’engouement à l’étranger. "Mais nous ne vendons rien, insiste Pierre Léna. Nous proposons à ceux qui le désirent une boîte à outils adaptable. Les gens qui viennent sont simplement intéressés par ce que nous faisons".
Shelley Peers est autralienne et directrice de projet à l’Académie des sciences de Canberra. Elle a suivi plus particulièrement la table ronde sur internet où étaient exposées des méthodes de partage d’expérience entre des enseignants via des sites dédiés : "En Australie, nous avons un problème de distance géographique quand il s’agit de fédérer les initiatives. Ça m’intéresse de savoir comment La main à la pâte gère ces problèmes d’éloignement dans ses démarches".

De son côté, Farhat Rajpar, l’une des responsables de la Fondation pour les sciences pakistanaise, cherche des solutions avant tout économiques. “La main à la pâte, c’est low cost !, s’exclame-t-elle avec un enthousiasme communicatif. Regardez par exemple les kits d’apprentissage (chaque élève est équipé d’un kit qu’il constitue avec l’enseignant pour le travail dans la classe - ndlr). Notre pays a des problèmes de développement économique. Certaines personnes sont très pauvres, très isolées et sans internet. Il nous faut donc trouver des solutions qui concilient beaucoup de contraintes. Notre objectif, c’est d’aller partout ! ".
Et quand on demande à Pierre Léna s’il a été difficile de réunir autant de nationalités, il répond : "La science ne connaît pas de frontière. Lorsqu’on est scientifique, on travaille tout le temps avec des collègues étrangers. Pour nous, tout cela est naturel". La preuve, l’organisation d’un second colloque est déjà programmée pour l’année prochaine.


(1) La main à la pâte est une émanation de l’Académie des sciences (délégation à l’éducation et la formation) et a été créée en partenariat avec I’Institut National de Recherche Pédagogique (l’INRP). L’association a signé des conventions pluriannuelles avec le ministère de l’Education nationale et le ministère des Affaires étrangères.
(2) Les autres fondateurs “historiques” sont les physiciens Georges Charpak, prix Nobel en 1992, et Yves Quéré, tous deux membres de l’Académie des sciences.