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Le Nobel : quand la science sème la paix

  • Posté le : Lundi 29 Décembre 2008
  • |
  • par : A. Joseph

Recevoir un Nobel, et après… qu’est-ce que ça change ? Trois personnes récompensées d’un Nobel sont venues répondre lors d’une conférence au Palais de la découverte dans le cadre de l’exposition Alfred Nobel, au service de l'innovation qui se termine le 11 janvier.

Trois Nobel témoignent - Palais de la découverteFrançoise Barré-Sinoussi, Claude Cohen-Tannoudji, Gao Xingjian : trois Nobel venus témoigner au Palais de la découverte, sur leur vie après l'obtention du prix.
© Chantal Rousselin / Palais de la découvert

"J’avais pour habitude de dire qu’il y avait dans ma vie l’avant et l’après 1983, date à laquelle mon équipe a découvert le virus du VIH. Maintenant, je mentionne deux dates : 1983 et 2008, date où nous avons reçu le prix Nobel de médecine pour cette découverte." Plus d’un mois après la remise du prix, Françoise Barré-Sinoussi est encore sous le choc. Au Palais de la découverte, elle a pris le temps de venir réfléchir et témoigner sur ce qu’implique une telle récompense.

Elle était sur le terrain au moment de l’annonce : "L’accueil du ministre du Cambodge n’a pas été le même la veille et le lendemain du prix ! " Les paroles d’un Nobel pèsent plus que celles d’un chercheur : le ministre lui a demandé des recommandations détaillées pour améliorer le sort des malades et les conditions de travail des équipes de recherche. "Avec cette distinction je dois porter auprès des décideurs et du grand public les demandes des scientifiques, c’est une lourde responsabilité."

"Depuis l’annonce, je suis sollicitée tous azimuts par des politiques, des associations, des publicitaires et, heureusement, quelques scientifiques. J’espère avoir bientôt un peu de temps pour me remettre au travail dans mon laboratoire," confie la chercheuse. "Il ne faut pas y compter, selon Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique en 1997. Dix ans plus tard, on est toujours assailli par les propositions." D’après le physicien, il faut pour s’en sortir, faire preuve de "discipline". Entendez par là, savoir refuser les requêtes trop éloignées du domaine de ses propres recherches. Ainsi, il s’est vu décliner des honoraires très élevés pour présider des conférences sur la sécurité alimentaire ou la maladie d’Alzheimer…

Mais le Nobel s'accompagne aussi d'une meilleure écoute, comme autant d'opportunités qu’il faut savoir saisir. Pour les jeunes, Claude Cohen-Tannoudji multiplie les forums et manifestations de sensibilisation à la science. Pour les chercheurs français, il demande à l’Union européenne de faciliter leurs démarches d’obtention de crédits. Pour les chercheurs des pays émergents, il soutient leurs travaux de recherche en participant et organisant des séminaires. Il a notamment collaboré à l’émergence d’un laboratoire franco-indien de physique du laser, "mais pour une basse question de crédits, le projet n’a finalement pas abouti." Loin de perdre espoir, il repart à la charge et monte actuellement une opération similaire dans le cadre d’une coopération franco-espagnole.

Le Nobel, c’est aussi "une béquille pour la dignité humaine", témoigne le Chinois Gao Xingjian, Nobel de littérature en 2000. Pour preuve, certains mathématiciens qui, du temps de l’ex-Union soviétique, ont été libérés ou mieux traités à la demande de plusieurs Nobel scientifiques. "Je pense qu’on peut agir, même a plus petite échelle, insiste Claude Cohen-Tannoudji. Par exemple, je fais partie d’une organisation qui crée des bourses de recherche destinées à des équipes scientifiques composées à la fois d’Israéliens et de Palestiniens." Un bon moyen, d’après lui, de favoriser la paix. Et d’ajouter satisfait : "Nous avons reçu plus de 70 demandes !"

 



Exposition Alfred Nobel, au service de l'innovation, jusqu'au 11 janvier au Palais de la découverte (Paris).

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