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Le saumon fait son come-back en Seine

  • Posté le : Lundi 7 Septembre 2009
  • |
  • par : A. Joseph

Disparu depuis près d'un siècle des eaux de la capitale, le saumon a recolonisé la Seine sans réintroduction...

Jeune saumon atlantiqueJeune saumon atlantique.
© Jacques Dumas / INRA

La rumeur fut lancée dans les années 2000, avec la multiplication de pêches miraculeuses. Dans l’estuaire de la Seine, un amateur trouvait au bout de sa ligne un saumon de 1,8 kg. Plus récemment, un autre spécimen était capturé aux portes de Paris, au barrage de Suresnes, il faisait 7 kg ! Le retour du saumon n’était déjà plus un mythe. Mais ce n’est qu’en 2008, grâce au vidéo-comptage installé dans la passe à poisson du barrage de Poses, situé en amont de Rouen, que l’information a pu être chiffrée : tout au long de l’année, 260 saumons ont été observés dans la Seine.

La nouvelle confirmait la viabilité du fleuve, ce qui n’était plus le cas depuis les années vingt. Par le passé, la piètre qualité de son bassin ne faisait pas exception : les bassins du Rhin, de la Garonne et de la Dordogne ont également connus la disparition du saumon. Mais c’est certainement la Seine qui a subi les plus fortes pollutions dans les années soixante et soixante-dix. La faible teneur en oxygène réduisait alors quasiment à néant la possibilité de survie. Puis, à partir des années quatre-vingt-dix, le traitement des effluents a conduit à une meilleure qualité de l’eau, qui se traduit aujourd’hui par le retour de nombreuses espèces migratrices.

Transport fluvial - Seine - ParisLa Seine à Paris.
© Christophe Maître / INRA
D’après l’Institut national de recherche agronomique (INRA), aucun poisson d’élevage n’a été déversé dans la Seine depuis 1895. Alors, d’où viennent ces saumons ? Au cours de l'été 2009, une étude pilotée par l’INRA a répondu à la question. Les chercheurs ont analysé différentes caractéristiques de sept saumons péchés en Seine.

Ils ont tout d’abord déterminé leur âge à partir des annuli, ces arcs de cercles dessinés sur les écailles des poissons. Les annuli marquent la croissance de l’écaille : en hiver, la croissance étant réduite, ils se resserrent. En observant les écailles, les biologistes ont ainsi pu compter le nombre d’hivers vécus par le poisson. Et même, préciser les années passées en eau douce et celles passées en eau salée ! En effet, les saumons naissent en eau douce, dans une rivière, puis s’en vont en mer où ils se nourrissent mieux. Or les annuli grandissent plus vite en eau salée qu’en eau douce, d’où la possibilité de distinguer les deux périodes. Résultat : tous les saumons étaient restés entre un et deux ans dans leur rivière natale ; quatre avaient séjourné un an et demi en mer, deux avaient passé deux ans en mer et un seul revenait de trois années en mer. Leur retour en eau douce, dans la Seine, n’avait qu’un but : la reproduction.

Généralement, suivant un comportement appelé "homing", les poissons ne vont pas frayer n’importe où : ils retournent dans leurs eaux natales, quitte à faire des kilomètres en plus. Mais l’analyse génétique des sept poissons a mis en évidence une diversité des origines. Certains individus provenaient de rivières normandes, d’autres de l’Allier ou même de rivières étrangères… Conclusion ? Ces résultats ont permis de confirmer le caractère aléatoire du homing, déjà pressenti par des études antérieures de l’INRA.

Pour savoir si le retour naturel du saumon dans la Seine est durable, les chercheurs espèrent lancer un autre programme de recherche. Ils tenteront de trouver des preuves de reproduction, condition sine qua non à une recolonisation pérenne.

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