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"Places", un projet européen au service de la culture scientifique

  • Posté le : Lundi 21 Février 2011
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  • par : L. Salters

Des centaines d'acteurs du monde des sciences de 28 pays sont appelés à travailler ensemble durant quatre ans pour encourager des initiatives au niveau local. L'objectif ? Etablir des recommandations et créer un "label" de la ville scientifique.

actu places

"Quelle définition donner à la culture scientifique ? Selon les pays, la réponse peut être très différente. Il nous faut trouver une définition collective", explique Antonio Gomes da Costa. Ancien chercheur basé au Portugal et reconverti dans la communication scientifique, il est l’une des chevilles ouvrières du projet européen "Places". Effectuant constamment la navette entre Lisbonne et Bruxelles, l’homme ne manque pas d’ambition pour mener à bien cette initiative dans laquelle sont impliqués des dizaines d’acteurs de la culture scientifique et technique. "Trop souvent, les sciences et les techniques sont mises de côté, continue t-il. Avec "Places", nous voulons remédier à cela."
L’acte de naissance de "Places" remonte à 2008. La Commission Européenne lance alors un appel à projet pour aider le monde de  la culture scientifique à mieux coopérer. Très vite, trois réseaux s’assemblent pour répondre à l’appel : Ecsite (Réseau européen de centres et musées de sciences), Uesca (Agence européenne d’événementiels à caractère scientifique) et Errin (Réseau régional européen de la recherche et de l’innovation). Le Conseil Général de l’Essonne, partie prenante au sein du réseau Ecsite, s’investit dans le projet.

"A termes, l’une des finalités sera peut-être de créer une sorte de label européen de « ville de la culture scientifique", résume Antonio Gomes da Costa. Outre la définition de ce concept, le projet a d’autres visées. Il est question de créer une plate-forme de coopération. L’intérêt de cet outil est de mutualiser les énergies et les idées autour de la communication scientifique. Par ailleurs, à travers "Places", ce sont des centaines d’acteurs de la culture scientifique qui doivent pouvoir se rencontrer afin de structurer leur collaboration sur le long terme. "Pour nous, l’idée c’est d’engager ensemble les autorités locales et les acteurs de la communication scientifique. Par exemple, faire en sorte qu’un musée local interagisse avec la mairie de la ville, ajoute Antonio Gomes. Et puis il y a la dimension "Bottom up" (en anglais, du bas vers le haut- ndlr). Faire participer les citoyens et faire remonter leurs idées dans les décisions des élus."

Ateliers de travail

Même si le projet est déjà lancé depuis quelques mois, quand produira-t-il des résultats concrets ? "A partir du mois de septembre", répond Magdalena Koch, chargée de mission "Places" au sein du Conseil Général de l’Essonne. "Nous organiserons à cette date un symposium autour des politiques de culture scientifique. Il y aura des élus locaux, des acteurs de la culture scientifique de toute l’Europe. L’idée est de mesurer l’impact sur le territoire des politiques de culture scientifique, explique Magdalena Koch. Des recommandations doivent sortir du symposium pour orienter les élus dans leurs actions." Autre initiative mise en place, l’organisation d’ateliers de travail avec des élus, des administratifs et des scientifiques, afin de mieux identifier les difficultés à collaborer rencontrées par les différents acteurs et apporter des solutions à ces problèmes. 

L’un des aspects séduisants du projet réside à la fois dans son aspect international, avec sa dimension européenne, et sa dimension locale. Antonio Gomes da Costa décrit avec enthousiasme les perspectives auxquelles "Places" pourrait donner lieu : "On pourrait par exemple mettre sur pied une plate-forme internet qui mettrait en contact des villes européennes ayant des projets similaires en termes de communication scientifique."
A termes, les initiateurs de "Places" espèrent ainsi créer un véritable maillage européen des acteurs de la culture scientifique. C’est, d’une certaine manière, donner l’occasion à chacun de multiplier les possibilités de collaboration. Ou bien simplement d’aller voir ailleurs pour ramener une bonne idée... Une manière, comme le précise Magalena Koch, "d’améliorer le dialogue entre les différents partenaires et de fluidifier la mise en place des politiques territoriales."