logo Essonne

Quand art et science discutent ensemble

Après trois mois d'expositions, débats, ateliers pédagogiques, l'opération La Science de l'art s'est terminée jeudi 25 juin à Orsay. Bilan des participants : une expérience très enrichissante et des idées pour améliorer la rencontre entre artistes et scientifiques.

affiche © Artel91

J’ai été très écouté”. “Ce que j’ai surtout apprécié, c’est l’écouté"... C'est avant tout une histoire humaine que rapportent artistes et scientifiques lors de cette journée de clôture, le jeudi 25 juin 2009. Ils sont venus témoigner, échanger et réfléchir au projet qu’ils ont présenté ensemble à la troisième édition de La Science de l’art. En 2007, ce rendez-vous essonnien était consacré à L’art contemporain au risque du clonage, en 2008 au Bug. Cette année, le projet, intitulé De l’art : évolution, a cherché à provoquer des rencontres entre artistes et scientifiques. Et ce, dès la naissance d’un projet artistique ou au cours de sa conception.

La collaboration entre scientifiques et artistes a abouti à des expositions publiques dans sept villes d’Essonne. Parfois la rencontre n’a rien donné, par manque de disponibilité des chercheurs ou parce que le dialogue était difficile à installer. Mais, le plus souvent, l’artiste a trouvé une source d’inspiration, des explications et des outils pour réaliser son œuvre. Le scientifique, lui, est reparti avec des pistes de réflexion et une curiosité en effervescence.

Portrait caché - Christian LefevreCarte postale réalisée afin de témoigner de la 3e édition de la Science de l’art. Ici l’artiste Christian Lefevre.

© Ernesto TimorLa journée de clôture était l’occasion de raconter ces expériences et d’en dresser un bilan. Chacun a pu faire part de ses ressentis, comme l’artiste du collectif Scenocosme, Gregory Lasserre, qui avait pour binôme un généticien, Alain Charcosset : "On a appris énormément sur la génétique, le maïs, etc. Avant la rencontre avec Alain, j’abordais plutôt la science du côté technologique." Alain, quant à lui, apprécie le message de l’exposition, à la fois poétique et contemporain, qui consistait à écrire sur des épis de maïs.

Le généticien souligne combien "ces projets pourraient aider à repositionner la science dans la culture contemporaine. (…) C’est important de voir que notre travail scientifique peut passer dans une construction culturelle." L’artiste Christian Lefevre va plus loin. Il estime que ces projets ont un rôle social potentiellement plus large : "La confrontation de ces deux types de cultures est un intérêt pour le débat démocratique."

L’aventure était surtout une source de réflexions pour chacun. "Ce projet m’a aidé dans mon rôle de professeur, en m’apportant une méthode de vulgarisation", explique Jean-Marc Frigerio, enseignant et chercheur en physique à l’Institut des NanoSciences de Paris. Ce spécialiste des couleurs d’œuvres picturales a travaillé avec l’artiste Sarah Garzoni pour retrouver la couleur la plus proche du bleu d’Yves Klein (IKB). Pour ce chercheur, le regard de l’artiste a été une inspiration dans sa démarche scientifique : "Cela m’a donné l’idée d’étudier les couleurs des écrans, car les œuvres numériques doivent pouvoir être conservées et restaurées elles aussi."

Provoquer des mutations dans une phrase comme s’il s’agissait d’une molécule d’ADN, concevoir un costume captant le rythme de la marche, un "microscope sensoriel",... les œuvres exposées sont les preuves que les rencontres ont été fructueuses. Et les artistes en redemandent. Natacha Roussel, auteur du costume à capteurs, serait "tout à fait partante pour refaire ce type de projet de façon plus immersive."
Pourquoi pas une résidence d’artiste au sein d’un laboratoire de recherche ? Les scientifiques ne disent pas non !

Free download porn in high qualityRGPorn.com - Free Porn Downloads