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"Shootez" les pigeons

  • Posté le : Lundi 4 Mai 2009
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  • par : A. Joseph

L'université Paris-Sud se lance dans la science participative : elle invite cette année les citadins à photographier les pigeons de leur ville. Cette opération de "shooting" vise à mieux comprendre notre rapport au volatile.

Pigeons dans les rues de ParisPigeons dans les rues de Paris
© Mairie de Paris

Leurs déjections encombrent les rebords de fenêtres. Leur insistance à reluquer le sandwich que l’on mange tranquillement sur un banc public nous exacerbe. Décidément, les pigeons ne sont pas les phénix de nos villes…

La multiplication des plaintes a même poussé les collectivités à éliminer les pigeons jugés en surnombre. Mais cette pratique demeure controversée : quelle est réellement son efficacité à court et moyen terme ? Seule alternative pour l’heure, la mise en place de pigeonniers dans lesquels ils se regroupent, ce qui évite une dispersion anarchique et peu sanitaire dans la ville. Mais, là aussi, le manque de données ne permet pas de trancher sur la pertinence de cette option.

Face aux incertitudes, les chercheurs de six laboratoires de recherches ont lancé en 2006 une étude globale sur le pigeon en ville, avec le soutien de trois associations. Objectif ? Mettre au point une méthode de gestion durable de l’animal en contexte urbain. "Plus généralement, cette étude nous permet de comprendre la nature dans la ville et le rapport qu’on a avec elle," souligne Anne-Caroline Prévot-Juillard, enseignant-chercheur du laboratoire Écologie, systématique et évolution de l’université Paris-Sud et coordinatrice du programme.

Trois ans plus tard, l’étude se poursuit avec cette fois la participation des citadins. En demandant aux Franciliens de prendre en photo des pigeons croisés au hasard, les chercheurs souhaitent constituer une base de données nécessaire à l’échantillonnage de toute la région. L’enquête vise en particulier à comprendre comment les différentes colorations de pigeons se répartissent en région parisienne. En effet, le plumage est un indicateur précieux : il informe sur la prédation qui avantage les colorations cryptiques, sur les conditions climatiques qui peuvent favoriser des colorations plus ou moins sombres, mais surtout, il reflète l’état de santé de l’oiseau.

Différents plumages de pigeonsLe plumage des pigeons est un indicateur précieux, notamment de l'état de santé des animaux. L'étude va permettre de cartographier la région parisienne.
© Université de Paris-Sud

Pour le Francilien intéressé, la participation au projet est aisée : il suffit d’un clic d’appareil photo et d'un clic de souris d’ordinateur. En effet, le formulaire est téléchargeable en ligne. Il pourra ainsi envoyer sa photo et les réponses aux trois questions (lieu, date et heure de la photo) via Internet. Escargot Cepaea nemoralisDeux escargots de l'espèce Cepaea nemoralis, aussi appelés escargots des bois.
© Andrew Dunn / Wikipedia Commons
Cette méthode a déjà été employée dans le cadre de la première expérience de science participative en France : l’observatoire des papillons des jardins. Initié conjointement par le Muséum national d’Histoire naturelle et l’association Noé Conservation, cet observatoire “grand public” est composé de 3 500 observateurs. Un succès qui a incité le Muséum a s’engager dans un autre projet similaire : Evolution Megalab.

Cette fois, le projet nous vient de l’Open university (université ouverte de Grande-Bretagne) et vise l’échelon européen ! Evolution Megalab tente de comprendre l’influence des facteurs environnementaux sur la sélection de caractères morphologiques. L’étude porte sur deux espèces d’escargots communs : Cepaea nemoralis et Cepaea hortensis. Adaptation, évolution, sélection naturelle,… autant de processus qui seront étudiés en long et en large grâce à ce projet lancé fort à propos début 2009, année consacrée à Darwin.

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