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Un "profileur de sédiment" à l’embouchure du Rhône

  • Posté le : Lundi 8 Décembre 2008
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  • par : A. Joseph

Courant 2009, les sédiments du Rhône seront "profilés" en temps réel par le Laboratoire des sciences du climat et l'environnement (LSCE) de Gif-sur-Yvette. In fine, cette étude permettra de mieux comprendre le cycle du carbone à l’embouchure des fleuves.

Station benthique en cours de déploiementStation benthique en cours de déploiement lors d'essai en Méditerranée.
© LSCE Rabouille-Bombled

Les centaines d’estivants qui pataugent chaque année dans la Méditerranée à l’embouchure du Rhône n’ont probablement pas idée de ce qui se déroule autour d’eux. Les milliers de tonnes de particules charriées par le fleuve se déversent précisément à cet endroit, dans l’indifférence des baigneurs… mais pas celle des bactéries, friandes de la matière organique qui se trouve, ici, en libre service !

Les particules de matière organique qui arrivent en masse avec l’eau du Rhône proviennent de mousses, d’algues, de plantes aquatiques ou de litières de forêts lessivées par les eaux de pluies qui s’écoulent ensuite vers les rivières. Une fois plongées dans les eaux salées de la mer, les particules ont trois options : se déposer sur place et être enfouies dans les sédiments ; être emportées par de forts courants, loin de l’embouchure du fleuve ; être "digérées" par les bactéries. C’est justement cette réaction de transformation que compte observer l’équipe interface Océan-continent du Laboratoire des sciences du climat et l'environnement (LSCE). L’objectif est de mieux comprendre le cycle du carbone : si la particule est transformée par les bactéries, le carbone qu’elle contient est en partie rejeté vers la mer. Le carbone pourra alors réintégrer l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone (Co2).

"Nous avons déjà réalisé des campagnes de mesure sur des bateaux, mais nous n’avons pas de suivi à long terme du devenir de la matière organique sur une longue période," explique Christophe Rabouille, chercheur au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et responsable de l’équipe Océan-continent. Or, selon les saisons ou les évènements climatiques, la quantité de matière organique qui arrive n’est pas la même. Par exemple, elle est plus importante en hiver à cause des fortes pluies. "Ce que nous aimerions pouvoir suivre en détail, ce sont les jours de crues. Pendant une crue, le conduit fluvial subit un ramonage, un peu comme une chasse d’eau. On voit parfois débarquer en quelques jours 80 % des particules qui arrivent annuellement ! Imaginez que sous une profondeur de 20 à 40 mètres d’eau, cela représente 1 mètre de sédiments supplémentaires d’un seul coup alors qu’il s’accumule généralement environ 1 cm par an."

Il est donc essentiel de disposer d’un équipement sur place qui puisse enregistrer l’activité bactérienne à tout moment. Pour ce faire, les scientifiques sont en train de développer un instrument avec deux entreprises essonniennes (Nereides et CTM Laser) et la division technique de l’Institut national des sciences de l'Univers (INSU). Ce travail est subventionné par l’Action de soutien à la technologie et à la recherche en Essonne (Astre), qui vise à soutenir des projets de recherche et de diffusion technologiques vers des entreprises essonniennes. L’appareil mesurera le taux d’oxygène, car c’est un bon indicateur de l’activité bactérienne. Il sera immergé à l’embouchure du Rhône dont le flux est le plus important du bassin méditerranéen, "c’est donc le plus grand fleuve de Méditerranée," précise fièrement Christophe Rabouille.

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