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Vers un GIEC de la biodiversité

  • Posté le : Lundi 9 Février 2009
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  • par : A. Joseph

Le climat a son groupe de recherche, le GIEC, créé en 1988. La biodiversité commence à réunir autour d’elle des experts qui souhaiteraient faire émerger un consortium similaire. Dans un dossier de SagaScience, le CNRS fait justement le point avec une quarantaine d’écologues.

Forêt d'altitude au volcan Turrialba, Costa RicaForêt d'altitude au volcan Turrialba, situé dans la réserve forestière de la cordillère centrale, au Costa Rica.
© 2007 Bruno Locatelli

"Au cours du XXe siècle, la biodiversité a été amputée de 270 espèces de plantes (sur 270 000 répertoriées), 150 espèces de poissons (sur 24 000), 40 espèces d’oiseaux (sur 9 500), …. Ces valeurs sont 50 à 560 fois supérieures au taux d’extinction attendu pour une biodiversité stable". De là à parler de 6e extinction des espèces, il y a un pas que Robert Barbault ne compte pas franchir. Directeur du département Écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d’Histoire naturelle, il rappelle qu’une extinction se déroule sur des millions d’années, loin des échelles sur lesquelles on se situe actuellement. "L’idée d’une 6e extinction des espèces provient d’un courant américain que les paléontologues et la plupart des écologistes français ne suivent pas", informe le spécialiste qui a participé à la rédaction du dossier biodiversité  que Sagascience vient de mettre en ligne.

Le fait de ne pas céder au catastrophisme n’enlève rien à l’importance du sujet. Faut-il encore le rappeler ? La biodiversité permet d’absorber une partie du CO2 dont on cherche justement à se débarrasser. Elle assure aussi, via divers organismes, la stabilité et la fertilité du sol, tout en recyclant sa matière organique … Les services rendus par la biodiversité ne se comptent plus, sans que l’on sache pour autant les évaluer financièrement. "Les études sur les économies faites grâce aux services rendus par la biodiversité sont discutables et discutées", souligne Xavier Le Roux, directeur du laboratoire d’écologie microbienne de Lyon-Villeurbanne. Il n’empêche, ces études ont permis de soulever un loup dont il faut maintenant se préoccuper !

Buttes précolombienne - Savane Grand MacouaTraces des cultures sur buttes mises au point par les Précolombiens. Photo prise à la saison sèche dans la savane Grand Macoua (Guyane).    
© Doyle McKey
En 2009, maintenir la biodiversité grâce à des zones protégées n’est plus en vogue. "Ces espaces appelés des hot spots sont bien trop petits pour accomplir les services écologiques réalisés par la biodiversité", estime Doyle Mckey. D’après ce professeur d’écologie évolutive à Montpellier 2, c’est dans les aires agricoles qu’il faut désormais sauvegarder la biodiversité. Dans cette optique, "trouvons des agricultures respectueuses de l’environnement mais qui ont un bon rendement, une durabilité, et peuvent devenir intensives". Et de citer des agricultures "fossiles" utilisées par nos aïeux, notamment les cultures sur buttes mises au point pas les Précolombiens dans la savane guyanaise. Huit cents ans plus tard, ces aménagements existent toujours car les organismes vivants les utilisent, preuve qu’ils sont en adéquation avec leur environnement et durables.

Pour réfléchir collectivement et de manière globale à ces solutions, approfondir les études sur la biodiversité, mais également lui accorder toute l’importance qu’elle mérite, on parle aujourd’hui de mettre sur pied un "GIEC de la biodiversité". En attendant, une fondation scientifique pour la biodiversité a été créée l’année dernière par le ministère de l’Écologie et de la Recherche. Sur Sagascience, le dossier biodiversité évoluera avec l’actualité.

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