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Vigi'Fall : plus douce sera la chute

  • Posté le : Lundi 27 Décembre 2010
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  • par : L. Salters

Une entreprise essonnienne perfectionne un système de détection pour les personnes âgées. En cas de chute, le dispositif réagit et prévient automatiquement les secours.

Vigi’Fall pour les personnes âgéesOn estime que 10 000 personnes de plus de 65 ans meurent chaque année des suites d’une chute. 
© Tatiana Mattelart / LookatSciences

Imaginons la scène. Madame Milou vient de fêter ses 85 ans. Ses petits enfants sont partis. Elle se retrouve seule dans son appartement d’Evry qu’elle n’a pas voulu quitter pour une maison de retraite. En se dirigeant vers sa chambre, elle fait un détour par la cuisine. Sur son parcours, une chaise est mal placée, elle se prend les pieds dedans, elle tombe, se fait mal. Surtout, elle n’arrive pas à se relever. Dans les minutes qui suivent, les secours sont là et prennent la situation en main. Son fils arrive sur les lieux en même temps qu’eux.
Des situations comme celles-ci sont maintenant assez banales. On estime que près de 10 000 personnes âgées de plus de 65 ans meurent chaque année en France des suites d’une chute. C’est l’accident domestique de la vie courante le plus répandu sur les 13 000 décès recensés dans cette tranche d’âge par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé.
Avec une espérance de vie qui ne cesse de s’allonger, et la question de la dépendance des personnes âgées, se pose la problématique de la sécurité au quotidien pour cette population. Comment faire pour venir en aide à une personne qui, à la suite d'une chute, n’est pas en mesure de prévenir son entourage ? C’est pour répondre à cette question que l’entreprise essonnienne Vigilio à mis au point un dispositif original. “C’est un système qui s’adapte aux séquences de vie de chaque personne, explique Jean-Eric Lundy, médecin urgentiste à l’hôpital Cochin et fondateur de Vigilio. L’idée est de croiser les informations”.

Le patch

Baptisé Vigi’Fall (du verbe anglais “to fall”, tomber), le dispositif est multidimensionnel : il croise plusieurs types de données via un patch, collé sur le côté du torse, des capteurs et une unité centrale, dit autrement, un ordinateur. “L’originalité du dispositif, c’est le patch”, explique Jean-Eric Lundy. C’est lui qui permet ensuite avec les capteurs infrarouges placés dans plusieurs pièces de l’habitat, de sécuriser l’individu dans ses déplacements. Un ordinateur calcule alors en temps réel les coordonnées de la personne, qu’elle soit en mouvement ou bien à l’arrêt.
La force du dispositif, c’est son aptitude à déclencher une alerte de manière automatique en cas de chute. Il est capable par exemple de faire la distinction entre une personne allongée, qui se repose, et une personne allongée, qui vient de tomber.
La chute est déterminée par des principes d’accélérométrie, explique Jean-Eric Lundy. Le système opère le distinguo entre des situations de vie banales et un accident. Par exemple, une station au sol après un mouvement brusque nous indique qu’il y a un problème”.
Des dispositifs avec des bracelets existent déjà, mais l’avantage du patch est également sa précision dans le calcul du rythme cardiaque. Une donnée supplémentaire essentielle, car après une chute “on peut constater une modification  de la fréquence cardiaque”, ajoute Jean-Eric Lundy. Cette information permet à l’ordinateur d’être encore plus précis dans son appréciation d’une situation. Pour l’heure, le Vigi’Fall est quasiment finalisé et une nouvelle série de  tests va être réalisée avec le soutien du Conseil général de l'Essonne sur deux cent personnes âgées isolées à risque de chute, et cela, avant la commercialisation prévue au printemps prochain.