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Depuis les origines, l’Homme “fait son cinéma”

Et si le cinéma existait depuis l’âge préhistorique ? Voici une théorie bien surprenante, défendue par le préhistorien Marc Azéma dans son livre intitulé La préhistoire du cinéma. L’envie de représenter la vie en image trotterait dans l’esprit humain depuis la nuit des temps. Et nos lointains ancêtres s’y seraient déjà employés avec brio dans la pénombre de leurs grottes.

peintures grotte chauvet-Immobiles mais... animés !
© Ministère de la Culture, Drac Rhône-Alpes

L’homme des cavernes possédait déjà ses propres salles de cinéma. Les films d’animation l’Age de glace, qui relatent les aventures d’un groupe d’animaux au temps des glaciations, seraient l’aboutissement d’un processus entamé il y a des dizaines de milliers d’années dans des grottes ! Nos aïeux s’offraient déjà des « projections », dans l’obscurité de leurs refuges.
En témoignent les peintures de la grotte Chauvet en Ardèche, parmi les plus anciennes de l’humanité. C’est sur les parois de Chauvet qu’aurait été inventé, il y a 32 000 ans, l’ancêtre du cinéma et le premier média graphique de l’humanité.

Pour le préhistorien, la plupart des concepts liés à l’expression graphique ont été déclenchés très tôt dans l’histoire de l’humanité.Le concept de cinéma est Paleolithique thaumatropeLes premiers dessins animés.
© Passé Simple
dans le cerveau humain depuis le début. C’est simplement un déficit technologique qui a empêché de le rendre concret”, affirme Marc Azéma. C’est donc avec l’émergence de la photographie au 19e siècle et de son support, la pellicule, qu’a pu naître dans la foulée, le cinéma sous la forme que nous connaissons aujourd’hui.

Des techniques déjà très élaborées

Les acteurs principaux de ces “cinémas préhistoriques” sont les animaux. Loin d’être statiques et figés, ils donnent au contraire le sentiment d’être en mouvement. Nos prédécesseurs ne se sont pas contentés de représenter des thèmes. Ils ont voulu aller plus loin et ont essayé de reproduire des comportements. Dans le cadre d’espaces sombres, le jeu des flammes vacillantes des torches a sans doute contribué à animer ces images naturalistes. “Les artistes préhistoriques avaient mis en scène les représentations d’animaux en utilisant les reliefs de la paroi et en tenant compte de l’incidence des éclairages artificiels”, explique Marc Azéma. Comportements et mouvements des animaux pouvaient s’associer entre eux et constituer des séquences.
Certains dessinateurs plus doués que d’autres ont même pressenti la décomposition du mouvement, poursuit Marc Azéma. Ils ont essayé de dilater le temps pour créer une illusion de mouvements en superposant et juxtaposant des images similaires successives. Comme des bisons à huit pattes ou des chevreuils à six pattes, retrouvés dans la grotte Chauvet”. C’est en quelque sorte le début des dessins animés !
 

Les dessins animés de l’âge de pierre

peintures grotte chauvet-Immobiles mais... animés !
© Ministère de la Culture, Drac Rhône-Alpes

Ces studios de cinéma préhistoriques ont accouché d’autres trouvailles. Parmi elles, une technologie inventée il y a 15 000 ans et que l’on croyait jusque-là conçue en 1825 : le thaumatrope. Cet outil tout simple est capable de générer dans le cerveau la sensation du mouvement. Il est composé d’un disque découpé dans de l’os. Il est perforé en son centre pour pouvoir le faire pivoter très vite d’une face à l’autre. Sur chacune de ses faces est gravé un chamois, représenté dans deux positions différentes : assise et couchée. Ces deux images se superposent sur notre rétine au moment de la mise en rotation du disque, ce qui donne naissance à une image mentale dynamique : le chamois se lève et se couche dans un mouvement qui semble continu.

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