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James Cook : le cartographe du Pacifique

A partir de 1768, le grand navigateur anglais James Cook, est le premier à explorer le Pacifique de façon systématique. Trois voyages épiques qui lui permettent de compléter la carte du monde.

Peinture de l'expédition de CookSur cette peinture datant de 1776, on perçoit dans le fond deux bateaux. Ce sont les navires de la seconde expédition de Cook, à Tahiti.
© Wikimedia Commons

Les voiles du HMB Endeavour (en anglais Endeavour signifie effort) sont gonflées par le vent marin du port de Plymouth, au milieu des cris de mouettes. La marée n’attend pas, c’est l’heure : le lieutenant James Cook donne le départ d’un voyage périlleux et merveilleux autour du monde. Nous sommes le 26 août 1768, l’expédition quitte l’Angleterre, direction Tahiti, une île du Pacifique Sud découverte il y a moins d’un an. Pour rallier ce point du globe, il faut traverser l’Atlantique, franchir la pointe de l'Amérique du Sud puis naviguer dans l’Océan Pacifique. Mais à cette époque les cartes de cet océan sont peu précises.

James CookExplorateur, c’est surtout sa capacité à s’orienter et à baliser le Pacifique qui vont assurer la place de James Cook dans l’histoire.
© Wikimedia Commons

Une polémique fait même rage parmi les scientifiques : pour certains, il y aurait un gigantesque continent dans cet océan : la Terra Australis Incognita. C’est en effet l’une des théories qui est en vogue : celle d’un équilibre entre les continents sur la planète. Ainsi les grandes masse de terres dans l’hémisphère nord devaient selon cette idée avoir un contrepoids dans l’hémisphère sud.

Même aujourd’hui, cette mission, est souvent comparée à l’exploration spatiale moderne. Le navire de James Cook embarque 94 personnes pour un voyage de huit mois - le temps nécessaire pour atteindre Mars aujourd’hui ! A part de brèves escales, ces hommes seront complètement isolés. Ils n’auront aucun moyen de contacter leur “base”. Le naturaliste du bord, Joseph Banks, écrit dans son journal :"Nous quittons l’Europe, pour Dieu sait combien de temps, peut être pour toujours."


Une mission scientifique


L’expédition de Cook n’est pas simplement un voyage de découverte. C’est aussi une aventure scientifique. L’équipage doit d’abord construire un observatoire astronomique à Tahiti pour observer le passage de Vénus devant le soleil. Un événement exceptionnel qui n’a lieu qu’une fois par siècle. Les mesures alors prises seront rapportées en Angleterre et aideront les scientifiques à déterminer la taille du système solaire.

Les chiffres du HMS Challenger

- 3,5 années (1872 – 1876) d’expédition
- 5 500 mètres, c’est la profondeur maximale de récolte d’animaux
- 362 stations d’échantillonnage
- 13 000 échantillons collectés
- 1 500 nouvelles espèces décrites
- 60 000 miles nautiques parcourus, soit 130 000 kilomètres.
- 50 volumes de résultats publiés soit 29 552 pages
- 1895 : date de parution du dernier volume, soit 19 ans après le retour du bateau

Autre objectif de la mission : vaincre le scorbut. A l’époque, ce terrible fléau sévit dans les bateaux sur toutes les mers du globe. Il s’agit d’une carence en vitamine C qui provoque saignements, déprimes, pourrissement des gencives et au final, la mort... Sans Vitamine C, le corps tient six semaines. Cook et son équipage vont servir de test grandeur nature en emmenant des aliments supposés les protéger de cette maladie. Durant le voyage, Cook maintient une discipline de fer sur son navire. Le sauerkraut, du choux fermenté, se révèle précieux entre les ports. Mais à chaque étape, l’équipage est encouragé à manger des fruits et légumes frais de toutes sortes. Seuls cinq hommes mourront pendant le trajet aller, un vrai record pour l’époque.

Tahiti tient ses promesses : l’île est un des joyaux du Pacifique. Les journaux de Cook et Banks montrent que pendant les deux mois sur Tahiti, l’équipage et les indigènes ont beaucoup fraternisé. Malgré quelques incidents dus à des vols. Cette étape réconforte des hommes éprouvés par la longue traversée. La construction de l’observatoire pour scruter Vénus est un succès. Charles Green, l’astronome de l’expédition effectue ses observations malgré “l’effet de la goutte noire”, une tâche qui grossit légèrement les contours de Vénus et altère les mesures. Dans les faits, les scientifiques n’arriveront pas à évaluer la taille du système solaire avant le 19ème siècle.

Observation du transit de VénusLe fameux transit de Vénus documenté par l’équipe de James Cook après la construction de l’observatoire lors de la première expédition.
© DR
Alors que l’équipage prépare le départ pour le voyage de retour, Cook ouvre ses ordres secrets. Véritable mission dans la mission, ceux-ci ne pouvaient être descellés et lus qu’au moment de quitter Tahiti. Le capitaine Cook l’annonce à ses hommes : l’aventure ne fait que commencer ! L’amirauté ordonne d’explorer le Pacifique à la recherche de la fameuse Terra Australis Incognita. Et si celle-ci existe, de revendiquer sa découverte pour la Couronne Britannique !


Botany Bay


Pendant près d’un an, le bateau sillonne le Pacifique. Plus qu’un grand marin, James Cook était surtout un extraordinaire cartographe. Il gagne ses lettres de noblesses en explorant cet océan inconnu. Il trace la carte de la Nouvelle Zélande, découvre les côtes de l’Australie, prouve que l’île de Tasmanie ne lui est pas reliée... Il baptise de nombreux sites, notamment la célèbre Botany Bay, proche de l’actuelle Sydney. Mais aucune trace du mystérieux continent ! Comme Cook le supposait, cette terre légendaire n'existe pas.

Après trois ans de voyage et un tour du monde complet, James Cook ramène le HMB Endeavour à bon port en contournant la pointe sud de l'Afrique et en traversant à nouveau l’Atlantique. Il rapporte avec lui des cartes détaillées du Pacifique Sud, des centaines de croquis de nouvelles espèces, les récits de rencontres avec les tribus indigènes des îles. Et bien sûr les relevés de Vénus. Le lieutenant Cook deviendra plus tard capitaine et repartira deux fois dans le Pacifique, en 1772 et 1776. Il ne survivra pas à son dernier voyage. Il mourra dans une escarmouche avec des indigènes hostiles sur l’île d’Hawaï, frappé à la tête, puis poignardé. Il laisse un héritage monumental : avant lui, le Pacifique était un territoire peu connu et quasiment pas cartographié.

"C’était un garçon de ferme du Yorkshire qui a tracé la carte du monde moderne."

Tony Horwitz, journaliste spécialiste de James Cook.

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