logo Essonne

Marie Curie, l’amoureuse aux deux prix Nobel

Déterminée, ambitieuse et passionnée, la chercheuse est l’une des plus grandes figures féminines de l’histoire des sciences.

histoire-curie1Pierre et Marie, dans leur laboratoire

© Musée Curie (Collection ACJC)

2011, année Marie Curie. Et pour cause, il y a cent ans, la chercheuse était récompensée d’un... second prix Nobel. Une distinction qui venait couronner le travail d’une femme. Qui soulignait aussi son acharnement à aller au bout de tout ce qu’elle entreprenait. « Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre », aimait-elle à répéter.
Maria Salomea Skłodowska est polonaise. Elle voit le jour à Varsovie en novembre 1867. Son père est professeur de mathématiques et de physique, sa mère est institutrice. Le premier évènement marquant de sa vie : le décès de sa mère et de sa sœur, Sofia. Son refuge : les études, où elle excelle. C’est pour cette raison qu’elle se rend à Paris en 1891, pour entrer à la Sorbonne.
Ici a lieu le deuxième évènement qui marquera à jamais son existence : sa rencontre avec Pierre Curie. Chimiste et enseignant à l’École de physique et de chimie industrielle de Paris, il lui écrit : " Comme il serait beau de passer la vie l’un près de l’autre, hypnotisés dans nos rêves : votre rêve patriotique, notre rêve humanitaire et notre rêve scientifique".

L’histoire de Marie devient "leur" histoire. Jusqu’à la mort de Pierre, ils partageront tout: la vie et la recherche. Une histoire d’amour et une histoire de sciences.
Ils se marient. Soutenue par son époux qui partage sa passion, Marie sort “majore” de l’agrégation de physique. En 1897, quand naît Irène, leur première fille, le physicien Henri Becquerel vient de découvrir le rayonnement naturel de l’uranium. Un sujet de thèse parfait pour Marie.
histoire curie2Les travaux de Marie Curie feront très vite parler d’elle.
© Musée Curie (Collection ACJC)
En utilisant les techniques mises au point par Pierre, elle étudie les rayonnements d’un minerai riche en uranium, la pechblende. Objectif, y trouver l’origine de ce phénomène physique naturel au cours duquel des noyaux atomiques instables se désintègrent, en dégageant de l'énergie sous forme de rayonnements divers, pour se transmuter en des noyaux atomiques plus stables. La notion de radioactivité apparaît.
Le couple Curie consacre une grande partie de son temps à travailler dans un petit hangar peu chauffé et transformé en laboratoire de fortune. Le lieu devient leur antre. Le chimiste allemand Wilhelm Ostwald qui les connaît bien explique : "Ce laboratoire tenait à la fois de l’étable et du hangar à pommes de terre. Si je n’y avais pas vu des appareils de chimie, j’aurais cru que l’on se moquait de moi ".

Un travail acharné couronné de succès

C’est donc dans ces conditions difficiles que les deux chercheurs se lancent dans un travail pénible et minutieux de séparation chimique. Après avoir ainsi dû traiter plusieurs tonnes de pechblende pour en obtenir moins d’un gramme, ils découvrent un premier élément, qu'ils baptisent "polonium", en souvenir du pays natal de Marie.

Les dates clés de Marie Curie
1867 :  naissance de Maria Sklodowska à Varsovie
1895 :  mariage avec Pierre Curie
1898 : découvertes du polonium et du radium
1903 : prix Nobel de physique avec Pierre Curie et Henri Becquerel
1909 :  isolement du radium pur
1911 : prix Nobel de chimie
1934 :  mort en Haute-Savoie

Puis un deuxième, présent en très faible quantité, qu’ils appellent  "radium".
Ces travaux font très vite parler d’eux. Et alors qu’elle présente sa thèse sur les substances radioactives en 1903, Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique qu’elle partage avec son mari et Henri Becquerel. Elle est tout simplement la première femme de l’histoire à recevoir cette récompense.
Mais elle ne s’arrête pas en si bon chemin. L’année suivante, elle donne naissance à sa deuxième fille, Ève. Peu après, accidentellement renversé par une voiture à cheval, Pierre meurt. Un accident dramatique que certains historiens attribuent aux effets de la radioactivité suite à des années passées en laboratoire. Pierre était pris de vertiges de plus en plus fréquents.
Comme après la mort de sa mère et de sa soeur, Marie soigne son chagrin en se noyant littéralement dans le travail. Elle remplace Pierre à son poste à la Sorbonne où elle est nommée professeur titulaire de la chaire de physique générale, puis de physique générale et radioactivité. Parallèlement, elle prolonge ses recherches sur le radium. Cela lui vaut en 1911, et pour la première fois de l’histoire, un second prix Nobel, celui de Chimie.

Insatiable, elle crée juste après l’Institut du radium, qui deviendra l’Institut Curie.
C’est là qu’elle transmet sa passion à sa fille aînée, Irène. A son tour, celle-ci se verra décerner le prix Nobel de chimie avec son mari Frédéric Joliot en 1935.
Une consécration familiale que Marie n’aura pas vécue. Ses expositions répétées aux rayonnements ont finalement raison de sa santé. Elle s’éteint en 1934 des suites d’une leucémie radio-induite.

histoire curie3Un bol de Radium. Le deuxième élément radioactif découvert par le couple.
© Musée Curie (Collection ACJC)

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel