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Nez rouges à l’hôpital

L’association Le Rire médecin intervient avec ses clowns depuis 20 ans auprès des enfants en milieu hospitalier. En collaboration avec le corps médical.

histoire rire vignette© Jacques Grison

Hôpital pour enfants Robert Debré, à Paris. Réunion du matin. Les personnels font le point sur leurs jeunes patients. Comment s’est passée la nuit ? Où en sont les traitements ? Y a-t-il des sorties aujourd’hui ? Assis auprès des blouses blanches, deux clowns, leurs nez rouges posés sur la table. Ils ne rigolent pas, ils écoutent, participent activement à la réunion. Posent des questions. Dans quelques minutes, ils vont entamer “leur” tournée. Pas celle du corps médical. “C’est toute la particularité de notre démarche, explique Marc Avelot, directeur de l’association Le Rire médecin, une des structures en pointe en France depuis 20 ans sur cette activité. Nos clowns sont complètement intégrés à l’équipe soignante. Ils savent où ils mettent les pieds avant d’intervenir”. 

Entre 5 minutes et trois quart d’heure, la durée des interventions des clowns de l’association est très variable. Dans le contenu aussi elles sont différentes les unes des autres. Chaque fois qu’ils rentrent dans une chambre, c’est une improvisation “à la carte” que composent les clowns qui vont toujours par deux. C’est pour cela que la réunion du matin avec le corps médical est importante. Pour autant, l’association se défend de toute approche scientifique. Et même si elle a été fondée il y a une vingtaine d’années par une comédienne, Caroline Simonds, pas question d’aller vers le rire thérapeutique non plus. “Quand un enfant rentre à l’hôpital, il cesse justement d’être un enfant, explique Marc Avelot. Il est objectivé par la médecine. Il perd ses copains, sa chambre, ses repères. Avec les clowns, les enfants recouvrent le droit d’être enfant. C’est aussi une manière de les rendre acteur de leur traitement”. 

Pas de règles

Les modes opératoires sont très variés. Parfois il s’agit simplement de faire rire l’enfant, comme dans un spectacle. Mais les clowns peuvent aussi accompagner des soins : une ponction lombaire ou bien une perfusion, pour faire passer le moment. “Il n’y a pas vraiment de règle, détaille Marc Avelot. Les clowns peuvent préparer un repas pantagruélique dans une chambre d’anorexique ! Mais il nous a fallu tout de même revoir certains aspects du répertoire classique du clown. Le nez et la perruque ne suffisent pas. La fameuse claque par exemple est délicate à utiliser avec des enfants qui ont été abusés. Un adolescent qui a fait une tentative de suicide, on ne va pas le toucher de la même manière qu’un autre”.

L’invention du rire médecin trouve ses origines aux Etats-Unis, à New York. A la fin des années 80, le comédien Michael Christensen crée au sein du Big Apple Circus, le Clown Care Unit (l’unité des clowns médecins). Caroline Simonds fait partie de l’aventure. Une fois en France, elle reproduit l’expérience en créant l’association Le Rire Médecin. Mais elle y ajoute deux évolutions importantes : les clowns sont formés spécialement pour leur intervention à l’hôpital et ils sont intégrés à l’équipe soignante. “C’est une particularité française. A New York, les clowns n’assistent pas aux réunions du matin par exemple pour faire un point avec l’équipe soignante”, ajoute Marc Avelot. Aujourd’hui en France, les clowns à l’hôpital ne sont plus une bizarrerie. Il existe même une Fédération Française des Clowns Hospitalier (FFCH). Sur la quarantaine d’associations qui exercent, une dizaine sont affiliées. Un code de déontologie a été mis au point. Dans celui-ci figure la transmission entre corps médical et clowns. 

 

Le rire et ses effets physiques


Des statistiques sur le rire... ? C’est une blague ou quoi ? Selon certaines études, on estime qu'un adulte rit 17 fois par jour en moyenne. Etant donné que nous sommes réveillés en moyenne 17 heures par jour, le rire serait donc déclenché une fois toutes les heures.
Le rire stimule la production par l’organisme d’endorphines, substances issues de l’hypophyse et de l’hypothalamus. Elles possèdent une qualité analgésique, c’est-à-dire qu’elles diminuent la douleur. Et procurent au passage une sensation de bien-être. C’est lors d’une activité physique particulièrement intense, où pendant une phase d’excitation, comme le rire, que les endorphines sont tout particulièrement sécrétées. 

 

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