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24 heures dans la vie d'une mouche

Raté ! Encore raté ! Quoi ? Vous n’imaginez pas écraser aussi facilement l’un des insectes les plus évolués de la Terre ! 240 millions d’années d’évolution ont fait de moi un as de la voltige… et de l’évitement des tapettes ! Vos trois millions d’années d’évolution dans le maniement de la tapette font en face piètre figure… Allez, ne prenez pas la mouche !

Mouche domestiqueVue de profil de la mouche domestique (Musca domestica).
© Philippe Blanchot

Mais j'ai oublié de me présenter. Musca domestica, en français mouche domestique. Domestique ? Tout simplement parce que je vous tiens toujours compagnie. Avec mes cousins les moustiques, j'appartiens à l'ordre des insectes à deux ailes, à l'ordre des "diptères" pour faire savant. Alors que les autres insectes ont deux paires d'ailes, je n'en ai effectivement qu'une ! La seconde paire s'est, chez moi, réduite à deux petites spatules. Petites, mais essentielles pour voler. Avec elles, je garde équilibre et stabilité.

Mais revenons à nos mouches ! Nous sommes environ 80 000 espèces différentes dans le monde et 5 000 en France. Vous connaissez bien mes sœurs : la bleue surnommée "mouche à viande", la velue poétiquement appelée "mouche à merde". Je me permets de vous faire remarquer ici que, sans cette dernière, vos pâtures à vaches ne seraient pas très fréquentables…

Planches de diptères d'EuropePlanches de diptères d'Europe, réalisée par l'entomologiste français Eugène Séguy, spécialiste des diptères au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
© Alain Germond/Muséum d'histoire naturelle de Neuchâtel
De plus, nous ne sommes pas toutes si rebutantes. Des mouches, il en existe de très belles et élégantes. Certaines ressemblent même à des abeilles, des guêpes ou des bourdons et sont essentielles à la pollinisation des fleurs. N'avez-vous jamais remarqué ces insectes rayés noir et jaune volant sur place tels des colibris ? Des mouches ! Si elles copient la tenue des guêpes, c'est pour éloigner les prédateurs. Ce qui ne marche pas très bien avec vous.

Ce bavardage m'a ouvert l'appétit. Cela tombe bien, mes antennes viennent de détecter des odeurs de sucre. Tel votre nez, mes antennes captent les molécules odorantes et préviennent illico mon cerveau. Avec elles, je peux déceler de la nourriture à des kilomètres.

Bzzzzzzzzz. Sur quoi me suis-je donc posée ? Pour le savoir, pas la peine d'y mettre la bouche, mes pattes font très bien le boulot : couvertes de poils sensoriels, elles m'informent si le mets est amer, sucré ou toxique. Ah… de la bonne confiture de fraises, ma préférée, sucrée à souhait.

Rien de mieux pour que ma trompe se déploie et aspire la confiture avec son extrémité en forme d'éponge. Car une mouche, ça ne mange pas, ça boit ! D'ailleurs, ce morceau de fraise est un peu trop dur à mon goût. Une pluie de salive et d'enzymes - vous savez, ces molécules qui cassent les aliments - ne seront pas de trop pour le liquéfier.

Vlan. On cherche encore me déloger, avec un torchon cette fois-ci ! Vous n'appréciez pas que je pose mes pattes partout, que je vole d'une poubelle à un pot de confiture. Je transmettrai ainsi des bactéries qui vous rendraient malades. Mais bon, cela dit en passant, je ne suis pas plus néfaste que vos mains sales ou des fruits mal lavés…

Revenons à cette confiture qui s'est révélé succulente. Vlan ! On revient à l'attaque, par derrière en plus ? Heureusement, avec mes yeux à 360 degrés, rien ne m'échappe. N'imaginez pas que je vous vois en milliers d'exemplaires avec les 6 000 facettes de mes yeux composés : comparables aux pixels de vos appareils photos, ces facettes me permettent de recréer une seule image. Et la dernière me conseille de me réfugier illico au plafond pour ne pas finir écrasée sous un torchon.

Mouche à vinaigreMouche à vinaigre (Drosophila melanogaster). Première espèce de drosophile dont le génome a pu être entièrement séquencé, et a ainsi permis de mieux comprendre la transmission des caractères héréditaires.
© Philippe Blanchot
Bzzzzzzzzz. Mon atterrissage la tête en bas vous impressionne toujours. Vous avez mis du temps à comprendre comment je faisais. En fait, il a fallu attendre l'avènement de la photographie pour déceler mes 200 mouvements d'ailes par seconde et mon formidable retournement pour atterrir la tête en bas. Je vous explique. Je fonce vers le plafond, je lance mes deux pattes antérieures en avant jusqu'à ce qu'elles s'y accrochent, et enfin je tourne autour de ce point d'appui pour me retrouver les six pattes au plafond. Les deux griffes et les milliers de ventouses présentes sur mes pieds m'empêchent alors de tomber. Pas mal, non ?

"Sale mouche !" Qu'est-ce que j'entends ? Quelle idée de me traiter ainsi alors que je suis une maniaque de la toilette. Ne m'avez-vous donc jamais observé en train de passer et repasser mes pattes sur ma tête et mes ailes ? Imaginez en effet le désastre si une malheureuse poussière venait me perturber en plein vol, ou empêchait mes poils de sentir et de goûter.

Bzz… Schlouch. Mince alors ! Je parle, je parle et me voilà collée à ce vulgaire ruban gluant. Bêtement attirée par la présence de mes congénères, j'aurais dû remarquer qu'elles avaient une drôle de tête. Finir sa vie comme ça, alors que j'aurais pu vivre une dizaine de jours… Dites, vous ne voulez pas venir m'aider ?

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