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Des chiens qui ont du nez !

Mon nom est Végas. J’ai un an et je viens de passer haut la patte les exercices de discipline et d’obéissance. Bientôt, je serai un chien de secours hors pair, et avec mon maître sapeur-pompier professionnel, nous irons secourir des victimes ou des personnes égarées.

Chien de secours en actionTeam, berger allemand de 5 ans, sait aller dans les endroits les plus dangereux afin d'aider son maître, sapeur-pompier, à sauver des vies. Ici, il effectue un exercice de franchissement de décombres instables pour retrouver une "fausse" victime ensevelie.
© Pascal Usseglio

Je grimpe sur une pyramide de bidons pour m'habituer au franchissement de surfaces lisses. Je cours dans une canalisation pour me familiariser aux cheminements en milieux clos. Je monte sur le rebord d'une fenêtre et m'immobilise sans glisser… Voilà six mois que je suis l'entraînement physique indispensable à mes qualités de chien de sauvetage. Objectif ? Apprendre à rechercher des personnes ensevelies sous des décombres, perdues dans la forêt ou en pleine ville. En France, nous réalisons pas moins de 600 interventions par an dont une vingtaine en Essonne, le département où je fais mon apprentissage au sein de l'équipe cynotechnique (technique basée sur le travail avec des chiens dressés) des sapeurs-pompiers de ce département. Mais attention, mes aptitudes de sportif de haut niveau ne font pas tout !

Il faut aussi entretenir mes capacités olfactives qui, elles, sont naturellement bien supérieures à celles des humains. Comme eux, je possède dans mon appareil olfactif des cellules spécialisées dans la reconnaissance des odeurs qui flottent dans l'air. Sauf que le nez de l'homme en contient environ 5 millions et celui d'un berger allemand comme moi 40 fois plus… Et ce n'est pas tout. Chacune de mes cellules réagit 25 000 fois mieux que celles des hommes. Question flair, c'est moi le maître ! Même chez mes congénères, je fais partie des races à part : j'ai jusqu'à deux fois plus de cellules olfactives qu'un fox-terrier ou un bouledogue car mon museau est plus long. Bien logiquement, plus la surface de l'appareil olfactif est étendue, plus les récepteurs qu'elle contient sont nombreux.
Schéma du système olfactif du chienLe système olfactif du chien est bien plus développé et sensible que celui de l'homme. Alors que nous ne possédons que 5 millions de cellules olfactives, le chien en a 40 fois plus.
© Courtesy of the Alabama Cooperative Extension System (Alabama A&M and Auburn Universities) and the author, Julio Correa
Mon super flair ne me sert pas qu'à jouer le fin limier pour les hommes. Il m'est nécessaire. Dès la naissance, alors que je ne voyais rien et n'entendais rien, j'étais capable de reconnaître ma mère et de la retrouver grâce à son odeur. Il n'y a rien de magique à cela : dans mon nez, l'air que j'inspire passe le long d'une fine peau, la muqueuse contenant les récepteurs olfactifs. Sur cette muqueuse, des petits cils débarrassent l'air des poussières, ne laissant passer que les particules de gaz, telles que les odeurs. Une fois dans la muqueuse, ces particules entrent en contact avec des terminaisons nerveuses qui transmettent les informations au cerveau. La région du cerveau sollicitée régule ensuite mes comportements instinctifs comme la recherche de nourriture ou la reproduction. Et tout ce mécanisme, de l'inspiration jusqu'à la réaction, ne prend pas plus d'une demi-seconde !

J'ai certainement un moyen d'améliorer mon odorat, mais bien peu de chercheurs s'y intéressent… Quelques vétérinaires ont fait des observations, mais cela relève plus du constat que de l'étude scientifique. Par exemple, le professeur de mon maître, le vétérinaire colonel de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, est convaincu que l'alimentation pourrait influer sur mes capacités. Certains assurent même que cinq jours après avoir avalé quelques grammes d'acides gras (les graisses que l'on trouve dans les poissons) ajoutés dans mes croquettes, je suis trois fois plus sensible aux pistes contenant des odeurs d'acides gras. Sachant que les humains dégagent ce type de molécules à la surface de leur peau, j'aurais donc plus de facilité à les retrouver. Imaginez, si tout mon régime était réfléchi dans ce sens, j'aurais des pouvoirs "surcanidés" ! Enfin, tout cela reste à vérifier…

Chien de secours en rappelPour pouvoir intervenir au niveau d'un étage effondré, un sapeur-pompier et son chien, Sam, effectuent une descente en rappel depuis un étage supérieur.
© Dominique Grandjean
Mais… nom d'un chien !? Je ne vous ai toujours rien dit sur les méthodes de recherche ! Voici un exercice typique : mon maître se cache dans une forêt à plusieurs kilomètres de mon point de départ. On me fait parcourir un vaste cercle afin que je coupe le chemin qu'il a suivi. Sans le savoir, et surtout sans le sentir, mon maître a libéré sur son passage des millions de particules odorantes qui lui sont propres. Elles sont au sol, sur la végétation ou dans l'air. Bien sûr, elles n'y resteront pas éternellement.

Mais en une journée, elles n'ont pas toutes le temps de s'évaporer ; à moins que la météo nous joue un tour : un été caniculaire ou un fort vent peut disperser toutes les particules odorantes. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Lorsque ma truffe rencontrera l'odeur de mon maître, je la reconnaîtrais parmi 1 000 autres, comme une empreinte digitale. Je n'aurai plus qu'à la suivre. Dans cette méthode, appelée "pistage", je prospecte avec une odeur de référence : pas besoin de connaître la personne recherchée, un objet ou un vêtement lui ayant appartenus me suffiront. On peut aussi employer la deuxième méthode, le "questage", où la recherche se réalise sans odeur de référence. Sur une zone bien délimitée, je sniffe toutes les pistes empruntées par les humains sans distinction. Il faut tout quadriller… un boulot de chien ! La première piste ne mène à rien, il n'y a pas d'homme au bout, c'est peut-être le chemin d'un promeneur qui a continué sa route. La seconde s'arrête en plein milieu, probablement une trace trop ancienne, les particules odorantes se sont dispersées. Et ainsi de suite jusqu'à ce que je tienne la bonne piste.

Vous comprendrez mieux désormais pourquoi un chien reconnaît sans difficulté un morceau de bois que vous lui avez jeté au milieu d'un tas de bois. Ce n'est pas un sixième sens, mais une extraordinaire sensibilité olfactive. De récentes recherches montrent même que "l'ami de l'homme" peut identifier certains types de tumeurs chez les humains… en reniflant l'odeur de leur urine anormalement chargée en protéines.

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