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Drôle de climat pour le Nobel de la paix

Pourquoi Al Gore a-t-il reçu le prix Nobel de la paix ? Parce qu’entre le réchauffement du climat et la paix de notre planète, il y a bien plus de liens qu’on ne le croit. Et aujourd’hui, il y a urgence…

Portrait d’Al GoreAl Gore, vice-président des États-Unis de 1993 à 2001 et ancien candidat à l'élection présidentielle américaine de 2000. En 2007, il est co-lauréat avec le GIEC du prix Nobel de la paix.
© 2007 Paramount Pictures

Quel rapport voyez-vous entre : Martin Luther King, grand militant des droits des minorités américaines contre l'oppression politique subie dans les années soixante ; Mère Teresa, mondialement reconnue pour son action humanitaire envers les plus déshérités, notamment en Inde ; et… des chercheurs rivés derrière leur ordinateur pour essayer de trouver de combien de degré va augmenter la température de la Terre dans les années à venir ? Réponse : ils ont tous obtenu le prix Nobel de la paix ! En 2007, le célèbre prix a été décerné à l'ancien vice-président américain Al Gore et aux scientifiques qui composent le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). En quoi ces personnalités auraient-elles contribué à faire progresser la paix ? Si la décision paraît étonnante de prime abord, elle ne l'est pas forcément à y regarder de plus près…

Reprenons. Al Gore est une figure emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique (il est notamment l'acteur et l'orateur du documentaire Une vérité qui dérange). Le GIEC est lui chargé depuis presque vingt ans de rédiger des rapports scientifiques sur l'évolution mondiale du climat. Alors ? Toujours pas d'idées ? Ne serait-ce pas parce qu'ils ont déclenché une prise de conscience générale en clamant haut et fort que le changement de notre climat constitue une vraie menace ? Car, qui dit réchauffement du climat dit hausse du niveau de la mer, inondations, déplacements des populations, d'où, d'inévitables tensions. Mais aussi, sécheresse, manque d'eau et de nourriture. Le cocktail idéal pour l'explosion d'un conflit armé…

Vous avez peut-être entendu parlé du Darfour ? Ce coin désertique du Soudan où sévit une dramatique guerre civile. Tout a commencé au milieu des années quatre-vingts, lorsque les pluies ont diminué à qui mieux mieux : en 2007, il y a un tiers d'eau en moins et 100 km de désert en plus ! La compétition pour l'eau et pour l'espace est donc devenue féroce entre les nomades, habitués à déplacer leurs chameaux ou leurs vaches d'un pâturage à l'autre, et les paysans, cultivant tant bien que mal leur lopin de terre. Ces derniers ont commencé à clôturer leurs champs et sont entrés en conflit avec les nomades. Les vieilles querelles entre sédentaires et nomades ont ainsi éclaté et la situation n'a cessé de s'aggraver depuis. À ce jour, on dénombre au moins 200 000 morts, et plus de 2 millions de personnes en fuite…

Et ce cas pourrait bien se reproduire ailleurs… Certains spécialistes ont montré que dans moins de 50 ans, si le climat suivait sa tendance actuelle, quelque 50 millions de personnes (soit environ 1 % de la population mondiale) seraient contraintes de trouver une terre d'asile pour cause de sécheresse et de pénurie d'eau dans leur propre région. D'ailleurs, là où les fleuves sont partagés par plusieurs pays, on note déjà des tensions : c'est le cas par exemple entre l'Irak, la Syrie et la Turquie, qui tous, convoitent les eaux de l'Euphrate.

Cyclone au BangladeshLa multiplication des cyclones serait en lien direct avec le changement climatique. Or ils ont des conséquences sociales et humaines considérables : destruction des bâtiments et des ressources, pertes humaines,... Ici, une station de police après le passage du cyclone SIDR (Bangladesh, 15 novembre 2007).
© Flickr / Creative Commons licence
Autre lourde menace : l'élévation du niveau de la mer. Car suite au réchauffement des températures, l'eau de mer se dilate, les glaciers fondent, et le niveau de l'océan grimpe. La hausse du niveau marin serait en moyenne de 50 cm d'ici 2100. Déjà, tempêtes et cyclones se multiplient sur les côtes et 50 millions de personnes sont aujourd'hui exposées au risque de telles catastrophes. La Louisiane en a fait les frais voici deux ans après le cyclone Katrina. Et, si ces bouleversements se poursuivent, près de 2 % de la population mondiale pourrait être forcée à émigrer avant 2050. Maisons submergées, biens noyés, villes rasées, obligeraient 150 millions de personnes à trouver refuge ailleurs !

Naturellement, ces désordres hydriques ne vont pas créer partout des conflits, ni même des soucis similaires. Ainsi, les pays riches ont les moyens de construire des protections contre la montée des eaux…. théoriquement et dans la limite du raisonnable bien sûr. Les Pays-Bas, qui ont conquis de l'espace sur la mer, sont là pour en témoigner : en novembre 2007, ils ont expérimenté une installation considérable pour faire face à une tempête.

Mais ce n'est pas le cas de nombreux pays d'Afrique. En première ligne : la côte ouest où villes et bidonvilles poussent comme des champignons dans des lagunes situées au niveau de la mer. Ou encore, du côté de la Méditerranée dans le delta du Nil, où 4 millions de personnes vivent sous la menace d'être englouties par la mer dans moins de vingt ans. Une situation qui rappelle celle des grands deltas du Bangladesh, où cette fois, ce sont 15 millions de personnes qui sont concernées : en novembre dernier, ce sont pas moins d'1 million de Bengalis qui ont été évacués ! Les villes côtières de la Chine ne sont pas épargnées. D'ailleurs, ce vaste pays pourrait bien être pris en sandwich avec d'un côté, la montée du niveau de la mer, et de l'autre, l'avancée du désert… Déjà, Pékin lutte contre les tempêtes de sable qui pourraient se produire lors des jeux Olympiques en 2008. Enfin, la situation risque d'être encore plus dramatique pour de nombreuses petites îles des Caraïbes et du Pacifique, appelées à disparaître.

Anticiper les conséquences humaines du dérèglement climatique, et notamment s'assurer que tous les peuples pourront conserver un environnement naturel viable, il faut y penser dès maintenant. Et c'est tout le sens du prix Nobel de la paix 2007.

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