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La maison cocon

Une porte, des fenêtres, quatre murs porteurs et une toiture,… non, décidément, cette maison plantée au cœur de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) n’a rien d’exceptionnelle. Pourtant, c’est un bijou technologique qui promet de diviser par huit la consommation d’énergie. Elle est en effet rénovée selon le concept "génération E"*. E comme Environnement, Économie, Énergie et Équilibre. Ce projet intègre donc les dernières innovations en matière de performance énergétique, tout en utilisant des matériaux et des méthodes respectueux de l'environnement et du patrimoine.

Maison verteLes progrès technologiques permettent-ils aisément la construction ou la rénovation de nos foyers individuels dans un objectif de développement durable et d'économies financières ?
© Photodisc rouge/Getty

19h, un soir d'hiver en semaine. Monsieur X rentre chez lui, à Fontenay-sous-Bois. Comme à son habitude, il se dirige vers le radiateur pour augmenter la température de la pièce. Il aime se sentir emmitouflé dans sa maison, bien au chaud. En fin de mois, il a quand même la gorge serrée en voyant la facture salée d'EDF-GDF. Et puis, il se sent un peu coupable lorsqu'on parle du réchauffement climatique à la télévision. Les médias lui disent que le bâtiment contribue à 40 % de l'énergie consommée en France, que cela engendre un quart des émissions de CO2. Bref, de quoi se sentir concerné.

Pourtant, en termes d'environnement, Monsieur X a le sens des responsabilités. Pour la maison justement, il essaie de réduire sa consommation en installant des ampoules basse consommation, en éteignant les postes en veille, en utilisant des appareils électroménagers plus écologiques… La  maison de Fontenay-sous-BoisGrâce à l’utilisation des dernières avancées technologiques, la consommation en énergie primaire (chauffage et ventilation) de cette grande maison bourgeoise a été divisée par huit.
© Logirep
Mais, pour le chauffage, il n'a pas de solution lui permettant de conserver son confort thermique. Et pas question d'abaisser d'un degré le chauffage, quand bien même cela réduirait de 7 % sa consommation d'énergie.

Heureusement, il a bon espoir que la maison "modèle" rénovée à côté de chez lui tienne ses promesses : diminuer par huit les consommations liées au chauffage et à la ventilation. Si c'est le cas, il compte bien reproduire les transformations de cette maison expérimentale. À priori, il est confiant : le concept* de cette maison a reçu en juin dernier le prix Pierre Potier de "l'innovation en chimie au bénéfice de l'environnement". Mais selon sa devise, empruntée aux fables de Jean de la Fontaine : ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Il lui faudra donc attendre 2008 pour obtenir, ou non, la confirmation des performances énergétiques de la maison par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Cet organisme s'appuiera sur des résultats chiffrés et le témoignage des habitants. En effet, des locataires s'installeront incessamment dans les huit appartements répartis sur les quatre niveaux d'habitation de cet habitat à caractère social.

Monsieur X s'est bien renseigné sur cette maison pilote. Le plus surprenant est que deux tiers des économies d'énergie seront liées uniquement à la création d'une enveloppe isolante extérieure. Deux points la distinguent d'une isolation classique. Primo, le fait qu'elle soit placée à l'extérieur, technique qui s'avère plus efficace qu'une isolation traditionnelle par l'intérieur, telle qu'on la pratique traditionnellement en France. Secundo, le matériau utilisé pour cette enveloppe : le Néopor. Il s'agit d'un polystyrène expansé, comme cette mousse rigide et compacte, en plastique blanc, qui sert à emballer les appareils sensibles aux chocs (chaîne hi-fi, électroménager,...). Pour l'isolation, il est vendu sous la forme de panneaux de 20 cm d'épaisseur. Seule différence visible avec un emballage, le Néopor est noir car de minuscules particules de graphite ont été incorporées dedans. Elles permettent de piéger la chaleur en agissant comme des réflecteurs d'infrarouge. En hiver, les rayonnements sont confinés à l'intérieur de la maison, tandis qu'en été ils sont maintenus à l'extérieur. C'est pourquoi, une fois à l'intérieur, on a l'impression d'être dans un cocon de protection.

Le deuxième matériau innovant, le Micronal, a été intégré sous la forme de microbilles dans les plaques de plâtre. C'est une cire de paraffine enrobée d'un polymère afin de la protéger des différents traitements subis par le plâtre (perforation, ponçage, etc.). On dit que c'est un matériau à changement de phase car, à 26 °C précisément, la cire passe de l'état solide à l'état liquide. Exactement comme un glaçon fond lorsque la barre du 0 °C est franchie. Cette réaction de fusion s'accompagne d'une absorption de chaleur. Lors des pointes de chaleur, le Micronal pourra donc jouer la fonction d'un climatiseur, à ceci près qu'il ne refroidit pas la pièce mais qu'il lui évite un réchauffement de 3 à 4 °C. Inversement, lorsque la température ambiante redescend en dessous de 26 °C, durant la nuit par exemple, le matériau restitue la chaleur en se solidifiant.

En outre, Monsieur X a bien noté le remplacement des anciens carreaux par des fenêtres à double vitrage, l'installation d'une chaudière à gaz à condensation, un système de ventilation mécanique permettant de récupérer la chaleur, etc. Après avoir énuméré ainsi l'ensemble des opérations réalisées, Monsieur X est pris d'un léger vertige : une telle réhabilitation lui coûterait bien trop cher… Ainsi, certains spécialistes du bâtiment estiment que son retour sur investissement prendrait 3 à 7 ans ; d'autres experts pensent que cette durée est un peu sous-évaluée. Pour une entreprise ce sont des coûts facilement supportables, mais pour un particulier comme Monsieur X, 3 à 7 ans cela peut sembler long. En effet, en clair, il lui faudra attendre toutes ces années avant que les frais investis soient couverts par les économies faites grâce à la faible consommation d'énergie. Monsieur X a donc décidé de repousser sa décision à plus tard, lorsque les coûts seront moins importants. En attendant, il ferme ses volets la nuit et place des boudins sous les portes pour réduire les pertes de chaleur.


* Le concept "génération E" est proposé par 3 partenaires : Logirep, BASF et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

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