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Les coraux d'eau froide menacés par la pêche

On connaissait les coraux d'eau chaude. D'autres espèces de corail vivent en eau froide, de 50 à 6000 mètres de profondeur ! Ceux des abysses ne craignent rien, mais au-dessus ils sont menacés par les filets des chalutiers. Les chercheurs sonnent l'alarme.

Corail MadreporeLe corail Madrepore est une des espèces de coraux d’eau froide; On le trouve à des profondeurs de 200 à 1 000 mètres, dans des eaux d’une température de quatre à treize degrés Celsius.
© OREMPULLER Joël/IRD

Vous mettriez votre main à couper que les coraux sont des végétaux ? Raté ! Et même si sous l'effet de l'émerveillement devant ces étendues colorées on parle de "forêts sous marines", les coraux sont bien des animaux. Il ne faut pas prendre les récifs (de coraux) pour des massifs (de fleurs) !

Le corail est donc un drôle d'animal, du groupe des polypes, "invertébré marin en forme de tube fixé à sa base et portant des tentacules à son sommet". Vous mettriez votre autre main à couper qu'ils n'ont pas de squelette, puisque ce sont des invertébrés ? Encore raté ! La plupart en ont un, mais un peu spécial, puisqu'il est externe (on l'appelle exosquelette), habitacle de calcaire dans lequel ils vivent, tel l'escargot dans sa coquille. Au sommet de ce squelette, une ouverture entourée de tentacules leur sert à la fois de bouche et d'anus ! La nuit, les tentacules s'étendent et capturent le plancton dont ils se régalent.

Selon les espèces, les coraux peuvent mesurer quelques millimètres, quelques centimètres ou s'étendre sur plusieurs kilomètres !Ces derniers, que l'on dit "constructeurs" ou "bâtisseurs de récifs" ne vivent qu'en eaux chaudes et peu profondes. Pour une raison simple : ils abritent en leur sein une algue (zooxanthelle), qui a besoin de lumière pour la photosynthèse (processus par lequel les algues transforment l'énergie de la lumière en énergie chimique pour leur propre croissance). En échange de ce gîte, l'algue fournit au corail le couvert : c'est-à-dire des composés de carbone organique, en bref, du sucre.
On connaît assez bien les quelques 700 espèces de coraux d'eau chaude, qui vivent essentiellement dans le Pacifique, mais depuis une dizaine d'années les chercheurs ont commencé à découvrir (grâce à de nouveaux outils d'exploration marine), des coraux dans des eaux de 4 à 13°C. Glagla !

Contrairement aux coraux de surface, ceux-là n'abritent pas d'algues. Ils n'ont donc pas besoin de lumière, et peuvent se développer de moins 40 mètres jusqu'à des profondeurs abyssales de 6300 mètres. On en trouve au large d'une quarantaine de pays, notamment le long de l'Atlantique Ouest, de la Nouvelle-Écosse (Canada), dans le détroit de Floride et dans le Golfe du Mexique (mer située au sud-est de l'Amérique du Nord). Et aussi tout le long de l'Atlantique Est, au large de l'Espagne, et jusqu'en Mauritanie. Il y en a même en Norvège : le récif corallien le plus vaste, découvert en 2002 au nord de ce pays, couvre près de 100 kilomètres carrés, soit à peu près la taille de Manhattan (le centre de New York).

Ce corail est menacé par les chalutiers qui ratissent les fonds marins (jusqu'à 1000 mètres, parfois au-delà), avec un large filet équipé de pneus. Ceux ci empêchent que les mailles ne s'accrochent aux rochers, mais écrasent le corail. Dans l'Atlantique Nord-Est par exemple, un seul chalutier partant 15 jours en mer "balaie" environ 33km2 de corail. Et si les pêcheurs se retrouvent là où il y a du corail, ce n'est pas un hasard : c'est là que des milliers d'espèces se reproduisent et se réfugient. Les récifs coralliens sont de véritables asiles pour les éponges, crustacés (crabes et langoustes), mollusques (poulpe, escargot de mer , palourde), échinodermes (étoiles des mers), poissons et autres bryozoaires (mousses de mer).

Les industries pétrolières et du gaz sont également pointées du doigt : leurs engins mécaniques utilisés pour l'exploration des fonds,et leurs pipelines - énormes tuyaux qui transportent le gaz au fond des océans - détruisent le corail. La menace est d'autant plus inquiétante que les coraux d'eau froide grandissent très lentement : entre 4 et 25 mm par an. Loin derrière le corail de surface qui croît de plus de 150 mm par an. La recolonisation des zones détruites pourrait donc prendre des décennies voire des siècles.

La Norvège, le Royaume-Uni ou l'Irlande ont déjà pris des mesures pour conserver ces “habitats” intacts et permettre aux stocks de poissons de se renouveler. Plus de 1000 scientifiques du monde entier ont réclamé leur protection il y a deux ans, lors du congrès annuel des associations pour l'évolution de la science (www.mcbi.org). Leurs pétitions et manifestations pour protéger ces écosystèmes ont permis une prise de conscience générale. Reste à traduire les bonnes intentions en mesures concrètes et efficaces de protection.

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