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Les télescopes de demain

En juillet prochain devrait être lancé le télescope spatial Corot, spécialisé dans la recherche de planètes extrasolaires semblables à notre Terre. Du sol, difficile de pouvoir détecter de si petites planètes… à moins d'attendre quelques années pour voir se réaliser des projets assez fous, comme ce télescope de 100 m de diamètre !

Le télescope OWLModelisation en 3D du projet de télescope Owl. Sa construction pourrait être terminée aux alentours de 2020.
© ESO

La plupart des planètes détectées en dehors de notre système solaire depuis 1995 (date de la première découverte) l'ont été grâce à une même méthode : déceler d'infimes variations de la position de l'étoile cible, qui trahissent la présence d'une planète à ses côtés. Mais celles décelées jusqu'à maintenant par cette technique sont toutes de taille comparable à Jupiter ou Saturne, c'est-à-dire que ce sont des planètes géantes gazeuses.


Avec Corot, la méthode est différente, et devrait permettre la découverte de planètes telluriques encore hors de notre portée. Elle consiste à mesurer la luminosité des étoiles : celle-ci diminue si une planète passe devant elle, proportionnellement à la taille de la planète… Grâce à une très haute sensibilité de ses instruments, Corot sera, pendant les 3 ans minimum que durera sa mission, le meilleur atout des astronomes européens pour dénicher ces petites planètes. Mais si Corot bénéficie d'un excellent environnement d'observation - l'espace - et des technologies les plus récentes, sa méthode a des limites. Il faut par exemple avoir la chance d'être situé exactement dans l'alignement de l'orbite de la planète. Comme pendant une éclipse de Soleil, où la Lune passe juste entre nous et le Soleil. La probabilité de détection est donc très faible, et obligera Corot à observer plusieurs milliers d'étoiles pour espérer découvrir quelques planètes.

Pour s'affranchir de ces contraintes, le plus simple serait évidemment de pouvoir observer directement la planète. Mais aucun télescope actuel n'est assez puissant. La seule véritable image d'une exoplanète n'a d'ailleurs été obtenue qu'en 2005 par le plus gros télescope en service, le VLT européen (Very Large Telescope : très grand télescope) de 8,2 m de diamètre. Et, là encore, le hasard a bien arrangé les choses : l'étoile en question était petite et peu lumineuse, la planète était grosse et évoluait loin de son étoile (ce qui évite que sa lumière ne soit noyée dans celle de l'étoile, et donc indétectable)… Alors, comment distinguer des petites planètes comme la Terre dans à peu près n'importe quel système stellaire ? Il faut probablement être beaucoup, beaucoup plus ambitieux… Avec un télescope de 100 m de diamètre, peut-être ? Cette idée paraît totalement impossible… mais, à en croire l'astronome italien Roberto Gilmozzi, de l'ESO (European Southern Observatory, organisation astronomique européenne qui compte onze pays membres), c'est totalement réalisable ! Voilà déjà 10 ans qu'il rêve à ce géant ; et le projet commence à prendre forme sous le nom de Owl (jeu de mots entre "owl", qui signifie "hibou" en anglais, et OverWhelmingly Large : démesurément large). L'ESO finance les études préliminaires, et malgré les énormes dimensions de ce télescope, il semble finalement concevable. On parle même déjà d'une possible mise en service aux alentours de 2020…

Qu'est-ce que Owl va changer à l'astronomie ? Ce télescope sera, aux dires de Roberto Gilmozzi, une avancée comparable à celle de l'invention du télescope par Galilée : la plupart des domaines seront bouleversés ! Avec une taille dix fois plus élevée que le plus grand télescope actuel, il devrait en effet être capable de plonger aux confins de l'Univers, dans son plus jeune âge, et ainsi assister à la naissance des premières galaxies (plus on regarde loin, plus on regarde dans le passé, car la lumière doit voyager à travers l'espace avant qu'on ne la reçoive) ; il pourra aussi étudier l'atmosphère des planètes de notre système solaire depuis la Terre, comme le font les sondes spatiales ; ou bien étudier la surface d'autres étoiles proches ; ou encore détecter sur de petites planètes telluriques des éléments qui trahiraient la présence de vie extraterrestre !

Toutes les pièces du Owl représentent un défi scientifique : son miroir principal est composé de 3048 "petits" miroirs de 1,6 m de diamètre, qu'il faut construire rigoureusement identiques ; il faut bien sûr s'assurer qu'ils soient tous parfaitement plats… quant à la coupole qui abritera le télescope, elle pourrait accueillir un stade de football entier, Zidane compris ! Pourtant, contrairement à ce que l'on peut croire, le prix du projet ne sera pas proportionnel à l'ambition… La prévision n'est "que" d'un milliard d'euros, ce qui correspond au prix moyen d'une mission spatiale.

En attendant le financement de Owl, on pourra patienter non seulement avec Corot, mais aussi avec deux projets américains particulièrement ambitieux, le GMT (Giant Magellan Telescope : télescope géant Magellan) de 25 mètres de diamètre et le TMT (Thirty Meters Telescope : télescope de trente mètres). Ces deux derniers devraient être opérationnels au milieu de la prochaine décennie. De quoi alimenter les rêves des astronomes de découvrir loin, très loin, d'autres mondes habités…

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