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Mission Lune

Lorsque le commandant Denzel Masterpiece apprend quelle mission la Nasa veut lui confier, il laisse éclater sa joie : aller sur la Lune ! Y vivre pendant six mois ! C’est un projet extraordinaire. Mais s’il avait su à quels périls il allait être exposé, peut-être n’aurait-il pas montré autant d’enthousiasme…

LSAM - Module d'accès à la surface lunaireLe LSAM est un véhicule spatial conçu par la NASA dans le cadre d'un programme de retour sur la Lune en 2020. Vue d'artiste.
© NASA / John Frassanito and Associates

Au début de son voyage sur la Lune, tout se passe à merveille pour le commandant Denzel Masterpiece. Le 1er mars 2024, il alunit (atterrir sur la Lune, comme son nom l'indique) à bord du LSAM (module d'accès à la surface lunaire). Ce drôle de véhicule fait penser à un insecte avec ses quatre pattes grêles et ses antennes de télécommunication pareilles à des ailes de coléoptères. Avec les trois autres membres d'équipage, il enfile un scaphandre puis pose le pied sur la surface lunaire. Il ressent une enivrante impression de liberté. La masse de la Lune étant plus petite que celle de la Terre, les corps et les objets y pèsent bien moins lourd. Six fois moins lourd. Autant dire que le commandant Denzel Masterpiece se sent léger comme une plume. Au point qu'il soulève de gros rochers comme s'il s'agissait de simples ballons de basket.

À quelques centaines de mètres du point d'alunissage se trouve la base Gemini, le lieu où ils vont passer les six prochains mois de leur existence. Cette construction est une merveille de technologie et de simplicité. Pendant six ans, au cours d'une dizaine de missions, des astronautes en ont apporté et patiemment assemblé les éléments. À présent achevée, elle est composée de cinq modules reliés les uns aux autres. Chacun a sa fonction. L'un abrite les quartiers de l'équipage. On y prend ses repas, on y dort, on s'y lave, on s'y distrait. Un autre sert de laboratoire et on y trouve des microscopes très performants, un réfrigérateur spécial pour la conservation d'échantillons biologiques ou encore un spectromètre : cet appareil permet de savoir de quels atomes un objet (une roche, par exemple) est composé en examinant la manière dont il réfléchit la lumière infrarouge.Vue d'artiste d'une base lunaire 1Pour permettre l'installation d'une base de vie sur la Lune, il faudra mettre au point des équipements assurant l'indépendance énergétique et logistique des scientifiques (recyclage de l'eau, de l'air, énergie solaire,…). Vue d'artiste.
© NASA

L'un des modules fait office d'atelier. C'est là, notamment, que Stéphane Devers, un astronaute français, programme et remet en état les nombreux robots dont il a la charge. Parmi ces remarquables machines, les unes recherchent de l'eau dans le sol lunaire au fond de certains cratères, d'autres partent explorer des zones intéressant les géologues à des kilomètres de là, d'autres encore aident les astronautes au transport de matériel. Il y en a tant, et provenant d'un si grand nombre de pays, que l'ensemble compose ce qu'on appelle un "village robotique".

La base elle-même a été installée près du pôle Sud, sur le bord d'un cratère, le cratère Shackleton, qui présente une particularité étonnante. Alors que la plupart des régions de la Lune connaissent 14 jours de nuit complète suivis de 14 jours de soleil, cette zone longue comme une fois et demie les Champs-Élysées, à Paris, est illuminée par notre étoile quasiment tout le temps. Une aubaine ! Car, ainsi éclairées, des centrales solaires peuvent aisément produire l'électricité nécessaire au fonctionnement de la base. Et puis, la chauffer ne présente pas de grande difficulté. La température externe est en effet d'environ - 30 °C dans cette région, alors qu'elle fluctue ailleurs, de - 170 à 110 °C.

La base Gemini a été conçue pour être autonome et dépendre aussi peu que possible des approvisionnements venus de la Terre. Car ceux-ci sont chers et difficiles à organiser, donc rares. Ainsi le recyclage est-il poussé au maximum. L'humidité de l'air (due à la transpiration en grande partie) est récupérée dans des appareils pour en faire de l'eau potable après filtration et traitements divers. Le recyclage concerne même l'urine : un dispositif extrait l'oxygène qu'elle contient et le diffuse dans la base pour être respiré par les astronautes. Quant aux excréments, ils sont employés comme engrais dans une serre où poussent légumes, fruits et même plantes ornementales, pour le plaisir des astronautes.

Bref, tout se présente au mieux. Au point que Denzel Masterpiece, pourtant militaire endurci, se laisse griser par sa nouvelle vie et oublie dans quel milieu hostile il habite désormais. Mais la Lune peut aussi se métamorphoser en enfer ! Trois mois après son alunissage, l'ancien commandant des l'US Air Force va bientôt s'en rendre compte.Vue d'artiste d'une base lunaire 2Des véhicules spécifiques devront être mis au point pour les déplacements des scientifiques sur la Lune. Vue d'artiste.
© NASA

Le 9 juin, une alarme assourdissante se déclenche dans la base. Trois sons brefs suivis d'un son long. Denzel Masterpiece sait ce que cela signifie : "Orage de protons" !, s'écrit-il. Aussitôt, tous les astronautes se précipitent vers le module de sauvegarde qui, enterré dans le sol lunaire, permet de se protéger des bouffées de particules envoyées périodiquement par le Soleil. Au mieux, ces radiations vont endommager les cellules biologiques des astronautes s'ils ne se protègent pas et favoriser l'apparition de cancers des décennies plus tard. Au pire, elles peuvent entraîner la mort d'un homme en quelques jours lors d'orages de protons particulièrement intenses.

Le lendemain, c'est une météorite qui s'abat à proximité du véhicule transportant Denzel Masterpiece jusqu'aux centrales solaires, dont l'une est tombée en panne. Le cratère qui vient de s'ouvrir dans un éclair de lumière présente un diamètre de 14 m. Le scientifique de l'équipe, la géologue Jennifer Terry, calcula plus tard qu'un petit rocher, long de 25 cm seulement, lancé à 140 000 km/h, était le responsable de ce véritable trou d'obus. La Lune, en effet, ne possède pas d'atmosphère, contrairement à la Terre. Sur notre planète, c'est ce qui explique l'échauffement des météorites au moment de leur chute et, la plupart du temps, leur réduction en poussière avant qu'elles ne touchent le sol.

Mais toutes ces catastrophes ne sont rien comparées à celle qui va s'abattre une semaine plus tard sur l'un des astronautes. Ce jour-là, Raju Kumar a commencé à éternuer. Au réveil, dans la journée, au moment de se coucher, sans jamais s'arrêter. "Tu fais une allergie à la poussière lunaire, comme Harrison Schmitt au cours de la mission Apollo 17 en 1972 !", diagnostique Denzel Masterpiece. Malgré les médicaments, cela ne passe pas. Jusqu'au retour sur Terre, le pauvre Raju va vivre un véritable calvaire. Bien sûr, il ne peut plus travailler et aider ses camarades. Mais ce n'est pas le pire. Le plus terrible, c'est de savoir que des centaines de millions de personnes sur Terre suivent en direct ses mésaventures, et rient à chacun de ses éternuements, comme s'il était le vulgaire héros d'une émission de télé-réalité…


NDLR : cet article est une fiction. Il est toutefois vraisemblable, puisqu'il s'inspire directement du programme de la Nasa "Vision for space exploration" de retour sur la Lune. Les noms des astronautes ont été inventés.

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