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Pacifique : le rendez-vous des déchets

Portés par les courants marins, les déchets plastiques s’accumulent dans le Pacifique. Il faut dire que rien qu'en France, un million de sacs plastiques sont mis en circulation toutes les heures !

Déchets plastiques sur une plageÉchantillon des nombreux plastiques retrouvés sur les plages, ici à Kahuku beach (Hawaï).
© Alex Hofford / Greenpeace

Certains parlent d'un véritable continent poubelle. Si le terme "continent" est exagéré, la réalité est bien là : dans le Pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets plastiques s'accumulent en flottant sur des milliers de kilomètres carrés.

C'est dans les années quatre-vingt-dix qu'a été découvert le phénomène, grâce au navigateur et océanographe canadien Charles Moore. Jusque-là, personne n'avait observé cette accumulation de plastique car celle-ci se trouve dans une zone isolée du Pacifique, en dehors des routes maritimes traditionnelles. Impressionné par la quantité de déchets, Charles Moore décide d'approfondir ses recherches et crée pour cela une fondation nommée Algalita Marine Research Foundation dont le siège est basé en Californie.

Le mouvement écologiste Greenpeace s'intéresse également au problème : en 2006, il organise une expédition avec des scientifiques à bord d'un navire pour réaliser des mesures. Les résultats sont alarmants, comme l'explique François Chartier, qui travaille pour la campagne "Océans" au sein de Greenpeace France : "Les déchets s'accumulent sur une surface équivalente à au moins une fois la taille de la France, peut-être même beaucoup plus… Dans cette zone, la concentration de plastique est six fois supérieure à la concentration de plancton ! Vous imaginez à quel point cela peut nuire à l'écosystème."

Échantillon d'eau saturée en déchets plastiquesDepuis plusieurs années, on observe dans le Pacifique l'accumulation de matières plastiques de très petite taille. Ce "tourbillon d'ordures" (trash vortex) est maintenu en place par les courants océaniques du nord du Pacifique.
© Algalita Marine Research Foundation
Impossible cependant, de rendre visible cette pollution par une image satellite car les déchets se situent pour la plupart entre deux eaux. De plus, on ne retrouve pas un sachet ou une bouteille en l'état : le plastique a été décoloré, fragmenté et usé par l'action de l'eau. Résultat : "L'ensemble n'est ni solide ni compact, il s'agit plutôt d'une sorte de soupe, décrit François Chartier, ce qui est d'autant plus dangereux car les micro-déchets peuvent être ingérés par les animaux et menacer leur santé."

Mais pourquoi tous ces déchets se retrouvent-ils au même endroit, au beau milieu de l'océan Pacifique ? "Ce phénomène est lié à la circulation générale des courants marins qui forment un tourbillon, explique François Galgani, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). Au centre de ce tourbillon, il y a une zone de calme où tout ce qui flotte se rassemble." Les scientifiques parlent de "trash vortex", tourbillon d'ordures en français.

L'océan Atlantique connaît le même phénomène : il se produit à l'est des îles des Bahamas, au niveau de ce que l'on appelle la mer des Sargasses, du nom des algues qui prolifèrent à cet endroit. Selon Greenpeace, il existe aussi un autre trash vortex dans le Pacifique Sud, mais la pollution y est moins importante car les courants marins drainent les déchets de lieux peu urbanisés, alors que le Pacifique Nord concentre la pollution issue des côtes américaines et asiatiques.

En effet, "80 % des déchets retrouvés dans l'océan proviennent de la terre," affirme François Chartier qui pointe une "responsabilité à la fois individuelle et collective." Car si chacun doit faire attention à ne rien jeter sur la plage, cette pollution est également liée à ce que l'écologiste nomme "notre société de suremballage et de surconsommation de plastique." "Un million de sacs plastiques sont distribués chaque heure en France, confirme François Galgani de l'Ifremer, ce qui représente 16 milliards de sacs par an. Aux États-Unis, on atteint même 320 milliards." Quelque temps plus tard, une partie de ces sacs se retrouve, avec d'autres débris, au milieu du Pacifique.

"Techniquement, on pourrait réussir à nettoyer l'océan en récupérant ces micro-déchets à l'aide de filets très fins, souligne François Chartier. Cependant, les sommes à investir sont absolument pharaoniques." Sans compter qu'il faudrait obtenir à ce sujet un consensus de la communauté internationale puisque l'on se trouve là en haute mer.

Mais la véritable solution, celle qui aura des effets à long terme, consiste à réduire notre consommation de plastique. Les mentalités commencent désormais à changer. Ainsi, la France prévoit d'interdire les sacs plastiques en 2010. Un premier pas, en attendant d'autres mesures pour résoudre ce problème de la pollution des océans.

CE QU'IL FAUT RETENIR

  • Le Pacifique Nord concentre la pollution issue des côtes américaines et asiatiques.
  • Les hautes mers ne relèvent de la souveraineté d'aucun État.
  • Entre 1970 et 2000, la production d'acier a augmenté de 40 %, celle de l'aluminium de 140 % et des plastiques de 400 %.

    En France :

  • La production de plastique est passée de moins de 0,5 millions tonnes en 1960 à 6,5 millions de tonnes en 2006.
  • Environ 70 000 tonnes de sacs plastiques sont utilisés chaque année.
  • Les sacs représentent environ 1,1 % des plastiques et 2,9 % des emballages consommés.
  • Il est prévu d'interdire les sacs plastiques à partir de 2010.

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