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Peur panique face... à une araignée !

Hurlements, trépignements face à une petite bête toute frêle sur ses 8 pattes et que vous pourriez anéantir d'une pichenette ? Au point de ne pas rentrer dans une pièce si le risque se présente d'une rencontre avec ladite bête ? Il n'y a pas de doute, vous êtes phobique. Et si cette peur panique s'empare de vous devant une araignée, alors votre cas est clairement identifié : vous êtes arachnophobique. C'est grave docteur ? Pas vraiment, et de toute façon ça se soigne !

image art junior araigneeL’arachnophobie, la peur des araignées, est une des phobies spécifiques les plus fréquentes. Aucune recherche n'a encore apporté de réponse définitive quant à son origine, mais une de ses composantes pourrait remonter à une peur ancestrale et innée inscrite dans nos gènes.
© SXC

Quand j'ai aperçu ses huit pattes, mon cœur s'est mis à battre très fort. Puis j'ai senti la chaleur envahir mon corps, la sueur dégouliner dans mon cou. Mes jambes sont devenues flageolantes, et j'ai cru que j'allais m'évanouir. Alors j'ai hurlé… si fort que, d'un coup, tous les regards de la classe se sont braqués sur moi. Comment leur expliquer ma crise de panique face à une araignée ?

Je savais d'avance ce que la prof de sciences naturelles allait me dire : "Enfin, ce n'est qu'une petite bête !". D'ailleurs, elle a essayé de me raisonner. Elle m'a expliqué que sur les 45.000 espèces d'araignées existant dans le monde, les quatre réputées mortelles ne vivent pas en France, mais dans des pays plus chauds. Elle a ajouté que les crochets venimeux avec lesquels les araignées mordent ne sont généralement pas assez durs pour traverser notre peau. Et elle soutient mordicus que s'il y a bien une petite dizaine d'araignées françaises dont la morsure est douloureuse (dont celle de notre veuve noire à nous), la probabilité de se faire mordre par l'une d'elles est du même ordre que celle d'être touché par la foudre. En plus, il paraît que les araignées ont souvent une très mauvaise vue : même si on a l'impression qu'elles nous foncent dessus, ça n'est certainement pas leur intention !

Normalement, ces infos auraient dû me rassurer. Mais les araignées me terrorisent tellement que je ne suis même pas capable de les regarder en photos ! C'est bien plus que de la peur : c'est une phobie. Et comme elle m'empêche de vivre normalement, mes parents m'ont emmené voir un psychiatre. D'après lui, il y a derrière cette phobie une peur ancestrale et innée inscrite dans mes gènes. Une peur qui, dans la longue histoire de l'Homme, a d'abord constitué un réflexe de survie : il s'agissait de fuir ou d'éviter ce qui pouvait nous tuer ou nous rendre malade. Évidemment, il y a aussi le contexte familial. Ma mère a elle-même une sainte horreur des araignées, et elle ne peut pas s'empêcher de prendre la tangente quand elle en voit une ; et puis, mes parents sont plutôt du style à me dire "fais attention à çi, ne t'approche pas de ça", plutôt que de m'encourager à contrôler mes peurs. Enfin, j'ai vaguement le souvenir d'une expérience un brin traumatisante dans ma petite enfance : une grosse araignée velue qui s'était glissée dans mon lit, et avait décidé de se promener sur mon visage…

Si je suis victime de phobie, c'est donc pour toutes ces raisons. Mais je suis loin d'être un cas à part : mon psychiatre m'a raconté qu'un Français sur dix* souffre de phobies lui rendant la vie insupportable. Bien sûr, tous ne sont pas victimes des mêmes phobies. Parmi elles, il y a en gros trois catégories : les phobies spécifiques, l'agoraphobie et les phobies sociales. Les premières se définissent par la peur excessive d'un objet ou d'une situation : on peut ainsi paniquer à la vue d'un animal (araignée, souris, chien…)**, à celle du sang, d'une blessure ou d'une seringue, mais aussi dans certains environnements (pendant une tempête, dans l'eau…), ou dans des situations bien précises (en avion, dans l'ascenseur…). L'agoraphobie, elle, se caractérise par la peur irraisonnée de ne pas pouvoir s'échapper d'un endroit (métro, théâtre, cinéma…) ou de ne pas y trouver de secours en cas de malaise. Quant aux phobies sociales, qui sont les plus fréquentes et les plus handicapantes des trois, elles correspondent à la crainte maladive d'être jugé ou observé par les autres : il est alors impossible de parler ou de manger en public, de passer devant une terrasse de café, etc.

Naturellement, d'après mon psychiatre, toutes ces phobies se soignent. Avec des moyens différents selon le type de phobie et le thérapeute. Mais à l'écouter, ce qui donne les meilleurs résultats, c'est la psychothérapie comportementale. De quoi s'agit-il ? D'apprendre à contrôler ses émotions par des travaux pratiques. Dans mon cas, c'est très simple. La prochaine fois que je le vois, il va m'inviter à respirer calmement, à me relaxer, puis à regarder une photo d'araignée. Ensuite, au fil des consultations, on va passer à l'étape suivante : une vidéo sur laquelle on voit des araignées en mouvement. Puis je devrais être capable de me retrouver en face de vraies araignées : d'abord mortes, et pour finir vivantes. Rien que d'y penser, ça me fait froid dans le dos. Mais mon psychiatre m'a dit que si je préférais, je pourrais consulter un de ses collègues et suivre la même thérapie en réalité virtuelle***, grâce à un casque et un écran vidéo en trois dimensions. Il me reste une semaine pour choisir. Ce qui est sûr, c'est que je suis bien décidé à guérir : finies les humiliations devant toute la classe !

* La dernière grande étude française (Lépine et Lellouch 1994) indique que des troubles phobiques sont observés chez 10,5% des hommes et 23,2% des femmes. L'étude américaine de Curtis en 1998 révélait ces troubles pour 11,3% de la population. Tout varie en fonction des instruments de dépistage utilisés, et notamment de la manière de définir le handicap, et donc le seuil peur-phobie.
** Pour la phobie des animaux, les trois plus fréquentes sont dans l'ordre : insectes, souris, serpents. Lié sans doute à la fréquence des ennuis (morsures) pouvant survenir lorsqu'on est issus des hommes préhistoriques.
*** À l'hôpital de la Salpêtrière (Paris), une équipe dirigée par le professeur Roland Jouvent et le docteur Antoine Pelissolo utilise la réalité virtuelle pour traiter l'agoraphobie.

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