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Sangsues et asticots, de retour dans nos hôpitaux…

Savez-vous que les sangsues sont de nouveau prescrites par les médecins ? Que face à une plaie qui ne cicatrise pas, on vous proposera un jour des pansements d’asticots ? Non, ne pâlissez pas ! Ne déguerpissez pas !

Sangsues médicinalesLa sangsue médicinale (Hirudo medicinalis) est utilisée dans différents domaines de la médecine.
© Ricarimpex

Il faudra bien s'y faire : les petites bêtes reviennent à la mode dans les hôpitaux… pour notre plus grand bien. Commençons par la plus belle, l'ondulante et chatoyante sangsue médicinale, Hirudo medicinalis. Des fresques égyptiennes, des écrits grecs,... attestent de son utilisation dès la plus haute antiquité. Mais au XIXe siècle, c'était nous, cocorico, les champions mondiaux de sa "consommation". J'en vois qui sont contents de ne pas être nés plus tôt !

Le chirurgien en chef de l'armée de Napoléon, François-Joseph-Victor Broussais, surnommé "le vampire de la médecine", avait lancé la mode. On en prescrivait alors plusieurs millions chaque année pour soigner les pharyngites, les problèmes ophtalmiques, l'obésité, les désordres mentaux… Ces sangsues étaient souvent appliquées sur l'abdomen. En effet, la doctrine de ce médecin était "Toute maladie étant une hyperstimulation, le plus souvent une inflammation de l'estomac, il faut la combattre par des mesures anti-inflammatoires, par l'application de sangsues, de préférence sur l'abdomen et par une diète stricte". Pour en savoir plus sur les diverses utilisations, consulter le Mémoire sur les sangsues (voir ressources ).

Une véritable activité commerciale existait alors autour des sangsues. On en pêchait, jambes nues, dans les étangs ; on en importait ; on en élevait dans des bassins ; on en vendait vivantes dans les pharmacies. Et puis, un jour, on a dû reconnaître que leur usage n'avait pas les effets escomptés… surtout face aux épidémies de choléra, une maladie qui provoquait des diarrhées terribles et rapidement mortelles.

L'assèchement des marais, ainsi que l'utilisation massive des pesticides et herbicides, eurent finalement raison des sangsues médicinales : elles ont déserté nos étangs. Aujourd'hui, c'est dans les réfrigérateurs des hôpitaux et chez Ricarimpex, la société girondine qui a repris leur élevage, qu'on peut en trouver.

Mais rassurez-vous, si les médecins prescrivent à nouveau les sangsues (hirudothérapie), c'est cette fois-ci dans un but bien précis : pour éviter le rejet des greffes, et notamment des greffes de doigt. "Chaque jour, un doigt est arraché par une alliance. La majorité de ces accidents sont des accidents de la vie courante qui pourraient facilement être prévenus. Par exemple en faisant fendre les anneaux ou en achetant des alliances avec un point de faiblesse", rappelle le Dr Emmanuel Masmejean.

Reste ensuite à recoudre les bouts et à reconnecter le système sanguin, ce qui est facile pour les grosses artères, beaucoup plus difficile pour les petites veines. Résultat, les artères amènent bien le sang depuis le cœur jusqu'à l'extrémité greffée, mais ensuite il n'en repart pas ! Le sang s'accumule, la greffe peut alors tomber. C'est là que les sangsues interviennent. Avec leur ventouse antérieure munie de trois cents dents, elles aspirent l'excès de sang. "Sur un bout de doigt, on va mettre une sangsue toutes les heures, elle va bien sucer le sang, et dès qu'elle sera rassasiée, elle descendra toute seule", explique le Dr Patrick Knipper. Et ainsi de suite pendant trois jours ; soit un total d'environ quinze sangsues par doigt ! J'en vois déjà qui tournent de l'œil… Ressaisissez-vous ! La salive des sangsues contient en plus un cocktail de molécules qui assure le succès des greffes : des anesthésiques, des vasodilatateurs, des anticoagulants... On n'est pas prêt de fabriquer un médicament avec tous ses composants !
AsticotCe sont les asticots de la mouche verte (lucile soyeuse) qui sont utilisés en asticothérapie.
© Seobe

Après l'hirudothérapie, l'asticothérapie ! Première chose, sur les 80 000 espèces de mouches, une seule convient : la lucile soyeuse, ou Lucilia sericata, dont les larves se nourrissent exclusivement de tissus morts. Les médecins redécouvrirent les bienfaits de ces asticots durant la Première Guerre mondiale, en constatant l'effet miraculeux de leur présence dans les plaies des blessés. Le boom des antibiotiques à la Seconde Guerre mondiale les fit cependant, pour un temps, tomber dans l'oubli.

Aujourd'hui, les asticots de la lucile soyeuse ont de nouveau la cote : plus de 3 000 médecins les utilisent dans plus de 20 pays, sur environ 10 000 patients chaque année. Ils sont en effet parfaits pour nettoyer les plaies pas tout à fait nettes ou nécrosées, difficiles à attaquer au scalpel, ou quand les antibiotiques n'ont plus d'effet sur les populations de bactéries qui s'y sont multipliées. Avec leur salive, en outre cicatrisante, les asticots ont ainsi évité l'amputation à de nombreuses personnes.

En France, les asticots ne sont pas encore accrédités dans nos hôpitaux. Mais plus pour longtemps, des études cliniques et scientifiques étant actuellement en cours. Que les moins téméraires se rassurent, il existe maintenant des pansements d'asticots, qui évitent de tomber nez à nez avec une armée de corps mous et blanchâtres… se dandinant et se nourrissant sur notre peau !


Remerciements à :
Brigitte Latrille, présidente de Ricarimpex

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