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Selam : le plus vieil enfant du monde...

C'est une enfant âgée de 3,3 millions d'années qui a surgi des bords du fleuve Awash, en Éthiopie. Elle était de la même famille que Lucy, notre lointaine cousine. Les chercheurs l'ont baptisée "Selam", ce qui signifie "paix" en éthiopien.

Crâne d’enfant australopithèqueVoici le crâne de la jeune australopithèque Selam, qui vivait il y a environ 3 millions d'années.
© Zeresenay Alemseged

10 décembre 2000. Le cœur de Zeresenay Alemseged, un jeune paléontologue éthiopien, bat à tout rompre. Devant lui, gît le haut d'un crâne. Or c'est précisément ce que sa petite équipe cherche depuis des jours dans les collines de sable du nord-est de l'Éthiopie. Il faut dire que le site qu'ils fouillent, Dikika, se trouve seulement à 10 km de l'endroit où reposait le squelette de la célèbre Lucy, cette jeune femme australopithèque morte voici 3,2 millions d'années. Et après avoir déterré quantité de fossiles d'animaux, Zeresenay espérait découvrir un squelette du même genre. Maintenant, il n'a plus qu'une idée en tête : filer au Musée national d'Addis-Abeba, pour comparer le crâne qu'il a trouvé à d'autres. Car s'il est sûr que son fossile est bien un hominidé, cette grande famille qui rassemble les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et les hommes, rien ne lui permet encore de dire qu'il s'agit d'un proche de Lucy, qui était de la famille des australopithèques (c'est-à-dire des hominidés caractérisés par une station debout et par une technologie rudimentaire de pierre taillée, ayant vécu de -4,5 à -1 million d'années)…

Bingo ! Cette fois, il en est sûr : il détient un trésor. Au vu des premières comparaisons sur l'inclinaison de la nuque, la forme de la mâchoire, ou encore les arcades sourcilières, le crâne de son fossile est bien celui d'un Australopithecus afarensis (voir schéma,) comme Lucy. Mais il y a mieux. Le crâne est si petit qu'il devait appartenir à un enfant. En plus, son équipe a aussi mis à jour une omoplate et des vertèbres. Et en fouillant davantage, le chercheur est sûr de trouver bien d'autres os. En bref, Zeresenay sait qu'il aura bientôt entre les mains un squelette de jeune australopithèque plus complet que celui de Lucy. Or si les paléontologues ont l'habitude de découvrir des fossiles d'enfants de Neandertal (espèce d'hominidé fossile uniquement européenne, ayant vécu de -120 000 à -35 000 ans), ceux de jeunes australopithèques sont beaucoup plus rares (une vingtaine en tout) et généralement réduits à quelques os ou dents ! Le fossile de cet enfant est donc exceptionnel. Mais pour le faire "parler", il y a encore beaucoup de travail...

Site de Dikika 1Site de Dikika 1, dans la basse vallée de l'Awash, en Ethiopie. C’est ici qu’a été découvert le squelette de Selam.
© Geraads Denis/CNRS photothèque
D'abord, il faut retourner à Dikika pour exhumer d'autres éléments du squelette : trois nouvelles expéditions seront ainsi menées en 2002 et en 2003, qui permettront de rapporter des os de bras, de mains, de jambes et de pieds. Ensuite, il faut débarrasser les os du grès (les dépôts de grès dans les rivières sont importants) qui les enveloppe : dans les laboratoires du Musée national d'Éthiopie, des milliers d'heures seront nécessaires à Zeresenay pour dégager complètement le crâne et plusieurs autres pièces de leur coque rigide, grain par grain, sous le microscope. Enfin, il faut aussi étudier les animaux fossiles trouvés autour de Selam (pour savoir dans quel environnement vivait le jeune australopithèque) et dater les roches dans lesquels ils reposaient. Tout cela va demander du temps : environ six ans ! Mais s'avérer payant : en septembre 2006, Zeresenay et ses collaborateurs peuvent enfin annoncer que Selam vivait voici 3,3 millions d'années, que c'était une fille, qu'elle avait trois ans à sa mort, et qu'elle utilisait à la fois ses jambes et ses bras pour se déplacer à terre et dans les arbres.

L'époque à laquelle la petite Selam déambulait avec ses parents est connue par la datation des roches qui l'enveloppaient. Quant aux fossiles qui l'accompagnaient, ils comprennent des éléphants, des hippopotames, des rhinocéros et autres antilopes. Grâce à eux, on sait que Selam était entourée de cours d'eau, de petits îlots forestiers et de savane. Arbre phylogénétique du genre homoSur cet arbre phylogénétique du genre homo, Lucy et Selam se trouvent au niveau des australopithèques afarensis (A.afarensis).
© Neekoo pour www.hominides.com
L'absence de traces de morsures sur son squelette fait dire aux chercheurs qu'une crue a sans doute permis à son corps d'être rapidement enseveli, au milieu des grès déposés par la rivière. Quant à l'âge de l'enfant, il a été déterminé en comptant ses dents de lait et en regardant au scanner quelles dents définitives étaient prêtes à sortir : leur développement est similaire à celui d'un chimpanzé de trois ans. En mesurant le diamètre des dents définitives encore insérées dans la mâchoire, Zeresenay et son équipe en concluent également que c'est une fille : chez elles, le diamètre de certaines dents est plus petit. Enfin, la forme de ses pieds, de ses genoux et des os de ses jambes, tout comme la position de son "trou occipital" (par lequel la moelle épinière rejoint le cerveau) font dire aux chercheurs que Selam marchait debout. Pourtant, ses phalanges et ses omoplates ressemblent à celles de jeunes gorilles, ce qui laisse penser qu'elle était une bonne grimpeuse. Cela lui permettait sans doute de se réfugier dans les arbres en cas de danger…

Le fossile de Selam a encore bien des choses à dire : on a par exemple retrouvé chez elle un petit os situé dans le larynx qui joue un rôle essentiel dans la capacité à émettre des sons, et donc dans la voix. Mais beaucoup d'os restent prisonniers de leur gangue de grès : avant de les faire parler, Zeresenay a donc encore du pain sur la planche !

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