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À la découverte des métiers scientifiques

  • Posté le : Samedi 23 Décembre 2006
  • |
  • par : G. Tixier

En une matinée, ils ont découvert qu’il y a une vie après la mort, que la lumière permet d’explorer la matière et que les maisons de demain seront intelligentes… Non, ce samedi 9 décembre 2006, les élèves de 1ère S9 du lycée Corot de Savigny-sur-Orge n’assistaient pas à un festival du film fantastique mais bien au forum des métiers scientifiques et techniques organisé par le Conseil général de l’Essonne et l'Inspection académique de Versailles à l’Université d’Évry.

Forum des métiers 2006Lycéens assistant à une démonstration sur le stand du Synchrotron Soleil, le samedi 9 décembre 2006 dans le cadre du forum des métiers "redonner le goût des sciences".
© Banque des savoirs / CG91

Revivez la matinée de ces lycéens grâce au reportage vidéo "forum 2006 des métiers", dans la rubrique "en savoir plus", au bas de cet article.


Répartis en deux group.es, encadrés par leurs professeurs, Dominique Castanet et Marjorie Pescheux, la trentaine d'élèves de la 1ère S9 du lycée Corot de Savigny-sur-Orge ne s'attendait sans doute pas à une matinée aussi bien remplie. Tout a commencé, dès 9h, par la projection d'un film surprenant : "La vie après la mort d'Henrietta Lacks" de Mathias Thery. Il s'agit d'une sorte de journal de bord en images, illustrant les déconvenues d'un jeune chercheur qui s'efforce de cultiver les cellules d'une femme morte depuis une cinquantaine d'années*. Tandis que des éclats de rires ponctuent ses moments de doute, ses tentatives désespérées pour comprendre comment se déplacent les cellules, ou encore ses relations complices avec son chat, la salle se fait plus grave quand le chercheur s'interroge sur le mystère de la vie. Des applaudissements éclatent spontanément à la fin de la projection de ce drôle de film qui donne une vision très humaine de la recherche.

Pour animer le débat qui fait suite, trois chercheurs font face à nos lycéens : Joëlle Le Gallic, une chimiste qui travaille dans l'industrie agro-alimentaire, Anne Garnier, qui étudie l'atmosphère pour le CNRS et Caroline Barban, astrophysicienne à l'Observatoire de Paris. La glace est vite rompue, surtout lorsque Joëlle confie avoir passé son bac au lycée Corot, ainsi nommé en référence au peintre impressionniste Jean-Baptiste Camille Corot. Nom qui est décidément à l'honneur puisque Caroline travaille sur la mise en orbite terrestre, prévue pour le 27 décembre 2006, d'un télescope spatial baptisé Corot ** ! Les trois scientifiques évoquent sans fard leurs parcours, leurs métiers, leurs passions. Les questions sont précises, les réponses aussi. "Est-ce que ça gagne bien ? Est-ce que vous pouvez vous offrir des vacances, des voitures ? " Caroline déclare 1 700 euros nets par mois, Anne en touche 2 700, tandis que Joëlle fait s'exclamer la salle avec ses 4 000 euros et sa voiture de fonction. Les élèves découvrent qu'aucune de ces "femmes savantes" n'avait réellement de vocation, que leur orientation s'est faite assez tardivement, au cours de leurs études universitaires, au hasard des rencontres. Et qu'elles n'étaient pas toutes premières de la classe non plus… Un dernier conseil ? "La science n'est pas tout leur rappelle Joëlle, n'oubliez pas d'apprendre les langues, surtout l'anglais, et d'avoir une bonne culture générale…"

Le débat doit céder la place à la visite des différents stands réunis dans le hall de l'Institut des Sciences de l'Université d'Évry. Pour cette deuxième édition, le Conseil général de l'Essonne a vu grand : près de vingt-cinq organismes prestigieux ont répondu à l'appel et accueillent les lycéens pour leur présenter leurs savoir-faire et les différents métiers associés à leurs activités. Éprouvettes et tubes à essai sur la paillasse du CEA (Commissariat à l'énergie atomique), maquette de la fusée Ariane pour le CNES (Centre National d'Études Spatiales), mottes de terre et variétés de pommes sur le stand de l'INRA (Institut national de recherche agronomique), ou encore ballons sondes pour l'association Planète Sciences : les présentations sont aussi variées que les secteurs représentés. Les stands sont regroupés par pôles : informatique et télécommunications, robotique et domotique, santé et biologie, alimentation et nature, lumière et optique, orientation et animation… Impossible de tout voir, il faut faire des choix. Tandis que le groupe piloté par Mme Castanet s'attarde sur les stands de l'INRA et du synchrotron Soleil, celui que dirige Mme Pescheux se concentre sur ceux de Schneider Electric et de l'Institut centre d'optométrie.

Pas de grands discours, mais du concret, dans un langage clair. À chaque fois, les scientifiques commencent par décrire ce qu'ils font, en n'hésitant pas à recourir à quelques expériences simples comme, par exemple, l'analyse du spectre lumineux sur le stand du synchrotron. Charge aux élèves de leur poser des questions sur leur métier… Un peu timides devant les chercheurs, les lycéens sont plus bavards entre deux stands lorsqu'ils évoquent leurs découvertes… Amélie, qui se verrait bien pédiatre, a été marquée par la présentation de la pollution des sols sur le stand de l'INRA, tandis qu'Aude s'enthousiasme plutôt sur l'aventure humaine de la recherche, découverte à l'occasion de la projection du film. Florian, qui voudrait faire de la mécanique automobile, a été séduit par les systèmes de formation en alternance qu'on lui a présentés. Enfin, Julie est ravie d'avoir pu poser directement des questions très précises sur son orientation.

En l'espace d'une matinée seulement, chacun des quelques trente élèves de 1ère S9 a pu entrevoir des aspects inédits de la science, découvrir des métiers souvent insoupçonnés et rencontrer ceux qui les pratiquent afin de bénéficier de leurs conseils : des échanges riches, qui, à en croire les élèves, redonnent le goût des sciences...


* Henrietta Lacks est morte en 1951 d'une tumeur cancéreuse à développement très rapide. Ses cellules sont les premières à avoir pu être cultivées in vitro, sous le nom de souche HeLa.

** Le télescope spatial Corot (COnvection, ROtation and planetary Transits) est un projet d'astronomie qui réunit le CNES, le CNRS ainsi que des sociétés et laboratoires allemands, autrichiens, belges, espagnols et brésiliens. Pour en savoir plus : smsc.cnes.fr/COROT/Fr/ 

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