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Apprentis scientifiques à Beyrouth

  • Posté le : Lundi 7 Mars 2011
  • |
  • par : S. Delage

Une association essonnienne, A fond la Science, monte des expositions dans les pays francophones pour donner le goût des sciences à travers livres et jeux. Récit de leur dernière aventure au Liban.

Expérience autour des livres de scienceLe point de départ : les livres de sciences.
© A fond la science.

Beyrouth, octobre 2010. A la nuit tombée, les habitants profitent de l’air qui s’est enfin adouci pour sortir en ville. Ce soir est un soir particulier, de vastes tentes blanches montées dans l’hippodrome suscitent la curiosité, parents et enfants s’approchent. On y parle arabe, français et anglais. Et surtout, on y parle de science. Ou plutôt, on y joue la science.

Un des nombreux stands de ces "Journées de la science" est dédié à la découverte de l’astronomie. L’appétit des petits et des grands s’aiguise grâce à une approche ludique et interactive autour du livre. C’est par la bouche d’une petite fille que l’on apprend l’histoire des étoiles. Toute la famille est conviée à former une ronde. La mère, au centre, représente le soleil. Les enfants miment les planètes, tournent sur eux-mêmes et autour du soleil. Tout ce petit monde a endossé un tee-shirt à l’effigie de l’astre qu’il représente. Projetés dans l’univers, tous les membres de la famille s’émerveillent de l’infiniment grand. Marie Girod, qui dirige l’association essonnienne A fond la science, à l’origine de cette initiative, se souvient :Stand de nuit A fond la Science au LibanDe jour comme de nuit, les participants ont été nombreux.
© A fond la science.
"Nous sommes partis du récit documentaire pour aller vers une animation interactive, vers le jeu. C’était émouvant de sentir le plaisir de cette grande famille à découvrir ensemble." Pour ceux qui veulent en savoir plus, le stand voisin propose de partir à la découverte de Galilée. L’accent est mis sur l’histoire des sciences, sur la démarche des scientifiques à une époque donnée.

Du livre à l’expérience

L’approche n’est pas nouvelle pour cette association installée à Ballancourt en Essonne. Créée par un groupe de bibliothécaires passionnés de science, elle recevait en 1996 le prix de la meilleure création scientifique décerné par l’Académie des Sciences, pour l’exposition "Les couleurs de la lumière", une opération destinée au jeune public francilien. Depuis, A fond la science continue d’organiser des expositions interactives dans les pays francophones pour donner le goût des sciences. "Tout est parti du livre, explique Marie Girod. Nous avons monté un groupe de réflexion pour proposer un autre regard sur les livres avec comme objectif d’aller des livres à l’expérience." Les tournées se sont multipliées, notamment en Afrique de l’Ouest (Mali, Togo, Bénin). En 2008, A fond la science a monté un partenariat avec l’association des bibliothécaires du Liban (Assabil) et la région Ile-de-France pour monter des animothèques à Beyrouth. Suite au succès de 2008, les partenaires ont décidé de réitérer l’expérience en 2010. "Cela se passe en 3 phases, raconte Marie Girod. Tout d’abord, nous formons sur place des bibliothécaires et des animateurs libanais. Ensuite, nous accueillons avec eux le public autour de plusieurs thèmes. Cette année, il s’agissait de l’astronomie, de la biodiversité et de la chimie dans la vie quotidienne. Puis, ces 3 animothèques vont sillonner tout le Liban pendant deux ans."

Fascination de l’infiniment petit

Manifestation A fond la Science au LibanPour les organisateurs de la manifestation, il n’y avait pas de limite d’âge. Même les plus jeunes pouvaient trouver un intérêt.
© A fond la science.
Le public, qui a atteint plus d’un millier de personnes, est multiple. La journée, les classes défilent, malgré la température harassante qui atteint 40°C. Les familles affluent plutôt en soirée. La diversité est au rendez-vous : "Femmes voilées ou habillées à l’occidentale, catégories socioprofessionnelles multiples, tout le monde se retrouve avec la même envie d’apprendre", confie la présidente. Le Liban est une terre de mélanges et Beyrouth une cité polyglotte. Les panneaux exposés sont écrits en français et en arabe, les animateurs jonglent d’une langue à l’autre pour s’adapter au public. Sur le stand dédié à la chimie, un atome de carbone géant intrigue. Marie Girod explique que nous sommes tous fait d’atomes et fait pénétrer les visiteurs, étonnés et curieux, dans le monde de l’infiniment petit. Un grand aquarium, où flottent des boules rouges et blanches représentant des atomes d’oxygène et d’hydrogène, sert de support pour expliquer la nature étrange de la molécule d’eau. Puis, des échanges sur la chimie dans le quotidien s’amorcent, toujours en s’appuyant sur des livres.

"Nous avions souvent l’impression d’ouvrir une porte, de susciter l’envie d’en savoir plus, dit-elle. Cette curiosité, nous proposions de la nourrir par la lecture en dirigeant les visiteurs vers l’association Assabil, qui gère un réseau de bibliothèques gratuites sur le territoire libanais." Ainsi, Marie Girod a une fois de plus l’impression d’avoir atteint son but : amorcer le goût pour la science et le livre.

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