logo Essonne

Au secours de la roselière

  • Posté le : Lundi 16 Février 2009
  • |
  • par : G. Tixier

Certains rendez-vous nature du Conservatoire départemental des espaces naturels sensibles sont l’occasion de découvrir et de préserver un patrimoine remarquable. Ainsi, à deux pas de la commune de Boutigny-sur-Essonne, un chantier nature a récemment mobilisé des bénévoles au secours d’une zone humide composée de roseaux appelée roselière.

Bénévoles d'un chantier vert sur la rivière EssonneLes bénévoles et les trois gardes animateurs longent la rivière Essonne, afin de se rendre jusqu’à la clairière qui sera nettoyée ce jour-là.
© G. Tixier / Banque des savoirs

Ce samedi 7 février 2009, à 9h30, le parking de la mairie de Boutigny-sur-Essonne est rempli de véhicules dont les occupants, répartis en petits groupes, discutent entre eux. À en juger par leurs tenues, bottes en caoutchouc, treillis, vestes fourrées, ils ne sont pas venus pour un mariage. Ce qui les réunit ici malgré le froid et un ciel bas, annonciateur de neige, c’est une mission commune pour laquelle ils se sont tous portés volontaires : sauvegarder les roseaux du marais de Jarcy.

Ce "chantier nature" est une initiative conjointe de la commune de Boutigny-sur-Essonne, du parc naturel régional du Gâtinais français, du Conservatoire départemental des espaces naturels sensibles et d’une association locale, le Geai, dont l’objet est la sauvegarde du patrimoine naturel. Et pour ce week-end hivernal, la sauvegarde consiste à débroussailler une roselière, sept hectares de roseaux implantés dans un marais. Au signal du départ, tous reprennent place dans leurs voitures. Une camionnette estampillée du logo du Conseil général de l'Essonne ouvre la route devant les véhicules rassemblés en convoi aux portes de la mairie. À peine dix minutes de trajet et les voitures se garent sur le talus, de part et d’autre d’un petit pont surplombant la rivière Essonne.

Bénévoles et garde animateur – Chantier vert - rivière EssonneBénévoles et garde animateur procèdent au nettoyage de la clairière. Au fond, on observe le tas formé par tous les bois coupés.
© G. Tixier / Banque des savoirs
En file indienne, la trentaine de bénévoles réunis ce jour-là emboîte le pas des trois gardes animateurs du Conservatoire des espaces naturels sensibles et longe la rivière jusqu’à une petite clairière. Les gardes animateurs indiquent alors les grandes lignes de la mission. "Le terrain où nous nous trouvons est une zone humide classée espace naturel sensible depuis 1994. Cet habitat est une aire de nidification pour des passereaux d’Afrique, oiseaux migrateurs comme le phragmite des joncs, la rousserolle effarvatte ou le blongios nain. Ce dernier, en voie de disparition en Europe, ressemble à un héron. Pour l’instant, nous n’en avons jamais vu dans cette roselière. Mais vu l’entretien régulier du site et son étendue, on peut espérer qu’il en héberge un jour quelques-uns. Au cours du siècle dernier, plus de la moitié des zones humides françaises ont disparu, notamment en raison de l’abandon du pâturage. Ici, ce qui menace les roseaux, ce sont les arbres qui, en se multipliant, les privent d’eau et de lumière. Nous allons donc faire reculer la strate arborée pour permettre à la roselière de se développer…"

Joignant le geste à la parole, les gardes animateurs distribuent gants de caoutchouc, scies à main et sécateurs de force. Ainsi outillés, les volontaires de tous âges s’enfoncent dans les roseaux, sur les traces des gardes animateurs qui les guident jusqu’au secteur où ils vont se mettre à l’œuvre. La progression est hasardeuse, le pied s’enfonce dans l’eau parfois jusqu’à la cheville et les roseaux, qui font plus d’un mètre cinquante de haut, masquent le chemin tout juste tracé. Au pied d’un aulne, là où le sol est plus ferme, les volontaires se rassemblent à nouveau en demi-cercle pour écouter les dernières consignes : "Veillez à bien couper à ras et à plat les jeunes pousses de saule ou de cornouiller, tâchez de conserver quelques pieds de sureau dont les oiseaux aiment les fruits". Tandis que les volontaires s’égaillent dans la zone à nettoyer, les gardes animateurs s’efforcent de répondre à toutes les questions, identifiant les essences, renseignant sur la faune et l’écosystème, ou donnant simplement des conseils pour manier les outils…

Accroupis dans les roseaux, les nombreux participants arrachent, coupent, scient, … Jeunes et moins jeunes s’en donnent à cœur joie, et en moins d’une heure les bois coupés et ramassés forment une pile imposante de plus de 2 m de hauteur sur 4 m de large ! Pour se donner du cœur à l’ouvrage, l'un des participants déclame des vers de sa composition : "Nous sommes tous au Geai des amis des oiseaux / Nous leur facilitons la vie dans les roseaux...".    Si tous sont des amoureux de la nature, ils ne sont pas pour autant nécessairement membres d’association. Muriel est venue en famille, avec son mari, son fils et sa nièce : pour ces passionnés de randonnée, entretenir la nature est une nécessité. Nicolas, 15 ans et Benjamin, 13 ans, voient dans ces chantiers une occasion de partager un bon moment ensemble, loin de l’ordinateur ou de la console : "Le naturel, ça change du virtuel !". Enfin, Jean-Bernard, 64 ans, est venu de Ris-Orangis avec sa hachette et sa serpe : "Ces activités intergénérationnelles sont riches, à la fois porteuses de sens et de partage. La prochaine fois, je viens avec mes petits-enfants !" La pause-déjeuner, avec les pique-niques fournis par le Conservatoire départemental des espaces naturels sensibles, donne raison à Jean-Bernard : les groupes se mélangent et les conversations se mêlent sans distinction d’âge ou de milieu. Au moment du café, alors que les premiers flocons se mettent à tomber, ils sont quelques-uns qui, pour se réchauffer, ont déjà recommencé à travailler…  

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel