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Des BTS en route pour Mars

  • Posté le : Lundi 7 Septembre 2009
  • |
  • par : L. Fery

Curiosity. Le nouveau robot martien fait son entrée dans le panthéon des robots de l'espace. Une vedette que deux cents étudiants de BTS ont reproduite en maquette.

Rover MSL Curiosity - salon du Bourget 2009Le rover MSL Curiosity en présentation par un élève lors du salon du Bourget 2009.
© CNES / Pedoussaut Manuel, 2009

Décollage prévu en 2011. Terre d’arrivée : Mars, la planète rouge. Curiosity est un engin de la NASA monté sur roues et dédié à l’exploration spatiale. Cet "astromobile" est ce qu’on appelle, dans un langage plus courant, un rover. Sa mission est sans précédent : c’est la plus grande expérience scientifique jamais réalisée à la surface de Mars, avec dix instruments embarqués afin de déterminer si la planète a un jour pu réunir les conditions favorables au développement de la vie.

Ce projet est intitulé Mars Science Laboratory (MSL). Comme c’est souvent le cas dans l’exploration spatiale, il est le fruit de partenariats internationaux. Ainsi, des équipes françaises pilotées par le CNES contribuent à la réalisation de deux des instruments se trouvant à bord du rover. L'un d'eux, ChemCam, analysera la composition des roches. Il est cogéré par Sylvestre Maurice, astronome au Centre d'étude spatiale des rayonnements (CERS , Observatoire Midi-Pyrénées). C'est lui qui a décidé, en octobre 2006, de réaliser une reproduction fidèle de Curiosity.

Robot martien de la mission ROVER Curiosity Robot martien Curiosity. Ce rover est destiné à détecter des traces d'une ancienne chimie de la vie sur Mars. Lancement prévu en 2011.
© Nasa
L'objectif initial était de montrer au grand public, maquette à l’appui, l'intérêt de la mission du robot martien. Puis, en avril 2007, en concertation avec le CNES et l'Académie de Toulouse, le projet prend une orientation pédagogique. L'idée est alors de démontrer la capacité d'innovation des formations technologiques, mais aussi de donner des perspectives de débouchés aux étudiants. C'est ainsi que deux cent élèves, issus d'une quinzaine de lycées techniques, se sont répartis la conception de la maquette, des trains de roues au mât articulé. En seulement deux années, ils ont réalisé puis assemblé la maquette afin qu’elle soit prête pour l’un des grands rendez-vous de l’aérospatiale : le Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace de Paris – le Bourget

Certains élèves ont pu accompagner la maquette pour cette première exposition, en juin 2009. Ils étaient réunis sur le stand du CNES. Devant une équipe de télévision, un étudiant se concentre : il contrôle à distance les déplacements et les actions de la réplique du robot. "Les mouvements sont fidèles, mais la réplique n’a pas tout l’attirail (laser, caméras) du rover martien," précise-t-il. Et pour cause, c’était précisément l’un des défis du projet : les étudiants ne disposaient pas des plans détaillés du robot, lesquels étaient précieusement conservés par la NASA. Ils ont donc construit leur maquette à partir des photos de travail fournies par l'équipe de Sylvestre Maurice et de visuels 3D du rover. Autre contrainte : un cahier des charges très strict, avec un poids limite de 700 kg et un budget maximal de 100 000 euros.  

Construction de la réplique du robot martien CuriosityConstruction de la réplique du robot martien Curiosity par les élèves du BTS Victor Duruy, chargé de l'assemblage final.
© CNES/ Piraud Hervé, 2008
Ce cadre de travail a favorisé l'immersion dans le monde professionnel : "Il a fallu décrocher le téléphone pour consulter des entreprises," se souvient Mathieu Wender, ancien du BTS Conception de produits industriels (CPI) du lycée Pierre Paul-Riquet de Saint-Orens, ville de l'agglomération toulousaine. Avec des résultats à l’appui : "Grâce à leurs conseils, nous avons économisé 60 kg par train de roues et près de 12 000 euros sur le budget ! "

L’année filant à grande vitesse, il a fallu, dès avril 2009, passer à l’assemblage des pièces. Alain Escande, enseignant en BTS CPI et coresponsable de la réalisation des trains de roues, résume la richesse de ce projet collaboratif : "D’habitude, nous traitons les projets de BTS en interne, cette fois c'était l'occasion de montrer à tous ce que l'on sait faire en lycée technique ! " explique-t-il, sur le plateau de l’exposition CNES.

Côté étudiants, cette découverte de l’aérospatial ne restera pas sans suite. Samuel sait qu’après son BTS, il suivra une école d’ingénieur pour se spécialiser dans les technologies embarquées. "Il y a beaucoup de débouchés dans l'aéronautique, mais ce n’est pas exclusif," envisage-t-il confiant. Après avoir conçu une telle maquette, d’autres comptent désormais réaliser leur rêve d'enfant. Mathieu est tenté par un tour du monde en catamaran. D'où son projet de monter une entreprise de matériaux composites pour planches à voile et catamarans : "Si tout va bien après ma licence professionnelle, je pourrais monter ma boite avec un copain," projette-t-il. Décidément, le rover martien ouvre bien des horizons !  

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