logo Essonne

Des collégiens qui n'ont pas peur des piqûres

  • Posté le : Lundi 15 Octobre 2007
  • |
  • par : G. Tixier

À Guigneville-sur-Essonnes, le self du collège Léonard de Vinci se transforme en salle d’exposition et de conférence. Des élèves de 3ème lancent une campagne de communication sur la vaccination : affiches, bandes dessinées, fiches métiers... ils ont même invité un professeur de l’institut Pasteur. Rencontre avec des collégiens qui n’ont pas peur des piqûres !

Dessin choléra des poulesDessin réalisé par un élève du collège Léonard de Vinci, afin d'expliquer comment marche le vaccin contre le choléra des poules, découvert par Louis Pasteur.
© Guillaume Tixier / CG 91

Mais que se passe-t-il dans la classe d'art plastique des 3ème B du collège Léonard de Vinci de Guigneville-sur-Essonnes ? Une épidémie de poules malades envahit les feuilles de dessin, des microbes difformes bleuissent sous les crayons de couleurs, partout des seringues sont tracées à la règle... Des slogans fusent : "Devant la variole, faites pas les marioles ", "Méningite : on agit et vite ! ", "vaccine-toi contre la rubéole et tu auras une auréole "...

Loïc, 13 ans, est en train de dessiner un barbu en blouse blanche, je me renseigne : "C'est Louis Pasteur. Je suis en train de faire une planche de bande dessinée sur sa découverte, le vaccin contre le choléra des poules. Nous avons visité son musée à Paris la semaine dernière et nous préparons une exposition sur les vaccins pour la Fête de la Science".

Pour réaliser cette exposition, les collégiens travaillent d'arrache pieds depuis la rentrée. L'initiative est venue du Centre départemental de prévention et de santé (CDPS) de Corbeil-Essonnes, un des six CDPS du conseil général de l'Essonne. Des intervenants sont d'abord venus expliquer aux enfants, diaporama à l'appui, ce qu'était un vaccin et pourquoi il est utile de se faire vacciner. Puis ils ont pris contact avec l'Institut Pasteur... et le projet était lancé, les collégiens s'en étant ensuite emparés avec enthousiasme.

Ils ont réalisé de nombreuses affiches décrivant, souvent avec humour, quelques-unes des pires maladies contre lesquelles les vaccins permettent de se défendre : choléra, rage, tétanos, hépatite, typhoïde, coqueluche... une liste à faire frémir. Fabien, qui a réalisé l'affiche sur le BCG (vaccin contre la tuberculose), réalise maintenant une planche de bande dessinée : en quelques cases, il montre comment une maman peut protéger de la tuberculose son bébé : en le faisant simplement vacciner. De son côté, Mathieu représente des gens en train de se faire piquer à l'hôpital... "C'est la vaccination contre la variole, une maladie éradiquée depuis 1978. En fait, les hôpitaux ont vacciné tout le monde, et grâce à ça, la maladie a disparu. Je l'ai appris en cours de science et vie de la Terre ".

Mais au fait, c'est quoi un vaccin ? Anthony tente une explication : "On met des microbes affaiblis dans le corps d'une personne, après on met des microbes qui ont la même forme et ils se font tuer, comme les précédents. Ça fait un vaccin parce que les globules blancs arrivent à battre les microbes". Anaïs précise : "quand les microbes arrivent, les globules blancs se défendent, et si jamais les microbes reviennent, les globules blancs sont intelligents : ils se souviennent et se défendent plus facilement ". Comme je reste perplexe, Jolan me présente son dessin, très stylisé : "Là, on injecte à des poules des vieux microbes : elles ne sont pas malades. Un peu plus tard, quand on leur injecte des microbes forts, elles restent en bonne santé. Mais ici, montre-t-il plus loin sur sa feuille, lorsqu'on leur donne directement des microbes forts, elles meurent".

Je commence à comprendre le mécanisme. Loïc, qui a fini de dessiner la barbe de Louis Pasteur, achève mon éducation : "les vaccins, ça protège des maladies". Et il se lance dans l'énumération des vaccins qu'il a lui-même reçu : BCG, ROR... RER ? "Non : ROR pour rougeole, oreillon et rubéole ! Il y a aussi le DTP* , et même la grippe, mais celui-là je crois que je ne l'ai pas fait". En somme, le vaccin consiste à injecter des petites doses d'un microbe au patient pour que son organisme apprenne à le reconnaître et à s'en défendre. À la prochaine attaque, l'organisme vacciné sera paré ! Si de nombreux dessins représentent de supers-vaccins, avec cape et pouvoirs magiques, triomphant sans peine des méchants microbes, Auriane, 15 ans, se prend à imaginer un vaccin contre le sida. Un jour peut-être...

Dès l'année dernière, avec leurs professeurs de science et vie de la Terre, ces élèves ont été sensibilisés au sujet en étudiant la grossesse, la naissance et notamment, la rubéole et les vaccins de la petite enfance. Cette année, tandis que certains poursuivent l'aventure en cours d'arts plastiques, les autres réalisent des fiches illustrées sur les nombreux métiers autour du vaccin : de l'infirmière au biologiste, en passant par le vétérinaire ou le pédiatre.

Point d'orgue, samedi 13 octobre 2007, lors de la Fête de la Science, le self du collège est converti en salle d'exposition. Avec leurs parents, les élèves de 3ème assistent à une conférence sur les vaccins tenue par le Professeur Pierre Saliou de l'institut Pasteur. Une journée porte ouverte durant laquelle les collégiens peuvent informer les visiteurs, car, comme le résume une des affiches : "Pour un enfant bien formé, faites-vous vacciner. Pour éviter les malformations, prenez compte de nos informations !".



* DTP : Vaccin contre la diphtérie, le tétanos, et la poliomyélite

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel