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La chimie d'une rencontre sur l'eau

  • Posté le : Jeudi 8 Novembre 2007

Sciences on Tourne ! est un dispositif développé par l’ASTS (Association Science Technologie Société) et co-financé par la Préfecture et le Conseil général de l’Essonne, qui permet à des scientifiques et à des élèves de se rencontrer. Exemple dans une classe de 5e du Collège Albert Camus de La Ferté-Alais, dans l’Essonne.

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Jean-Luc Touly a pris place derrière le grand bureau blanc, assis sur une estrade. Derrière lui, une vaste carte du monde. Devant, sagement perchés sur de petits sièges de bois craquant, une vingtaine d'élèves d'une classe de 5e. Chacun s'est rapidement installé à sa place. Céline Tournois, la professeur de Sciences physiques, au fond de la classe, s'est appuyée sur l'une des tables de la salle de physique du collège Albert Camus, à La Ferté-Alais. Elle attend que le dialogue se noue.

Cela commence par un jeu de questions-réponses, les unes amusantes, "Si on boit beaucoup, beaucoup, beaucoup… on meurt moins ?" ; "Peut-on aller chercher de l'eau sur Mars ?", les autres plus sérieuses "Que se passerait-il si les glaces des deux pôles fondaient ?". Jean-Luc Touly explique : "L'eau de mer monterait de 6 mètres". "6 mètres de large !" mime, en écartant les bras, un garçon au fond de la salle. D'autres questions prennent une allure de révision : "Que fait-on du sel que l'on obtient en dessalant l'eau de mer ?", d'ailleurs, " Peut-on boire l'eau de mer ?", "Où l'eau est-elle la plus polluée : sous terre ou dans les rivières ?", "Quel pays consomme le plus d'eau, l'Australie, la Californie ?"

Révision, car en ce mardi 12 juin, les élèves rencontrent pour la deuxième fois Jean-Luc Touly. Ce spécialiste de l'eau est le président de l'Association pour un Contrat Mondial de l'Eau (ACME), qui lutte pour l'accès de tous à l'eau potable, et l'un des co-auteurs de L'eau des multinationales : les vérités inavouables*. Il intervient régulièrement dans le cadre de Sciences on Tourne !, un dispositif développé par l'ASTS, qui consiste en rencontres entre scientifiques de toutes disciplines et élèves de collèges et lycées.

Savoir trouver le ton juste avec les élèves

"L'eau est au programme de la 5e", précise Céline Tournois, et ce qui est abordé "recoupe en partie ce qui est fait en cours", par exemple la recherche "de présence de substances dissoutes dans l'eau". Il ne s'agit pas en effet, de multiplier ce genre d'intervention, mais bien de s'en servir dans un but pédagogique. Il est même possible de créer des synergies avec d'autres activités comme la visite par la classe d'une station d'épuration.

La principale difficulté pour les intervenants ? D'abord, il faut savoir parler à ce public très particulier que sont des élèves. Il faut trouver le ton juste, se mettre au bon niveau. Un exercice difficile tant les publics sont d'âge et de milieu très différents, sans parler des variations extrêmes de comportement d'une classe à l'autre. « Une fois, raconte-t-elle, une personne est intervenue dans une classe de troisième [dans un autre cadre que Sciences on Tourne ! – NDR] avec un niveau de mathématiques post-bac ! »

En ce mardi après-midi, l'ambiance est plutôt tranquille. Après un bref rappel sur les échanges de la première séance — qui "était bien", comme le confirment les élèves —, Jean-Luc Touly entend aller plus loin et aborde des questions plus complexes : par exemple, "qui doit supporter la facture de l'eau ?". Il suit ainsi un plan qui a été mis au point avec l'enseignante. Pour Sciences on Tourne ! en effet, les enseignants sont invités à rencontrer les intervenants, pour que l'activité s'intègre au mieux dans leur projet pédagogique.

Un financement assuré par le Conseil général et la Préfecture

Car sur le plan pédagogique, l'intérêt de ce type d'intervention, qui demande une grande participation de la part des élèves, est manifeste. "Certains élèves réagissent plus que d'habitude. Aujourd'hui, cela a été le cas d'un élève qui est en grandes difficultés à l'écrit", remarque Céline Tournois.
Cette formule d'intervenants extérieurs est d'ailleurs partagée dans l'établissement. Par exemple, "la documentaliste du collège fait venir régulièrement des conteurs, des comédiennes, et… l'ASTS". L'intérêt de Sciences on Tourne !, pour un établissement scolaire comme celui de La Ferté-Alais, qui est situé en zone rurale, est de pouvoir bénéficier d'opérations de culture scientifique bien qu'étant éloigné géographiquement des centres de recherche.

Faire venir un intervenant en classe est souvent compliqué pour un établissement scolaire, le principal frein tenant à des raisons budgétaires. Ainsi, si les professeurs de l'établissement présentent chaque année leurs projets, seule une partie d'entre eux peut être sélectionnée car, même aidé par les collectivités, l'établissement ne peut supporter les coûts.

Le cadre de Sciences on Tourne ! est légèrement différent. Pour ce dispositif auquel participe plusieurs classes du département, le financement est assuré conjointement par le Conseil général de l'Essonne et la Préfecture de ce département. Conséquence, résume Céline Tournois "l'intervention de M. Touly a été totalement gratuite pour le collège". Une formule déjà utilisée l'année dernière. Jean-Luc Touly était alors intervenu alors que le budget du collège pour les actions entreprises avait déjà été voté ! Une souplesse visiblement bienvenue.

Marc Mentré


En savoir plus sur le dispositif Sciences on Tourne


* par Roger Lenglet et Jean-Luc Touly (Fayard, 2006)

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