logo Essonne

La connaissance scientifique partout et pour tous

Dans les pays en développement plus qu'ailleurs, l'apprentissage des sciences est difficile. Partant de ce constat, l'Institut de recherche pour le développement a lancé en 2004 un programme d'aide à la promotion de la culture scientifique dans 10 pays d'Afrique.

Ateliers scientifique à TimjiltA Timjilt, village enclavé de l'Atlas marocain, la foule se presse pour prendre part aux ateliers scientifiques.
© Association les Rangs d’Honneur

Les habitants de Timjilt  attendent l’évènement depuis maintenant un mois. Et lorsqu’apparaît enfin le nuage de poussière annonçant l’arrivée imminente des membres de l’association les Rangs d’Honneurs, l’excitation est à son comble. Pour les adultes de ce village reculé de l’Atlas marocain, c’est l’opportunité rare d’une consultation médicale gratuite. Pour les enfants, c’est surtout l’occasion d’assister à une insolite démonstration scientifique, portée par Afaf Mikou, professeur de chimie à l’Université Hassan II de Casablanca et bénévole de l’association. Aidée d’un microscope dont les images sont projetées sur un ordinateur, elle veut leur prouver qu’une eau limpide n’est pas forcément synonyme de potabilité : "Lorsqu’ils constatent de leurs propres yeux qu’une seule goutte de cette eau qu’ils boivent tous les jours contient toutes sortes d’animaux microscopiques, ils comprennent qu’il peut y avoir un risque à la consommer ", explique Afaf Mikou.

Qu’est ce que l’IRD ?

 L’Institut de recherche pour le développement est un établissement public français dont les recherches se focalisent sur l’aide au développement des pays du Sud. Les scientifiques de cet organisme unique en Europe se consacrent à l'étude des milieux et de l'environnement, à la gestion durable des ressources vivantes, au développement des sociétés et à la santé, en étroite collaboration avec les partenaires locaux.

Elle reproduit ensuite l’expérience avec la même eau traitée à l’aide de pastilles de chlore qui vont éliminer la plupart des micro-organismes pathogènes. Elle fait ainsi prendre conscience à ses élèves que la science est parfois bien utile.
Née du constat que de nombreux habitants des régions enclavées du Maroc souffraient régulièrement de maladies liées à l’eau, cette campagne s’est depuis répétée dans plus de cent localités différentes. "Si les enfants se montrent à chaque fois aussi curieux, c’est parce que nous abordons des sujets qui les concernent de manière moins formelle  que ne le font les instituteurs", soutient Afaf Mikou.

Un regard neuf basé sur la réflexion

Ce projet a déjà permis de sensibiliser plusieurs milliers d’enfants marocains aux problèmes de santé et aux méthodes simples de prévention. Il n’aurait toutefois pu voir le jour sans le coup de pouce de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).  Ses responsables estiment qu’en l’absence d’un minimum de connaissances scientifiques, aucune population ne peut appréhender les enjeux de son développement ni maîtriser son avenir. Fabrication d'une mini-station d'épurationFabrication par les élèves d'une mini-station d'épuration. Les jeunes apprentis mettent immédiatement en pratique ce qu'on leur apprend.
© Association les Rangs d’Honneur
L’IRD a participé pendant près de cinq ans au financement de diverses structures africaines - associations, universités, etc - partageant cette même philosophie (1) :"En soutenant ces projets, nous avions à cœur de proposer un regard neuf fondé sur l’observation et la réflexion personnelle", précise Marie-Lise Sabrié, responsable du secteur culture scientifique à l’IRD.

Au Sénégal, autre pays faisant partie du projet, le Réseau africain de l’éducation pour la santé  (RAES) a choisi de focaliser son action pédagogique sur les adolescents par le biais d’une émission de radio entièrement dédiée à la vulgarisation  scientifique : "Nous avions en effet remarqué que la plupart des jeunes Dakarois disposent désormais de téléphones portables équipés d’une radio FM",  raconte Mbathio Diaw la coordinatrice du projet au sein du RAES.

150 projets financés

Cette série de dix émissions a été diffusée en français puis en wolof, la langue locale qui compte le plus des locuteurs au Sénégal, sur les ondes de la première radio nationale. Son principe ? Réunir sur un même plateau, un scientifique sénégalais, un professeur du secondaire et dix collégiens de Dakar venus débattre de sujets sélectionnés par leurs soins.  
Pour certains jeunes participants, comme Madické Seck élève en classe de 1ère S qui a prit part à une émission consacrée au progrès de la génétique, l’expérience a été à l’origine d’une véritable vocation. "Avant l’émission nous avions étudié la génétique en classe. Mais faute de temps, nous n’avions pu entrer dans les détails, ce que sont parvenus à faire les intervenants présents dans le studio en à peine une heure d’émission". Emission radiophonique de vulgarisation scientifique Au Sénégal, deux jeunes Dakarois participent à une émission radiophonique de vulgarisation scientifique soutenue par le RAES.
© RAES
Influencé par la qualité de leurs explications, le jeune homme qui, depuis, a obtenu son bac scientifique souhaite poursuivre un cursus universitaire dans le domaine de la génétique.
Achevé en décembre 2009, ce programme de promotion aura permis de soutenir 150 projets éducatifs à travers 10 pays d’Afrique : Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Djibouti, Madagascar, Mali,  Maroc, Sénégal, Tchad et Yémen. Doté d’un budget moyen de 9000 euros, chacune de ces actions (déforestation, pollution de l’eau, prévention du paludisme ou du sida), aura permis de diffuser de l’information scientifique à large échelle. Jusque dans des régions où elle n’était parfois jamais parvenue.


(1) Ce programme de promotion de la culture scientifique et technique à bénéficié du financement du Ministère des affaires étrangères et européennes.

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel