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La science en deux heures chrono

  • Posté le : Lundi 10 Mars 2008
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  • par : C. Duval

Ils ont choisi d’amener la science là où elle ne va pas en temps normal. Sur l’initiative de l’association Sciences Essonne, un enseignant, une animatrice scientifique et un chercheur ont fait découvrir les multiples facettes de la lumière à des élèves de 3e du sud de l’Essonne, en "deux heures chrono".

Expérience du miroirPris au jeu de cette expérience d’optique, certains s’amusent à dessiner des formes géométriques grâce aux réflexions de l'allumette. Ici, un carré.
© À fond la science

Certains diront que c'est le bout du monde. Il faut dire que Méreville, située aux confins du sud de l'Essonne, à la limite du Loiret, n'est pas la porte à côté. "C'est vrai que cet isolement géographique nous complique fortement la tâche dès qu'il s'agit de monter une opération avec des intervenants extérieurs, explique Laurent Centro, professeur de sciences physiques. Mais, il n'y a pas de raison de réserver l'accès aux connaissances à ceux qui habitent à proximité d'un centre de recherche".

À l'occasion du lancement de Sciences Essonne, une nouvelle association dont l'objectif est de promouvoir la culture scientifique et technique (voir notre actualité), s'est tenu le jeudi 21 février, dans tout le département, l'opération "deux heures chrono". Le principe : un chercheur fait part de son expérience, puis un animateur initie les élèves à la démarche scientifique, grâce à des expériences simples. Dans une cinquantaine d'établissements, plus d'un millier d'élèves, des animateurs de culture scientifique et technique et des chercheurs ont dialogué et expérimenté pendant deux heures afin d'appréhender au mieux les réalités du monde de la recherche. Ainsi, au collège Hubert Robert, c'est un binôme composé de Marie-Noëlle Ichtertz, animatrice scientifique, et de Roland Lehoucq, astrophysicien, qui est venu parler de la lumière à des élèves de 3e.

Auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation et adepte des conférences grand public, Roland Lehoucq, dont la ressemblance avec le capitaine Haddock est frappante, commence par une question : "Savez-vous ce qu'est un astrophysicien ?". DExpérience sur le principe du KaléidoscopeEn modifiant l’angle formé par les deux miroirs, l'élève fait varier le nombre d’images virtuelles, jusqu’à en obtenir une infinité. C’est le principe du Kaléidoscope.
© À fond la science
es réponses fusent : "un cosmonaute", "un observateur des étoiles", "un spécialiste de la physique"... Une discussion débute alors, au cours de laquelle on apprend que l'astrologie n'est pas une science, que l'astronomie étudie le mouvement des corps célestes alors que l'astrophysique s'intéresse, elle, à la composition des astres. Comment ? "En les regardant, tout simplement, car la seule source d'information qui nous provient de ces objets si lointains, c'est la lumière qu'ils émettent".

Des micro-ondes qui agitent les molécules d'eau de nos aliments jusqu'aux rayons X qui explorent notre corps, en passant par les infrarouges et les ultraviolets dont les effets nocifs sont neutralisés par la couche d'ozone, le chercheur décompose la lumière devant des spectateurs attentifs. Pour adapter son langage, il recourt à des images qui parlent au public concerné. "Imaginez un télescope, sorte d'entonnoir à lumière, à l'intérieur duquel on installe un miroir d'une dizaine de mètres de diamètre. Il ne tiendrait même pas dans cette salle".

"Il me paraît indispensable que le monde de la recherche, financé
essentiellement sur fonds publics, rende un service au public par le biais de la diffusion des connaissances, explique Roland Lehoucq. D'autant qu'aujourd'hui de grands problèmes de société : OGM, énergie, climat, sont de nature scientifique".

C'est au tour de Marie-Noëlle de prendre le relais, et aux élèves de répondre à ses questions. "Pourquoi le ciel est bleu ?", "C'est le ciel qui se reflète dans l'eau". "Pourquoi le soleil est jaune ?", "Parce qu'il brûle". "Pourquoi les plantes poussent-elles en direction du soleil ?", "Parce que les végétaux sont attirés par la lumière". L'animatrice laisse fuser les réponses, souvent erronées, mais brise ensuite certaines idées reçues. Ainsi, par exemple, si les plantes penchent vers le Soleil, ce n'est pas qu'elles soient attirées par la lumière, mais c'est parce que la partie située à l'ombre pousse plus vite. C'est donc par un effet mécanique qu'elles se tournent vers notre étoile.

La science se pratique aussi en manipulant. À l'aide d'un miroir double les élèves s'amusent à construire des triangles, des carrés, des pentagones… en utilisant l'image projetée d'une allumette. Marie-Noëlle tente ensuite d'éclairer ces apprentis scientifiques en les plongeant dans le noir… Sa torche éclairant un nuage de talc fait un bel effet. "On voit le rayon lumineux", réagissent certains. "Et oui, la lumière ne se voit que si elle se réfléchit sur un objet", indique t-elle.

La séance se poursuit par l'étude d'une maquette symbolisant l'anatomie des yeux. Et que se passe-t-il lorsque l'on éclaire l'œil d'un des élèves ? "La pupille se rétrécit", réalisent les observateurs. "J'ai cherché à susciter de la curiosité, à les faire intervenir, explique cette passionnée qui n'hésite pas à donner de son temps. J'ai à cœur de leur montrer qu'il n'y a pas besoin d'un bac 5 pour comprendre les sciences, mais aussi que cette discipline se retrouve partout dans la vie quotidienne".

Deux heures sont passées. "J'ai vu mes élèves différemment, assure Laurent Centro. Ils étaient beaucoup plus à l'écoute et très interactifs. Sans doute parce qu'il s'agissait de manipuler ou de discuter avec un professionnel. Alors, bien sûr, ce genre d'opération nécessite de bouleverser les emplois du temps et de s'engager en amont mais, à voir le résultat, le jeu en vaut la chandelle."

A RETENIR

L'association Sciences Essonne peut vous aider à mettre en place une activité similaire.
Son objectif : développer et améliorer l'offre de culture scientifique sur le territoire, tout en renforçant les synergies et développant la complémentarité des savoir-faire de chacun, organismes de recherche, structures éducatives, lieux d'accueil, associations…
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