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Le Palais fait plancher sur le bois

Autour de l'exposition Le bois, du cœur à l’ouvrage, présentée par les Compagnons du devoir au Palais de la découverte, des médiateurs du musée proposent des exposés aux groupes scolaires. Une heure de dialogue et d’expérimentation pour manier rondelles, écorces ou branches et mieux comprendre le développement d’un arbre ou d’une forêt.

Elèves – Atelier du boisLes élèves, armés de loupes, scrutent les cernes du bois, la moëlle, le duramen ou l'aubier.  
© Rafaële Brillaud / Banque des savoirs

Des rondelles de bois et des loupes attendent sur les tables. À peine installés, les lycéens s’en emparent. Ils touchent les blocs de chêne, d’abricotier, de cerisier ou de frêne. Ils les retournent, les soupèsent, les examinent. Élodie Ducasse, médiatrice scientifique au Palais de la découverte, ouvre alors la discussion. "Savez-vous où on trouve le bois sur un arbre ? " La question faussement simple laisse la quinzaine d’élèves du lycée Montmajour d’Arles soudain perplexes. "Pas dans les feuilles, c’est sûr," affirme une tablée. "Mais l’écorce, est-ce du bois ?" rétorque sa voisine. L’arbre, si anodin, se remplit de mystères. L’exposé démarre.

Pendant une heure, dans le cadre de l’exposition Le bois, du cœur à l’ouvrage présentée jusqu’au 30 août par les Compagnons du devoir, des médiateurs du musée parisien apportent ainsi un autre regard sur le végétal. Ils mêlent expériences et échanges avec le public, tentent d’offrir une science intelligente et ludique. Chaque jour, plus de 40 séances sont proposées sur différents thèmes ! Pour le bois, ils donnent rendez-vous aux groupes de jeunes ou d’adultes dans une petite salle au fond, derrière les multiples pièces de menuisiers et d’ébénistes. Aujourd’hui, Élodie officie. Un clavier sous la main pour faire défiler les diapositives, des placards à ses pieds remplis d’ustensiles ou d’échantillons, elle mène son auditoire avec entrain et sourire. Sans jamais cesser de l’interroger.

"Lequel de ces trois végétaux ne fait pas de bois ? " Sur l’écran, des images montrent le bouquet de feuilles d’un palmier, un buisson de clématite et des branches de chêne. Cherchez l’intrus. "La clématite", suggère timidement l’assistance. Perdu, c’était le palmier. "Toutes les plantes s’allongent, mais toutes ne s’épaississent pas, explique Élodie. Or le bois est produit lorsqu’une plante s’épaissit." Pour illustrer ses propos, la médiatrice emboîte les uns sur les autres, telles des poupées russes, des cônes de plus en plus larges : non, on n’a jamais vu un palmier grossir de la sorte. Et preuve que la clématite fait du bois, il y en a sur chaque table… "Pouvez-vous l'identifier ? "

Les douze élèves de terminale S participent de bon cœur. Ils ont le goût des sciences, même si le bois n’est pas leur spécialité. "Nous avons tous participé aux Olympiades de la chimie. Mais comme aucun de nous n’a été sélectionné au niveau national, notre lycée a organisé ce voyage à Paris en guise de récompense," déclare Maxime. "Nous sommes là pour deux jours, enchaîne Clémentine. Nous allons aussi visiter le musée des Arts et métiers et la Cité des sciences." Olivier Levasseur, un des trois professeurs de physique-chimie qui les accompagnent, acquiesce. "En plus, nous venons d’Arles, de la Camargue. Nous avons déjà travaillé sur le développement durable lors d’ateliers. Et le bois, matériau noble, s’intègre bien dans ce projet."

Elèves – Atelier du bois 2Rondelles, cubes ou branches : Élodie, la médiatrice scientifique (à gauche), fait feu de tout bois pour illustrer sa démonstration.  
© Rafaële Brillaud / Banque des savoirs
Il est temps d’attraper la fameuse loupe. Élodie invite l’assemblée à observer la moelle (la partie centrale), les cernes, à distinguer bois initial et bois de printemps, à reconnaître le duramen (composé de cellules mortes) et l’aubier (mêlant cellules mortes et vives). "Pfff, c’est technique," souffle un groupe de garçons, étonnés qu’un simple morceau de bois puisse fournir tant de vocabulaire. Élodie distribue ensuite des cubes. "Chouette !" s’exclament élèves et professeurs. Les cubes tournent et retournent dans les mains : il faut deviner, grâce aux nervures, le sens de la coupe. Une élève remarque que le sien comporte un nœud, soit le début d’une branche. Pendant ce temps, d’autres préfèrent empiler leurs cubes pour d’éphémères constructions.

L’attention pourtant reste intacte. "Il existe deux sèves, continue la médiatrice. La sève brute et… " "… la sève nette ?!" tente Olivier Levasseur. Les professeurs ont parfois tort : c’est la sève élaborée. "La sève brute, chargée en eau et sels minéraux puisés par les racines remonte jusqu’aux feuilles. Là, que se passe-t-il ? " relance Élodie. Cette fois, tout le monde répond en chœur : "La photosynthèèèse !" Le programme scolaire n’est visiblement pas loin. Devant un "charme dentelle", la classe siffle d’admiration. La rondelle, loin d’être circulaire, présente divers bourrelets, tels les pétales d’une fleur. La médiatrice exhibe encore une loupe, une déformation de l’arbre due à une production anarchique de cellule. Elle empoigne une éponge baignant dans l’eau et détaille comment un bois mal séché peut se fissurer. Elle s’appuie enfin sur une modélisation pour évoquer la compétition spatiale. Et elle achève son exposé, après avoir ainsi fait feu de tout bois.

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