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Les chercheurs font leur cinéma : une image réaliste de la science

  • Posté le : Lundi 11 Janvier 2010
  • |
  • par : V. Sauvage

Dans le cadre du festival Les chercheurs font leur cinéma, des courts métrages sont présentés à des classes de lycéens de toute l'Île-de-France, avec un objectif : faire tomber les stéréotypes !

Affiche de l'édition 2009 du festival Doc'upAffiche de l'édition 2009 du festival Doc'up
© Angela Bernex / Doc'up 2009

"Un doctorat, ça commence après un Bac + 5." Pfff…" Et ça peut durer de trois à sept ans !" Han… En terminale, l'idée d'en avoir encore pour dix ans d'études en fait soupirer beaucoup. Ce lundi 16 novembre 2009, au lycée Saint-Hilaire d'Étampes, deux classes de 1re et terminale scientifiques assistent aux courts métrages réalisés par des doctorants de l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris).

Réalisé en un an avec le soutien de l’association Doc’Up et le financement du Conseil général de l'Essonne, chaque court métrage consiste à présenter la recherche d’un doctorant en six minutes chrono. "La voie que l'on a choisie fait un peu rêver et peur à la fois," annonce d'emblée l'un des doctorants-réalisateurs venu présenter son activité aux lycéens. En produisant ces films, Doc’Up espère montrer de manière claire ce que font les doctorants et comment ils le font.

Brouhaha et rires devant la petite dizaine de doctorants qui se sont déplacés Nous sommes bien à l'école. Après la première séquence de films sur l'ethnographie en zone forestière au Cameroun et l'anthropologie à Bali, les questions se font attendre. Les élèves ne savent pas quoi demander ou n'osent pas intervenir, trop installés dans leur "mode cinéma ou digestion," selon leur professeur. Pourtant les films leur ont plu. "En voyant les fiches qu'on leur a demandées de remplir, on a été étonné. Ils ont beau avoir été silencieux, ils ont aimé les films," explique Ronan James de Doc'Up.

Dans la salle de projection, un courageux se lance enfin : "Mais quand vous faites les voyages en Afrique ou à Bali, vous êtes payés ? Ou c'est vous qui payez ?" Voilà ce qui les intéresse. Ils ont beau avoir ri pendant certains films, paru réfléchir ou dormir, ce qui leur importe c'est d’apprendre comment s’organisent les études supérieures. "C'est justement pour ça qu'on a décidé de reprendre le festival qui, à l’origine, fut créé il y a une dizaine d'années à La Rochelle, témoigne Aurélie Foucher, responsable de l'association Doc'Up. Il faut faire découvrir notre travail à nos successeurs, casser l’image de l'étudiant attardé qui n’est pas autonome ; la majorité d'entre nous est payée pour faire des recherches."

Tournage Doc'upTournage Doc'up 2009.
© 2009 Doc'up
En à peine une heure et une douzaine de films, les jeunes ont découvert les multiples aspects de la science : ethnographie et anthropologie d'abord, puis neurobiologie, philosophie, linguistique, climatologie... Pour des élèves qui s'apprêtent à choisir ce qu'ils veulent faire de leurs études, ce panorama tombait à pic. "Qu'est-ce qu'on peut faire comme métier après ? Les labos qu’on voit dans les films, est-ce qu’ils dépendent des universités ? Mais vous, vous êtes encore des étudiants ?" Et les élèves ont eu leurs réponses : les laboratoires dépendent généralement des universités, mais sont souvent financés par des entreprises ; on ne devient pas forcément chercheur après une thèse ; la recherche fondamentale est reconnue dans le monde du travail ; et, pour finir, oui les doctorants sont bien des étudiants, mais avec un salaire et leurs voyages ne sont pas des vacances !

Ces rendez-vous avec des chercheurs qui font leur cinéma sont non seulement l’occasion de mettre à mal l’image de l’étudiant scientifique "attardé", mais aussi celle de la science "figée". "Cette année, le fait d'ouvrir le festival aux sciences humaines et sociales va un peu à l'encontre de l'image stéréotypée de la science." Car, comme le rappelle Ronan James, "la démarche scientifique des sciences humaines reste la même, c’est le sujet et le regard qui changent." Pour aller jusqu’au bout de son idée, l’association Doc’Up compte bien ouvrir les projections aux autres filières (littéraire, économie, etc.) en 2010. "Les débats seront sûrement plus vifs, et l'intérêt peut-être accru," prédit Ronan James. Néanmoins, ce sont "les questions posées par les élèves de Saint-Hilaire qui nous paraissent essentielles." Et d’ajouter : "L'interaction est toujours un challenge, mais l'important c'est qu'ils ne restent pas insensibles face à l'image de la science que nous leur montrons."

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