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Les forestiers en herbe

  • Posté le : Lundi 28 Janvier 2008
  • |
  • par : G. Tixier

Les élèves de 6e 5 du collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge s’initient à la gestion forestière. En partenariat avec les forestiers de l’Office national des forêts (ONF), ils apprennent à reconnaître les essences, calculer l’âge des arbres, évaluer la santé de la forêt... Et ils découvrent le métier des bûcherons en assistant à l’abattage de chênes centenaires !

Élèves forestiers - Abattage d'un arbreÀ l'issue de l’abattage de l'arbre, les élèves quittent le périmètre de sécurité pour être les premiers à grimper sur le chêne au sol. Ce n’est pas tous les jours qu’on terrasse un géant de 15 m !
© Guillaume Tixier / CG91

Que se passe-t-il dans la forêt du Belvédère à Chamarande ? Alors que le jour se lève, en ce froid matin du 11 décembre 2007, de drôles de silhouettes glissent rapidement derrière les arbres. Casquées, vêtues de gilets fluorescents, elles sont près d'une trentaine à se lancer à l'assaut tandis qu'au loin résonne déjà le bruit des tronçonneuses... Les élèves de 6e 5 du collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge ont rendez-vous avec les bûcherons.

En octobre dernier, ils avaient déjà sillonné cette même forêt. Amandine, 11 ans, raconte : "On a marqué des arbres pour pouvoir les couper aujourd'hui. Il fallait reconnaître les espèces, bien vérifier qu'il n'y avait pas de nid, et surtout qu'ils étaient entourés de beaucoup de pousses. On avait une bombe de peinture rouge pour identifier les arbres et une sorte de hachette pour les marquer du signe de l'ONF... La peinture est faite pour résister à la pluie." Répartis en petits groupes, accompagnés de professionnels, les enfants ont ainsi repéré des dizaines d'arbres. Les abattre permet aux jeunes arbustes à qui ils font de l'ombre de mieux se développer et à la forêt de se régénérer.

Élèves forestiers - Étude de la souche d'un arbreÀ partir de l'observation de la souche de l’arbre abattu, le forestier enseigne aux élèves sa technique d'abattage. Il pointe la "charnière" : la partie de bois qu’il n’a pas coupé et qui, en pliant avant de s’arracher, lui permet de diriger précisément la chute de l’arbre.
© Guillaume Tixier / CG91
Car la forêt n'est pas sauvage : les forestiers l'entretiennent. Sa gestion passe par le sacrifice de certains arbres pour favoriser leur descendance ou augmenter la diversité des espèces. Les enfants n'ont aucun mal à comprendre ces notions. Quand vient l'heure de l'abattage, ils n'ont pas d'état d'âme. D'ailleurs, cette expérience va davantage les exciter que les apitoyer. Ils entourent maintenant un bûcheron adossé à un chêne d'une quinzaine de mètres, marqué d'un grand trait rouge... Le professionnel leur montre son matériel. Les coins en métal ou en caoutchouc, le merlin - une masse qui sert à enfoncer le coin dans l'arbre pour bien diriger sa chute - et surtout, les nombreuses protections indispensables : chaussures de sécurité avec coque en métal, gants renforcés, pantalon anti-coupure, casque muni d'une grille de protection et d'écouteurs pour assourdir le bruit des moteurs des tronçonneuses... Puis il fait reculer tous les enfants pour s'attaquer à la base du chêne. Les gestes sont sûrs, précis, les coupes franches. Il commence par entailler l'arbre du côté où il veut le faire tomber, puis s'attaque au côté opposé.

À une dizaine de mètres de distance, les enfants apprécient et entament un compte à rebours lorsqu'au bout de quelques minutes à peine l'arbre commence à vaciller. Le forestier leur a indiqué l'endroit exact où il allait abattre l'arbre, et dans un fracas de branches celui-ci s'écroule à l'emplacement prévu. Les élèves poussent un cri de joie et se ruent sur l'arbre abattu, comme pour achever de terrasser ce géant. Les plus curieux s'approchent de la souche. En comptant les cernes de l'arbre, ils en évaluent l'âge : environ 85 ans ! Les bûcherons s'attaquent maintenant aux branches de l'arbre abattu. Tout servira : le tronc pour faire des meubles ou du parquet, les branches débitées en morceaux d'un mètre de long pour le bois de chauffage, et même les rameaux qu'on laissera pourrir au sol pour former de l'humus.

Bûcheron élagueur - Forêt du BelvédèreSuspendu par son harnais et une corde de rappel à une dizaine de mètres du sol, le bûcheron élagueur a d'abord coupé toutes les branches de l’arbre. Puis, il l'a "éhoupé" : il a fait tomber la cime tout en empêchant sa chute brutale, ce en la maintenant avec une corde et en la faisant glisser le long du tronc. Une manœuvre délicate et précise.
© Guillaume Tixier / CG91
L'opération se répète sur d'autres arbres et suscite le même enthousiasme : appréhension, excitation, compte à rebours puis prise d'assaut de l'arbre abattu ! Après une pause pique-nique, les élèves de Morsang-sur-Orge retrouvent les bûcherons pour une autre démonstration. Il s'agit cette fois du "démontage" d'un arbre : une opération qui consiste à grimper dans l'arbre pour en couper les branches, le sommet, voire le tronc, tronçon par tronçon. L'élagueur est équipé d'un baudrier pour s'attacher à l'arbre, de mousquetons et d'une tronçonneuse adaptée. Ce genre d'intervention concerne habituellement les arbres situés dans un lieu qui en rend l'abattage délicat : entre deux maisons, le long d'une route, en bord de rivière...

Tandis que l'élagueur haut perché fait tomber les branches sous les encouragements des élèves confortablement allongés dans l'herbe, je leur demande leurs impressions. Si tous apprécient le travail et saluent la performance, les vocations ne sont pas nombreuses... "Trop dangereux", "trop dur", "trop fatiguant", me confient les élèves. En insistant un peu, ils finissent par mentionner quelques avantages : "C'est bien de préserver la forêt et de travailler dans la nature", précise Romain. Tandis que Damien trouve au métier un attrait inattendu : "Je pense que, le soir, les bûcherons dorment bien ! "

Avant de partir, nos élèves prennent rendez-vous pour le vendredi 25 janvier, afin d'achever leur initiation à la bonne gestion forestière en assistant à un débardage à cheval. Une opération qui consiste à extraire l'arbre abattu de la forêt au moyen de chevaux de trait...

1ER PRIX DU CONCOURS "FAITES DE LA SCIENCE" EVRY

L'action éducative "Forêt durable" de la classe de 6e5 du Collège Jean Zay de Morsang s/Orge a obtenu le premier prix du Concours Faites de la Science de l'Université d'Evry 2008. Les jeunes morsaintois sont donc sélectionnés pour la phase nationale qui se déroulera mercredi 25 juin au C.N.R.S. à Paris.

En savoir plus sur le concours national Faites de la Science :
www.faitesdelascience-national.u-psud.fr

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