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Portées par leurs rêves

Ce sont des femmes d’exception… L’une est partie seule en mer et sans assistance durant un mois, l’autre a traversé l’atmosphère pour rejoindre les étoiles. La jeune navigatrice Véronique Loisel et l’astronaute aguerrie Claudie Haigneré sont venues raconter à 400 élèves essonniens comment un rêve peut finalement se réaliser.

Véronique Loisel et Claudie HaigneréVéronique Loisel, ingénieur chez Arianespace et navigatrice, ainsi que Claudie Haigneré, médecin rhumatologue et première femme spationaute française, sont venues présenter leurs expériences aux collégiens et lycéens, le 11 décembre 2007 au Génocentre.
© CNES/Cyrille Dupont, 2007

29 jours 8 heures 43 minutes 16 secondes. C'est le temps qu'a mis Véronique Loisel pour traverser l'océan Atlantique sur un petit voilier de 6,50 m, seule et sans assistance ! À la seizième seconde, elle atteint la baie de Salvador de Bahia, au Brésil, et se classe dix-huitième de l'épreuve parmi 45 marins en course. Son émotion est aussi intense que le jour du départ. Sauf qu'à La Rochelle, elle doutait encore de ses capacités ; elle a même été prise de peur au dernier moment, mais a su retenir ses larmes face à la famille venue la soutenir.

Décembre 2007. De retour sur la terre ferme depuis un mois, Véronique est à nouveau submergée par une émotion qui la bouleverse. Réunis dans l'amphithéâtre du Génocentre d'Evry, 400 élèves tapent du pied, applaudissent à tue-tête et scandent son surnom "Véro". Ils la connaissent sans jamais l'avoir rencontrée… ont suivi son parcours lors de la Transat 6,50, l'ont soutenue par mail lors de l'unique escale et sont fiers de l'avoir accompagnée dans cette performance. Elle leur a répondu par courrier ou en image grâce à une caméra embarquée. Leur héroïne partage leur enthousiasme, la larme à l'œil, mais encore une fois, elle ne coule pas. Cette aventure commune a été encadrée par le projet éducatif du CNES, "De l'espace pour la mer - ArgoNAUTES".

"Leurs lettres, leurs mots de soutien, et savoir que tous ces enfants comptaient sur moi rendaient le défi doublement important à mes yeux. Durant la course, ça a été un véritable cadeau de les savoir derrière moi", se rappelle-t-elle. En témoigne une vidéo qu'elle a enregistrée elle-même au moment le plus critique de la course, alors qu'elle se retrouvait immobilisée dans le Pot au noir, une zone intertropicale dépourvue de vent… écopant l'eau du bateau, perpétuellement trempée et sans communication météo, on la découvre dans un fracas de haubans, blafarde, remplie d'un sentiment d'injustice devant les caprices du temps. La vaillante Véro avait perdu de son lustre, laissant même couler une larme de désespoir en se rappelant que ses concurrents prenaient de l'avance. Mais à la fin du témoignage, on sent bien que l'évocation des enfants lui redonne un coup de fouet. Deux jours après, elle repart toutes voiles sorties !

Véronique Loisel entourée d’élèves essonniensUne quinzaine d'établissements scolaires essonniens ont participé au programme De l'espace pour la mer. Les élèves, après avoir "suivi" Véronique Loisel tout au long de la Transat 6,50, ont pu discuter en direct avec la navigatrice.
© CNES/Cyrille Dupont, 2007
Du point final de son aventure, elle a ramené des petits bracelets brésiliens qu'elle offre à chacun des élèves et qu'ils devront nouer en faisant trois vœux. Ces vœux, elle les espère ambitieux et pleins de réussite, comme un poing dressé face à l'adversité. C'est le message qu'elle voudrait faire passer aux 400 enfants : "Quoiqu'on vous dise, à l'école, à la maison ou entre amis, si vous avez un rêve et qu'il vous tient, vous saurez le réaliser." Une vision que partage Claudie Haigneré, astronaute de l'Agence spatiale européenne et première Française à avoir mis un pied à bord de la Station spatiale internationale (ISS : International Space Station). "Pour moi, il est très important de transmettre aux enfants l'envie de devenir des créateurs. Que ce soit en musique, en technologie, en art culinaire, peu importe le domaine, l'idée est qu'ils arrivent à se situer comme acteurs de la vie", souligne cette habituée des échanges avec le public. "Je ne veux pas rester pour eux une image impossible à atteindre et dont ils recevraient des informations passivement ; j'aimerais que notre expérience leur donne le courage de prendre la relève."

Pas facile de prendre la relève de Véronique et de son défi solitaire, ou de Claudie qui a accumulé les exploits physiques. La première supporte l'isolement, tandis que la seconde fait le tour de la Terre en 90 minutes à la vitesse de 28 000 km/h tout en observant seize levers de soleil en une seule journée… En apesanteur, l'astronaute perd de la masse musculaire, elle doit s'entraîner pour la conserver et ne mange que des plats lyophilisés. Sur les flots, la navigatrice n'a pas le temps de se déshabiller, sa combinaison lui permet d'aller aux toilettes sans la retirer, toilettes par ailleurs inexistantes puisqu'il s'agit en fait d'un seau… Quant au sommeil, n'y comptez pas, elle ne dort pas plus de vingt minutes d'affilés, surveillance oblige.

On peut dire qu'elles ont vécu en milieu extrême. Cela ne démonte pas les élèves. "La cantine aussi c'est extrême", affirme l'un d'entre eux dans un courrier envoyé à Véronique. Et lorsqu'ils présentent à la salle les travaux réalisés en classe autour du projet de Véronique, on comprend que cette histoire leur a donné des ailes. "À leur âge, je n'aurais jamais osé venir devant plus de 430 personnes présenter une chanson sur le changement climatique, des poèmes sur la mer ou une expérience scientifique sur la force de Coriolis,… ", confie la navigatrice par ailleurs ingénieur à Arianespace. La jeune fille timide qui découvrait la voile il y a vingt ans en Bretagne avec ses parents a pris du poil de la bête… Et les matelots qui lui font face semblent déjà en avoir pris de la graine !

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