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Quand la science fait du bruit

  • Posté le : Lundi 17 Mars 2008
  • |
  • par : C. Duval

Deux professeurs du collège Blaise Pascal de Massy réalisent cette année un atelier scientifique dédié au bruit. Un thème fédérateur permettant d’appliquer la science aux phénomènes de la vie courante.

Fabrication d'une maquetteDes collégiennes préparent des panneaux, fiches pédagogiques et maquettes afin de présenter leur projet "halte au bruit" lors du concours "Faites de la science".
© Cédric Duval / CG91

Nous sommes submergés par le bruit. Celui des voitures qui parcourent les rues armées de leurs klaxons, des téléviseurs criant leurs émissions ou bien des baladeurs qui chantent à tue-tête dans nos oreilles. Et que l'on soit enchanté ou pollué par ces ondes sonores, ces dernières font de toute façon partie de notre quotidien. C'est pourquoi Rachel Savoie et Agnès Lamandé, respectivement professeurs de sciences physiques et de sciences de la vie et de la terre au collège Blaise Pascal de Massy, ont choisi d'exploiter ce thème dans un atelier scientifique. "Nous cherchions un thème fédérateur, dans l'air du temps, offrant également la possibilité aux enfants de manipuler", indique Rachel.

Après quelques séances destinées à poser les bases théoriques, les enfants s'approprient les sons. Depuis l'onde qu'ils visualisent sur un oscilloscope, jusqu'à l'intensité sonore qu'ils mesurent eux-mêmes à l'aide d'un sonomètre, les vibrations qu'ils visualisent sur la membrane d'un haut-parleur, en passant par l'anatomie qu'ils explorent en construisant des maquettes illustrant le voyage du son dans l'oreille. Ces expériences sont un moyen d'aborder le bruit sous trois aspects : ses caractéristiques physiques et biologiques, son environnement, et ses conséquences en terme d'audition. "Nous ne cherchons pas à tout dire sur le bruit, mais plutôt à susciter la curiosité des enfants d'âges variés, puisque dans cet atelier se côtoient des élèves de la 5e à la 3e", précise Agnès.

Initié dans le cadre des projets scientifiques parrainés, cet atelier repose également sur la contribution essentielle d'un expert scientifique. Vincent Roussarie, ingénieur acousticien chez PSA Peugeot Citroën. "Son aide fut précieuse, assure Rachel. Grâce à lui, les élèves ont eu l'occasion de visiter les laboratoires d'acoustique du constructeur automobile." Ils ont appréhendé la notion de confort acoustique, comparé le bruit de différents moteurs et compris l'intérêt de modifier les formes aérodynamiques d'une voiture pour amortir les sons. Avant de s'installer sur un siège prototype pour tester les vibrations provoquées par différents moteurs.

<img border="0" style="width:221px; height:164px; float:right; margin-left:14px; margin-bottom:14px;" src="uploads/RTEmagicC_ima_art_atelier_bruit2.jpg" alt="" /"Ces escapades sont très bénéfiques, explique Agnès. Elles apportent un regard concret sur le thème abordé en classe, ce qui stimule l'intérêt des enfants." Tous ont par exemple retenu que les constructeurs avaient la possibilité de concevoir des voitures entièrement étanches au bruit, mais qu'ils ne le faisaient pas, car les bruits rassurent… "Ils sont utiles pour savoir si le moteur est en marche", explique Ludovic, un des élèves. Enfin, conformément aux demandes du ministère de l'Éducation nationale de présenter aux élèves les métiers scientifiques, les enseignants confirment que ces rencontres avec des professionnels donnent un aperçu de métiers dont les jeunes n'avaient pas idée. Ainsi, lors de la visite du laboratoire d'acoustique en présence de Vincent Roussaire, ils ont pu découvrir concrètement le métier de l'ingénieur, mais aussi rencontrer les personnes qui travaillent avec lui, dans des disciplines et des métiers complémentaires.

D'autres sorties sont prévues, à la Cité des sciences et de l'industrie notamment, mais aussi chez un ORL, pour en savoir plus sur l'anatomie de l'oreille et les problèmes d'audition. En attendant, le groupe doit coucher sur le papier les connaissances acquises. Une manière de remettre les idées en place, mais aussi de préparer le concours "Faites de la science". "C'est indéniable, cette compétition stimule les enfants, estiment les deux professeurs. Elle les forme à exposer oralement un sujet, à présenter une démarche scientifique. Ceux qui sont généralement peu à l'aise à l'écrit ont ainsi la possibilité de se valoriser à l'oral, ou manuellement lors des ateliers."

Aujourd'hui, dans la salle de classe, des groupes de trois ou quatre en moyenne s'affairent, stylos, feutres, feuilles de papier ou cartons dans les mains. Parmi les projets en lien avec le concours, celui de dresser une carte sonore de l'établissement. "Nous allons déterminer dans quelles salles et à quelles heures l'environnement sonore est le plus agressif, en circulant dans tout l'établissement avec des sonomètres, explique Nicolette. Puis nous essayerons de proposer des solutions pour améliorer le confort acoustique." Juste pour savoir ? "Non, assure Rachel. Le but est de faire passer certaines de ces propositions, techniquement faisables bien sûr, au sein du Conseil d'administration." De quoi motiver nos jeunes scientifiques en herbe.

INFORMATIONS PRATIQUES

Le concours "Faites de la science"

http://www.faitesdelascience.u-psud.fr/

Objectif : promotion de la culture scientifique auprès des lycéens et des collégiens
Organisateur : facultés des sciences des universités françaises
Partenaires : ministère de l'Éducation nationale, Académie des sciences, grands organismes de recherche.

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