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Quand le numérique rapproche les générations

Depuis 3 ans, des lycéens de Sainte-Geneviève-des-Bois donnent des cours particuliers d'informatique aux "anciens" de la ville. Reportage au lycée Albert Einstein.

Cours particulier d'informatique au lycée Albert EinsteinAlexandre, jeune professeur d'informatique, avec son élève, Sylvie, préretraitée.
© Conseil général de l'Essonne

"Pour écouter la radio sur Internet, vous avez deux solutions : soit vous utilisez le lecteur Windows Media Player soit vous installez un codec". Boucles dorées et yeux bleus rivés à son écran, Alexandre, 17 ans, donne aujourd'hui son deuxième cours particulier à Sylvie, préretraitée de 59 ans. "J'arrive avec mes questions et il m'aide à résoudre mes petits 'blocages' informatiques", explique cette ancienne secrétaire comptable, tout en prenant note des instructions de son jeune professeur. Connectée à Internet depuis quelques années, Sylvie avait pris l'habitude d'écouter ses chaînes de radio préférées en ligne. "Mais depuis que j'ai changé d'ordinateur, ça ne fonctionne plus ! Alexandre prend le temps d'analyser mon problème, de m'expliquer et de me montrer", raconte-t-elle. A leurs côtés, Denise, ancienne couturière à la retraite, apprend elle les rudiments de la messagerie informatique avec Adil, son professeur particulier attitré, camarade de classe d'Alexandre en Terminale S.

"Pas l'habitude de se côtoyer"

Comme Alexandre et Adil, ils sont une vingtaine d'élèves de Terminale à dispenser des cours particuliers d'informatique aux "anciens" de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'enceinte du lycée Albert Einstein d'octobre à avril. Cette initiative a été mise en place il y a trois ans par le Conseil des Sages de la ville dans le but de "favoriser les échanges entre deux générations qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer", comme l'explique Alain Boulenger, responsable de la commission intergénérationnelle : "L'informatique n'est qu'un prétexte pour mettre en relation les jeunes et les anciens de la ville". Cette année, 9 garçons et 11 filles, âgés de 17 à 18 ans, participent à l'opération. 20 Génovéfains, 16 femmes et 4 hommes, pour la plupart âgés de plus de 55 ans, ont quant eux accepté de retourner sur les bancs de l'école, afin de s'initier à l'informatique ou parfaire leurs connaissances. Les binômes prof/élève ont été formés le 23 octobre dernier au lycée Einstein.

Connaissances informatiques contre expérience de la vie

"Chacun y trouve son compte, constate Mme Dunand, conseillère principale d'éducation qui pilote l'expérience depuis 3 ans. En début d'année, j'organise une réunion d'information pour recruter des jeunes volontaires, pendant laquelle je leur explique ce que ces cours peuvent leur apporter, à eux aussi. Au début, ils ricanent un peu… Mais très vite, ils découvrent la richesse de vies plus longues que la leur. Cette expérience leur ouvre des perspectives et leur donne une approche différente de la société".

Connaissances informatiques contre expérience de la vie : l'échange semble convenir, puisque chaque année, les lycéens volontaires sont de plus en plus nombreux. La découverte du métier de "prof" est aussi au rendez-vous. "Cette expérience m'a montré à quel point il est difficile d'enseigner. A présent, je regarde mes professeurs d'un œil différent", confie Arnaud, "jeune prof" de l'an dernier.

Prendre confiance en eux

einsteindoigt© Conseil général de l'EssonneAlexandre s'est quant à lui découvert une possible vocation : "Je ne sais pas encore précisément ce que je veux faire après le Bac, mais en tout cas, je prends du plaisir à enseigner. Alors je me dis, pourquoi pas prof ?" Sylvie, elle, apprécie surtout le dévouement de ces jeunes bénévoles : "Je trouve ça super qu'ils nous aident sans aucune contrepartie, en prenant du temps sur leur loisirs. Moi, je dis chapeau !"

Depuis l'an dernier, l'expérience a été étendue au lycée professionnel de Langevin, situé lui aussi à Sainte-Geneviève. "Dans cet établissement qui accueille davantage de jeunes en difficulté scolaire, ces cours prennent une autre dimension : ils leur permettent avant tout de prendre confiance en eux, en leur prouvant qu'ils sont capables de faire des choses utiles pour les autres", note Alain Boulenger. Un sentiment partagé par Maureen, 18 ans, lycéenne de Langevin et "prof informatique" l'an dernier : "C'est bon de pouvoir montrer qu'on existe", a-t-elle écrit, en guise de témoignage de fin d'année.

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